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[Revue de presse] Paris Saint-Germain

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160 réponses à ce sujet

#141 Ad Vitam

Ad Vitam

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Posté 12 mai 2017 - 11:17

Pareil, merci pour l'article Yann.

Encore une année avec Unaï, je suis pour, mais cette fois ci avec au minimum le titre de champion et 1/4 de LDC, sinon c'est au revoir.

Maintenant ce serait bien, si on pouvait connaitre notre futur DS, je dis ça....



#142 Method

Method

    Bouffeur de Cul

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Posté 14 mai 2017 - 05:42

J'avoue que la nomination du DS est fortement attendue !

 

On sait qu'il va y en avoir un, maintenant j'ai plus trop de doutes là dessus mais vu que le départ de Létang est acté (non mais je pige même pas qu'on l'ait pas viré au moment où le mec a essayé de postuler à Monaco...pffff) on peut officialiser maintenant !



#143 Lamottinho

Lamottinho

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Posté 16 mai 2017 - 07:16

Sans DS ni recrue d'un meneur de vestiaire, que cela soit Emery ou un nouveau, le résultat ne sera sûrement encore pas au rendez-vous.

C'est dommage, car notre effectif était meilleur cette année selon moi que l'année d'avant, mais sans leader, ca change tout.
"Sans maitrise, la puissance n'est rien."

#144 Yan Le Flan

Yan Le Flan

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Posté 16 mai 2017 - 08:59

T'es donc d'accord pour dire que l'effectif de cette année est moins bon que celui de l'année passée, puisque sans ses deux leaders.

 

On parle d'un accord très proche avec Andrea Berta (Culture cite As).



#145 Lamottinho

Lamottinho

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Posté 17 mai 2017 - 07:32

Footballistiquement parlant, on a un meilleur effectif, mais il manque un ou deux leader, même un mec qui ne jouerait pas souvent.
Maxwell, Motta, TS ou encore Matuidi devrait ou aurait du le faire cette année, mais n'est pas bon leader qui veut.
Si on avait réussi a faire venir un Neymar, Messi ou Robaldo comme c'était presagé, on aurait pas ce débat sur la direction et Emery.
Et il faut noter que le changement de coach est aussi une cause lié à ce manque de leader, car tout est remis à plat, c'est juste dommage que personne ne se soit imposer pour ce rôle...

Dans le contexte actuel et avec l'effectif actuel, je reste persuadé qu'on aurait fait une meilleure saison avec Blanc.
Maintenant, comme déjà débattu, c'est une saison de transition, donc attendons de voir comment Emery dirigera des joueurs qu'il aura plus cerné.
Ce qui est dommage, c'est qu'au final, je ne ressens pas une vraie transition avec des choix forts, tant tactiques que d'hommes. On a entre aperçu des jolies choses mais aussi des choses beaucoup moins sympa.
"Sans maitrise, la puissance n'est rien."

#146 Yan Le Flan

Yan Le Flan

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Posté 17 mai 2017 - 10:02

Footballistiquement parlant, on a un meilleur effectif, mais il manque un ou deux leader, même un mec qui ne jouerait pas souvent.
Maxwell, Motta, TS ou encore Matuidi devrait ou aurait du le faire cette année, mais n'est pas bon leader qui veut.

Draxler et Meunier sont deux bonnes recrues, mais elles ne compensent pas la perte d'Ibra et de Luiz - surtout sur l'aspect humain. Ibra rendait les autres forts, surtout dans un contexte assez facile ; Luiz était un animateur important du vestiaire. Maxwell et TS n'ont absolument pas le caractère pour être les leaders grognards qui nous ont fait défaut cette saison. Motta est, paraît-il, dans le bon profil mais ses absences cette saison lui ont porté préjudice. Quant à Matuidi, toujours dans le bon esprit, je sais pas comment il a réagi à son faux départ vers la Juve. A priori, de ce qu'on entend ici ou là, il fait le job, pas plus.
 

Si on avait réussi a faire venir un Neymar, Messi ou Robaldo comme c'était presagé, on aurait pas ce débat sur la direction et Emery.
Et il faut noter que le changement de coach est aussi une cause lié à ce manque de leader, car tout est remis à plat, c'est juste dommage que personne ne se soit imposer pour ce rôle...

Y'avait rien de présagé, juste peut être notre propension à jouer les faire valoir dans les renégociations des bigs stars avec leur club respectif.

Pour être sûr de bien te comprendre, tu dis que le changement de coach est une conséquence du manque de leaders dans l'équipe ? C'est possible. Et je pense que le constat a été sous-estimé car on n'a pas mesuré la fragilité de l'ensemble de l'effectif et donc, le besoin de faire venir de vrais guerriers pour devenir les lieutenants du coach.

 

Dans le contexte actuel et avec l'effectif actuel, je reste persuadé qu'on aurait fait une meilleure saison avec Blanc.
Maintenant, comme déjà débattu, c'est une saison de transition, donc attendons de voir comment Emery dirigera des joueurs qu'il aura plus cerné.
Ce qui est dommage, c'est qu'au final, je ne ressens pas une vraie transition avec des choix forts, tant tactiques que d'hommes. On a entre aperçu des jolies choses mais aussi des choses beaucoup moins sympa.

Alors, j'ai pas forcément envie de retomber dans les comparaisons Blanc Emery, au risque de soulever encore les rancœurs, mais moi, je suis persuadé du contraire. En effet, On ne peut pas dire que la force de Blanc était d'être un guide avec de l'autorité et de la hargne. Et, compte-tenu du manque de leader, je suis persuadé qu'on serait vite allé dans le mur. Emery s'en est pris plein la gueule en première partie de saison (parfois à juste titre) et a quand même bien servi de paratonnerre vis-à-vis des joueurs. Au final, mais si cette partie de saison nous coûte le titre, il a réussi à redresser le tir pour nous offrir (à un match près) une excellente deuxième partie de saison.

Quant à ce match, pour peu que le tirage eût été le même (car on aurait peut-être terminé premier de la poule), je pense qu'on aurait été sorti, avec moins d'émotions et de ridicule.

 

Enfin, un dernier truc : je pense que si on a un aussi bon Cavani, Emery a sa part de responsabilité. On sent, dans les déclas du Matador, toute l'admiration et le respect qu'il a pour ce coach (et l'inverse est vrai aussi) et je ne pense pas que ce soit calculé. Qu'en aurait-il été avec un entraîneur envers lequel il avait 3 ans de passif à effacer ?



#147 Sin

Sin

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Posté 17 mai 2017 - 10:29

T'es donc d'accord pour dire que l'effectif de cette année est moins bon que celui de l'année passée, puisque sans ses deux leaders.

 

On parle d'un accord très proche avec Andrea Berta (Culture cite As).

 

Un jour c'est Henrique, un jour c'est Berta.

Vivement qu'on soit fixés!

 

Cette intersaison va être ultra importante. La dernière l'était déjà vu qu'on perdait notre joueur-clé et l'entraîneur qui a réussi à tout nous faire rafler sur le plan national. Et on l'a raté puisque notre joueur-clé n'a pas été remplacé et notre nouvel entraîneur n'a pas été mis dans des conditions idéales et n'a pas su imposer totalement ses convictions.

 

Si cette intersaison, nous n'améliorons pas notre effectif et notre organigramme de manière considérable, les objectifs ne seront pas atteints.



#148 Lamottinho

Lamottinho

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Posté 17 mai 2017 - 07:36

Draxler et Meunier sont deux bonnes recrues, mais elles ne compensent pas la perte d'Ibra et de Luiz - surtout sur l'aspect humain. Ibra rendait les autres forts, surtout dans un contexte assez facile ; Luiz était un animateur important du vestiaire. Maxwell et TS n'ont absolument pas le caractère pour être les leaders grognards qui nous ont fait défaut cette saison. Motta est, paraît-il, dans le bon profil mais ses absences cette saison lui ont porté préjudice. Quant à Matuidi, toujours dans le bon esprit, je sais pas comment il a réagi à son faux départ vers la Juve. A priori, de ce qu'on entend ici ou là, il fait le job, pas plus.

Y'avait rien de présagé, juste peut être notre propension à jouer les faire valoir dans les renégociations des bigs stars avec leur club respectif.
Pour être sûr de bien te comprendre, tu dis que le changement de coach est une conséquence du manque de leaders dans l'équipe ? C'est possible. Et je pense que le constat a été sous-estimé car on n'a pas mesuré la fragilité de l'ensemble de l'effectif et donc, le besoin de faire venir de vrais guerriers pour devenir les lieutenants du coach.


Alors, j'ai pas forcément envie de retomber dans les comparaisons Blanc Emery, au risque de soulever encore les rancœurs, mais moi, je suis persuadé du contraire. En effet, On ne peut pas dire que la force de Blanc était d'être un guide avec de l'autorité et de la hargne. Et, compte-tenu du manque de leader, je suis persuadé qu'on serait vite allé dans le mur. Emery s'en est pris plein la gueule en première partie de saison (parfois à juste titre) et a quand même bien servi de paratonnerre vis-à-vis des joueurs. Au final, mais si cette partie de saison nous coûte le titre, il a réussi à redresser le tir pour nous offrir (à un match près) une excellente deuxième partie de saison.
Quant à ce match, pour peu que le tirage eût été le même (car on aurait peut-être terminé premier de la poule), je pense qu'on aurait été sorti, avec moins d'émotions et de ridicule.

Enfin, un dernier truc : je pense que si on a un aussi bon Cavani, Emery a sa part de responsabilité. On sent, dans les déclas du Matador, toute l'admiration et le respect qu'il a pour ce coach (et l'inverse est vrai aussi) et je ne pense pas que ce soit calculé. Qu'en aurait-il été avec un entraîneur envers lequel il avait 3 ans de passif à effacer ?


Au final, on ne retient que Draxler et Meunier qui sont sortis du lot car Lucas, DM et Aurier ne donnaient pas vraiment satisfaction, mais quid des cuedes, lo celso, HBA, Jese et Kryko qui auraient du nous apporter plus tant ils sont sensés être une valeur sur.
Plus la maturité de joueurs comme Kimpembe, Rabiot et à moindre mesure N'kunku et autres jeunes.
Plus les joueurs qui ont souvent été blessés l'an dernier comme Verratti.
Je trouve, c'est mon avis, que notre groupe est beaucoup plus homogène et fort.

Pour la star, et encore une fois, c'est mon avis, je pense qu'on a jamais été aussi près de recruter un top joueur cet été, après, le fait que cela ne se fasse pas à tué notre mercato et surtout le depart de dieu Zlatan.

Pour Blanc, je sais que beaucoup ne partage pas ma vision (attention, je ne suis pas un fan du tout), mais vu la connaissance qu'il avait de l'effectif et le fait qu'il se serait libéré du "coach" Zlatan, il aurait pu naturellement dinné les clé du vestiaire à un joueur.
Beaucoup plus facilement qu'un nouveau coach, aussi fort su'il soit, qui decouvre son effectif, c'est de la logique pure. ;)

Tu parles de Cavani, mais tout le monde connait ses qualités, et s'il joue aussi bien cette année, c'est aussi surtout car il joue 9 parcequ'il n'y a plus Zlatan!!!
Si Zlatan était resté avec Emery, je mets ma main au feu qu'il aurait joué ailier encore...
Bref, tout n'est sue question de perception. :)
"Sans maitrise, la puissance n'est rien."

#149 Sin

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Posté 18 mai 2017 - 03:49

Vous voulez une autre preuve que la plupart des médias nous détestent?

 

Lisez ce ramassis de haine, de pauvreté intellectuelle et/ou de mauvaise foi publié par le Monde: http://www.lemonde.f...06_1616938.html



#150 Nicky

Nicky

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Posté 18 mai 2017 - 06:44

Le mec il a une deficience mentale.
Si on était sur de tout remporter chaque saison, on nous donnerait le trophée en debut de saison pi basta 😂😂.

#151 sphinx94

sphinx94

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Posté 18 mai 2017 - 09:23

Je préfère en rire de cet article tellement il est caricatural.



#152 ref75

ref75

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Posté 18 mai 2017 - 10:56

de toute facon que ce soit radio tele l equipe etc ils sont tous heureux du titre de monaco ..a part quelques uns peut etre 


CHAMPION 2016 !!!!!!


#153 Funambule

Funambule

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Posté 22 mai 2017 - 10:13

Vous voulez une autre preuve que la plupart des médias nous détestent?

 

Lisez ce ramassis de haine, de pauvreté intellectuelle et/ou de mauvaise foi publié par le Monde: http://www.lemonde.f...06_1616938.html

 

Tout ce qui est excessif est insignifiant. Je rejoins Sphinx, le mec est tellement dans les clichés qu'il est plus risible qu'autre chose.



#154 Sin

Sin

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Posté 24 mai 2017 - 02:21

Bon l'équipe annonce que c'est fait pour Henrique.

#155 Yan Le Flan

Yan Le Flan

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Posté 03 juillet 2017 - 02:27

Cavani : « À Paris, j’ai grandi en tant qu'homme »
 
 
Libero – Rencontre avec l'attaquant du PSG, dans la foulée d'une saison où il a confirmé qu'il pouvait être un sacré buteur. On y parle foi, lecture, avenir et, bien sûr, de son club.
 
 
De Naples à Paris. Il est passé d’une ville qui vit pour le football, à un univers où l’on peut se passer du ballon rond. Relégué sur le banc par Laurent Blanc, le Matador est aujourd’hui l’un des meilleurs buteurs d’Europe après une saison à trente-cinq buts. L’Uruguayen fonde sa réussite sur la foi qu’Emery a placée en lui. Et la foi qu’il porte en lui, bien qu’il reconnaisse être un croyant critique envers la religion: "Je n’aime pas cela car ça t’impose des règles. Je vis la foi à ma manière."
 
J’ai envie d’oublier l’actualité sportive et de te parler de ta vie à Paris. Tu viens d’une ville qui vivait pour le football, et tu te retrouves dans une autre ville qui ne connaît pas le même engouement pour ce sport. On va dire que les Parisiens ont d’autres centres d’intérêt, mais c’est ton cas également, puisque tu étudies l’agronomie. Tu penses déjà à l’après-carrière? 
On a tous un moment de notre vie où on commence à mûrir, et à se rendre compte d’un certain nombre de choses. Tu donnes un autre sens à ta vie, un sens plus profond. Sincèrement, aujourd’hui je joue au football, je suis professionnel… j’en profite au maximum, mais j’ai bien conscience que tout cela va cesser et que ça ne constituera qu’une partie seulement de ma vie, qui deviendra de l’histoire ancienne le lendemain du jour où j’arrêterai. C’est pourquoi j’essaie d’apprendre, de me préparer à ces lendemains. Et quoi de mieux que de faire ce que j’aime faire, m’instruire pour mieux connaître l’environnement qui m’a vu naître: la campagne. Je suis tombé sur un site du ministère de l’agriculture uruguayen. J’ai découvert qu’il était possible à n’importe quelle personne de se former, même sans avoir de diplômes, pour suivre des cours et se spécialiser afin de travailler dans le secteur agricole. C’est vraiment quelque chose qui a retenu mon attention, parce que je n’ai jamais terminé mes études scolaires. Mais j’ai très envie d’apprendre, et c’est très bien que je puisse le faire alors que bien souvent, on t’empêche de travailler si tu n’as pas les bons diplômes.
 
edinson-cavani1.jpg
 
Il y a forcément un moment où il faut choisir entre les études et le football. Tu as eu ce choix à faire en Uruguay? 
Bien sûr. Moi j’ai choisi le football, c’est ainsi que ça s’est passé. Mais je vais te dire la vérité, je ne prends pas le football comme excuse. Je crois qu’il est possible de faire les deux en même temps. Bien sûr, je reconnais que le foot professionnel nécessite énormément de temps et des aménagements d’emploi du temps qui ne facilitent pas les études. Mais si tu veux le faire, il est parfois possible de combiner les deux. Moi je ne l’ai pas fait, sans doute par paresse. Parce que je préférais jouer au foot.
 
Les footballeurs n’ont pas toujours conscience qu’il y aura quelque chose après le football? 
Nous les footballeurs, on évolue dans un environnement étrange, sur un nuage, dans une bulle. Pas tous, il ne faut pas généraliser. Mais oui, il faut se rendre compte que nous devons aussi envisager le futur. Que tout cela ne dure que quinze minutes. Ce qui se passe, c’est que l’environnement du football te porte, te transporte, avec tout ce que ça implique, avec tout ce que ça déplace, avec tout ce que le football représente à ce niveau-là. Donc la célébrité, les médias, les buts, les supporters, les réseaux sociaux, le luxe, tout cela t’enveloppe et t’empêche de voir la vie comme elle est vraiment. Je crois qu’au bout d’un moment, tu finis par t’en rendre compte.
 
Quand t’es-tu aperçu que tu devais préparer ta retraite? 
Quand je me suis aperçu que le futur, c’était maintenant. Il me reste à peine quelques années de carrière pro, donc j’ai commencé à me poser des questions. C’est pour ça que j’ai suivi un cours sur les systèmes d’irrigation. Cela m’a permis d’apprendre des choses sur l’environnement dans lequel j’avais grandi. Parce que j’ai passé mon enfance dans le centre de l’Uruguay, j’adorais la campagne, mais clairement, nous n’avions pas les moyens pour investir, travailler, produire des choses. Et donc aujourd’hui, je suis une formation parce que l’un de mes souhaits serait de monter une entreprise dans mon pays, dans une zone de production qui me plaît et dans un secteur qui me rendra surement heureux. C’est pourquoi je prends tous ces cours d’agronomie et que je mets un peu le football de côté dans mon esprit.
 
Tu es croyant? 
J’ai une culture catholique. Mais pour moi la religion c’est avant tout quelque chose de personnel. J’étais dans un collège catholique dans lequel on nous a appris la religion. Mais avec le temps, tu grandis. Beaucoup de religions t’imposent des choses qu’il faut suivre au pied de la lettre. Selon moi, ça ne devrait pas être comme ça. Tu ne peux pas imposer quelque chose, ou essayer de mettre quelque chose dans la tête des gens sous prétexte que tu ressens les choses ainsi ou que tu en a fait un mode de vie. Parce que si l’autre personne ne ressent pas les choses réellement au fond d’elle, tu peux toujours essayer de lui inculquer quelque chose, ça ne fonctionnera jamais. Mais oui j’ai foi en Dieu, et c’est ce qui me donne de la force au quotidien.
 
Qu’est-ce que tu retires de la religion? 
Pour moi la foi, c’est quelque chose de plus que simplement avoir foi en Dieu. C’est un état d’esprit qui te permet de passer des caps importants de ta vie. Ce n’est pas uniquement la foi en Dieu, mais la foi en ta famille, en tes amis, en ton entourage. Si tu n’as pas la foi en tout cela, je pense que c’est impossible de vivre, parce que tu te sens vide, tu seras toujours sur la défensive, en pensant tout le temps que les autres sont contre toi. C’est en cela que la foi est quelque chose de personnel. Et c’est pour cela que je ne parle pas de religion, mais de foi, même si je respecte les gens qui la pratiquent différemment de moi.
 
Dans les moments de repos, il t’arrive de lire: qu’est-ce que tu lis en ce moment? 
J’aime les histoires difficiles, compliquées, un peu dramatiques. En ce moment je lis un roman qui s’appelle "La fuerza del corazon" ("La force du cœur"). C’est l’histoire d’un type qui étudie beaucoup durant sa jeunesse, parce que ses parents le poussent toujours à devenir meilleur. Parce qu’il veut les rendre fiers, il étudie, travaille, il devient effectivement le meilleur, réussit son examen d’avocat, mais il se rend compte que ça ne le rend pas heureux. Il s’aperçoit qu’il a fait tout cela pour ne pas décevoir ses parents, mais qu’il a totalement laissé de côté ce qui lui plaît, et qu’il est devenu quelqu’un de triste. Après une période d’introspection, il ressent la nécessité de changer les choses, il laisse parler son cœur en abandonnant sa carrière d’avocat et commence un voyage initiatique dans lequel il rencontre tout un tas de gens, des scientifiques, des philosophes, des sociologues. Chacun présente un point de vue différent, mais tous concluent qu’il faut écouter son cœur, car c’est le moteur, ce qui nous donne l’impulsion pour prendre les décisions les plus importantes de notre vie.
 
Et donc? 
La conclusion c’est que 90% des décisions qu’on prend avec le cœur sont des décisions positives.
 
Tu as déjà été touché par un livre qui parle de football? 
Je suis aussi en train de lire "Hasta la ultima gota" ("Jusqu’à la dernière goutte") sur la vie de Fabian O’Neill (NDLR: un ancien international uruguayen devenu alcoolique). Ce livre dit beaucoup de choses. Le genre d’histoires qui restent, de vraies histoires de vie, pas le football, la vraie vie avec ses souffrances, la pauvreté, l’absence de revenus, les larmes, la célébrité et les échecs…
 
edinson-cavani2.jpg
 
Tu es plus touché par ce genre là que par l’histoire ou les statistiques? 
Absolument. Parce que ce qui me touche c’est que ça parle de l’aspect humain du footballeur, pas des buts qu’il a marqués ou des titres qu’il a gagnés. De l’endroit d’où il vient, des entraîneurs qui lui ont fait confiance, de celui qui l’a fait percer, de ses succès, de sa gloire et de sa déchéance alcoolique. Ce sont des choses dures. Sa famille, sa grand-mère qui l’a toujours soutenu depuis ses débuts, cette vie de quartier qui est totalement représentative de ce qu’est l’Uruguay.
 
Tu as connu plusieurs entraîneurs dans ta vie: Tabarez, Mazzari, Blanc et maintenant Emery. Qu’est-ce qui les différencie? Lequel t’a le plus marqué? Je me souviens de la conférence de presse à l’arrivée d’Emery à Paris, et il avait déclaré: cette équipe est faite pour Cavani. 
Écoute, cette phrase d’Emery, je la rapproche de ce qu’on disait tout à l’heure sur la question de la foi. Ce qui fait que tu as confiance en toi, c’est bien souvent parce que la personne à côté a elle-même confiance en toi, et dans le cas présent, Emery a cru en moi. Il me semble que c’est la base de tout, c’est la clef de l’amitié, de la famille, avoir la confiance de tes proches, c’est ce qui te rend plus fort. Je me sens très fort ici au PSG, et je le démontre parce que l’entraîneur me considère comme la clef de voûte de l’attaque, au poste où je me sens le mieux.
 
Tous les entraîneurs t’ont marqué ainsi? 
Ce sont des étapes différentes. Tabarez m’a marqué à la fois sur le plan sportif et sur le plan personnel. Il a toujours eu confiance en moi, même quand il s’agissait de jouer sur les ailes parce que d’autres jouaient dans l’axe, des leaders comme El Loco Abreu, Suarez, ou Forlan qui était très impliqué alors que j’étais plus en retrait.
 
Tu peux renoncer à ton poste de prédilection pour jouer en sélection? 
Évidemment! Je te le jure, si je dois jouer pour la Celeste, je peux jouer à n’importe quel poste. Quand Tabarez me faisait l’honneur de me titulariser dans son onze, c’est parce qu’il savait qu’il pouvait compter sur moi. Le "Maestro" nous a beaucoup appris, à la fois sur et en dehors du terrain.
 
Par exemple? 
Le sens des responsabilités, et le respect que tu dois avoir pour la sélection uruguayenne. Cela a été décisif, aussi bien en Afrique du Sud (NDLR: à la Coupe du monde 2010) que pour le titre lors de la Copa América 2011. Cet état d’esprit je l’ai tout le temps gardé et cela a porté ses fruits. Même si je le dis souvent, on ne m’a jamais fait de cadeaux en sélection, tout ce que j’ai obtenu c’est à la force du poignet. Tabarez a progressivement gagné le respect du groupe, par ses actes, par des moments concrets, c’est la clef de la réussite entre un professeur et ses élèves. Ces valeurs d’amitié, cette camaraderie nous a permis de franchir des paliers importants en sélection.
 
Qu’est-ce qui t’a surpris chez Emery? 
Sa manière de travailler surtout. Son professionnalisme et son sens du détail. C’est quelque chose qu’il te transmet à chaque instant. La rigueur, le perfectionnisme. Et puis c’est un entraîneur qui a l’ambition de gagner mais dans les règles, et c’est ce qu’il essaie d’inculquer aux équipes qu’il entraîne. Cette envie qu’il a de réussir est contagieuse, c’est ainsi que je l’ai ressenti au PSG.
 
Quels objectifs tu te donnes avec le PSG? 
Gagner toutes les compétitions auxquelles on participe. Il n’y a pas tant de choses que cela à changer, parce qu’on fait les choses correctement, et au-delà des coups qu’on a encaissés, je crois qu’on réalise globalement du bon travail. On doit se concentrer sur les prochains objectifs, parce que les supporters le réclament, et aussi parce que le groupe de joueurs en a envie.
 
Comment tu vois le football européen aujourd’hui? 
Le football a changé. Aujourd’hui il y a pas mal d’équipes qui sortent du lot. Il y a des équipes qui jouent très bien, qui ont du style. D’autres qui vont plutôt accepter de se laisser dominer, comme l’Atlético avec son incroyable état d’esprit. Ils l’ont déjà démontré, et ils continuent de le faire. Tout ça fait partie du plaisir du foot. Mais tenir le ballon, comme le fait le Barça, c’est vraiment essentiel aujourd’hui.
 
Avec Laurent Blanc, tu n’étais pas le joueur clef de l’attaque, tu jouais souvent sur un côté. Tu as même été remplaçant. Comment tu analyses cet épisode, avec le recul? 
Il n’y a pas que les choses positives qui sont utiles pour apprendre, et je crois même qu’on apprend plus dans les moments difficiles. Au-delà des statistiques et des résultats collectifs, je crois que les choses se sont plutôt bien passées pour moi d’un point de vue personnel, et j’en suis plutôt content. À Paris, j’ai grandi en tant qu’homme. Je suis arrivé dans un certain contexte, et par la suite il s’est produit des événements qui sont habituels dans une carrière de footballeur. J’ai dû m’adapter à ces circonstances, et ma foi, voilà où j’en suis: j’ai toujours cette envie de me battre, comme tout Uruguayen qui se respecte, je m’adapte et je fais avec les vents contraires comme nous savons si bien le faire.
 
 
 
Vous pouvez réagir sur le fil du joueur.


#156 Method

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    Bouffeur de Cul

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Posté 03 aot 2017 - 03:53

Un superbe article de Sport24, le Figaro donc. Rien à rajouter ! Je vous laisse lire

 

http://sport24.lefig...contents-870838

 

 

Neymar à Paris : le retour du PSG bashing et des «jamais-contents»

Par La rédaction

Publié le 03/08/2017 à 16h43

 

Neymar quitte Messi pour devenir le Messie. Celui que le PSG se cherche depuis 2011, date du début de la refondation du club. Et il suffit d'évoquer ce transfert hors norme, sans aucun doute le premier d'un nouveau nouveau monde dans le football professionnel mondial, pour qu'aussitôt la France s'offre une polémique comme elle les aime. Les "Jamais-contents" peuvent ainsi continuer à geindre. Et ils ne s'en privent pas.

 

Donc, après "les JO dont personne ne voulait à part nous", voici "Neymar, ce footballeur trop payé"... Et c'est parti.. Il y avait longtemps. Déjà, en 1974, avec le transfert de Beretta de Saint-Etienne à l'OM, la moitié de la France qui ne comprend rien au football entonnait la même rengaine, "Footballeur trop payé".

 

C'est donc parti pour le grand bal de la démagogie. A ma gauche, Alexis Corbière, de la France insoumise (ICI), qui s'offusque : "Je ne trouve pas ça sain (...), alors qu'un scientifique, un grand médecin, touche des sommes n'ayant rien à voir avec ce que touche un footballeur, même si on aime le foot. On peut avoir un point de vue moral. Est-ce que ce n'est pas la vitrine d'un monde fou ?" Preuve que décidément, les Insoumis ne sont pas les héritiers du grand Parti communiste français d'antan, où l'on communiait, avec Georges Marchais, aux résultats des clubs de villes tenues par le Parti... Le Havre, Le Mans, le Red Star... Les Verts période Manufrance... Aujourd'hui, Mélenchon, député de l'OM, ne connait même pas le nom d'un seul joueur.

 

A ma droite, attention, moraliste éprouvé... Bernard Tapie qui, après avoir reconnu que "c'était un coup formidable pour le football français" (ICI), n'a pu s'empêcher de faire dans l'épicerie franchouillarde : "Ce n’est pas la plus belle carte de visite qui soit. Un club qui peut mettre 220 millions pour acheter un joueur qui va ensuite lui coûter 60 millions par an, ça change totalement la donne. On est quand même un peu tombé sur la tête. On n’est plus dans le raisonnable ni dans le rationnel. Ou alors il faudrait qu’ils fassent un championnat entre eux, ceux qui ont du pétrole…"

La morale sociale et l'injustice sportive. Voilà bien résumés les deux axes critiques.

 

Reprenons. D'abord, l'industrie du spectacle, même sportif, n'est pas par nature immorale. Elle est. Et elle ne cause de tort à personne. Mieux encore, elle peut être créatrice de lien social et culturel. Il y a plus d'optimisme et de foi en l'humain dans un stade de football que dans un meeting de Mélenchon, c'est ainsi. Le footballeur ne nuit pas au médecin. Il est vain de les comparer. La venue de Neymar, électrochoc de haute intensité, peut générer un cercle vertueux économique qui ne peut que profiter à tous. Neymar en France, c'est relancer l'industrie du spectacle football, et générer par effet collatéral quelques milliers d'emplois, ici ou ailleurs, y compris de ces petits emplois de proximité qui font tant défaut à la France. Enfin, Neymar sera un contribuable comme les aime le fisc français : riche et traçable.

 

Ensuite, plutôt que de pleurer, tel Tapie, sur l'injustice faite au sport, contemplons ensemble la planète football telle qu'elle est. Si la France ne se dote pas d'une locomotive tirant sa Ligue 1 vers le haut, celle-ci s'éteindra doucement mais sûrement. Et le rêve de voir un jour un club français remporter la Ligue des Champions demeurera vain. Là encore, tout est affaire de cercle vertueux. La venue de Neymar ne va pas seulement "enrichir" le PSG, elle va aussi enrichir la Ligue 1 et ses clubs... Droits télé nationaux et étrangers, billetteries, produits dérivés etc.

 

Pourquoi faut-il qu'en France les dirigeants ou ex-dirigeants des choses du football persistent à raisonner en mode circuit fermé national malthusien ? Il y a quelques jours, nous nous interrogions sur le point de savoir si le PSG pouvait être cette locomotive, le transfert de Neymar apporte, à tout le moins, un début de réponse.

 

L'argent du PSG a permis de contrebalancer la présence de l'entraineur Emery, l'homme du 6-1 encaissé à Barcelone, avec au passage deux buts et une passe décisive de Neymar. Ce soir là, c'est le joueur du Barça qui donna la leçon au coach préféré de certaines voix de l'After foot, ce lieu étrange où l'on aime les losers surtout pas magnifiques. Ici se mesure le vrai secret de ce transfert, son invisible réalité, son paradoxe le plus fou : ce n'est pas Emery qui va entrainer Neymar, mais Neymar qui va entrainer Emery.



#157 ovni1974

ovni1974

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Posté 12 fvrier 2018 - 06:59

je post ici (30eme journée)
 


- Frédéric Thiriez : "I am very sorry for this terrible arbitrage"

- Zlatan porte le t-shirt "Parisiens et Champions" sous son maillot depuis la 1ere journée du championnat 2012-2013 (anonyme).

- "Tout le monde connait Cavani. Tout le monde voulait Cavani. Mais aujourd'hui il a signé avec nous" (Nasser Al-Khélaifi 16-07-2013).


#158 Yan Le Flan

Yan Le Flan

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Posté 18 fvrier 2018 - 11:01

Xavi : « À Madrid, le PSG a joué comme le Barça »

Des analyses, des débriefs, des spécialistes, de la mauvaise foi, des conneries. Depuis que le Real l’a emporté face au PSG (3-1), on a entendu tout et n’importe quoi. D’où l’intérêt de demander l’analyse du clairvoyant Xavi, qui, entre deux matchs avec son club d’Al-Sadd, a quand même pris le temps de savourer à sa juste valeur la plus grosse affiche de la Ligue des champions. Interview avec celui que Maradona himself surnomme « le professeur du football » .

Quelle est ton analyse de ce Real-PSG ?
Le Real a un truc. Pendant un moment, les Parisiens ont flirté avec le 1-2. Le Real était alors à deux doigts de plier, puis il est revenu dans le match d’on ne sait où pour reprendre l’avantage... Contre eux, tu ne peux jamais laisser passer ta chance, sinon ils te sanctionnent direct. Le pire, c’est qu’ils arrivent à faire mal à leur adversaire avec un rien. Une contre-attaque, un corner leur suffit pour reprendre les choses en mains. C’est tellement incroyable que quand le match se termine et que tu regardes le score, tu te dis : « Putain, 3-1 quand même... Mais comment ils ont fait ? » T’en viens presque à penser que c’est une injustice que le PSG ait perdu sur un score aussi large... Comment est-ce possible que le Real gagne ce match 3-1, alors que c’est une rencontre qui aurait dû se finir à 1-1, 2-2, voire à 1-2 pour le PSG ?

Tu as la réponse ?
C’est inexplicable, le Real ne joue pas, il gagne. Encore une fois, le PSG aurait dû tuer le match quand il en avait l’opportunité. J’ai regardé la rencontre sur la télévision espagnole avec Valdano aux commentaires. Il a dit un truc très vrai : dans ce match, il y a eu plusieurs phases, très différentes les unes des autres. Ce n’est pas une rencontre que tu peux analyser d’un bloc. En seconde mi-temps, il y a notamment eu ce moment où le PSG a clairement pris l’ascendant. Pendant ces minutes de siège dans la surface madrilène, tu sentais le Real prêt à craquer sous la pression parisienne. C’est à ce moment précis que Paris doit mettre le deuxième. Ils ne l’ont pas fait et résultat, ils s’en sont mangé deux derrière. Ce que le PSG a vécu, je l’ai vécu moi aussi avec le Barça. Tu te dis : «  Putain, on est en train de mieux jouer qu’eux. » Tu tapes sur le poteau, et là tu penses : « Aïe, aïe, aïe, pourquoi elle n’est pas rentrée celle-ci... » Là, t’as à peine le temps de te lamenter que le Real t’a déjà marqué un but en contre-attaque. Avec eux, il n’y a pas de « aïe, aïe, aïe » ou de « ouille, ouille, ouille » . Ils ne font pas de chichi. Si tu ne les enfonces pas, ce sont eux qui t’enfoncent. Ça fait trente ans que le Real Madrid aborde ses matchs comme s’il s’agissait de bras de fer. Ils vivent chaque rencontre comme un duel. Ils te regardent droit dans les yeux et ils te défient. Tu veux attaquer ? Vas-y, nous aussi on va le faire. Mais si vous ne marquez pas, nous, on la mettra dedans.

Est-ce qu’inconsciemment, les joueurs du PSG, qui font une fixette sur la Ligue des champions, n’ont pas accusé un déficit de pedigree face au double tenant du titre ?
Le prestige pèse très lourd dans des matchs comme ça, évidemment. Après, le PSG a des joueurs compétitifs. Verratti est très compétitif, Alves joue très bien, Neymar pareil. Tout ce qui a manqué à Paris contre le Real, c’est un deuxième but. S’ils étaient parvenus à le mettre, ça aurait été déterminant, ils auraient pratiquement scellé leur qualification. Il ne faut pas donner d’espoir au Real. Si tu lui en donnes un peu, c’est compliqué. Le PSG a pardonné et ça lui a coûté très cher. C’est comme s’ils avaient ressuscité des morts.

Le PSG a marqué en premier, puis en a encaissé trois derrière. Sans ce spectre de la remuntada de l’année dernière, le scénario du match aurait été différent ?
Je ne pense pas que les Parisiens aient ressassé le 6-1. J’ai trouvé qu’ils avaient joué avec beaucoup de personnalité. Est-ce que Paris a mal joué ? Non. Est-ce que le Real a mal joué ? Non plus. La différence entre ces deux équipes, c’est que le Real est capable de gagner en jouant mal ou quand il n’est pas au mieux. Le Barça ne sait pas faire ça par exemple. Lorsqu’il joue mal, il perd et lorsqu'il livre une performance moyenne, ça finit en match nul. Le Barça doit bien jouer pour gagner. Quelque part, il ne peut pas trahir sa philosophie de jeu. Le Real, c’est déjà différent. Est-ce qu’il a été supérieur au PSG ? Pour moi, non. Mais eux, ils s’en fichent complètement d’être supérieurs sur le terrain, de dominer ou d’être dominés. Leur philosophie, c’est la gagne. C’est ce qui les rend aussi difficiles à prendre parce qu’ils peuvent rivaliser de manières différentes. Au Bernabéu, par exemple, le PSG a joué comme le Barça. On sent qu’ils ont voulu y mettre la manière. Lorsque Emery sort Cavani et met Meunier, le PSG contrôle vraiment le jeu. Mais ça ne sert à rien de le faire contre le Real si tu ne matérialises pas tes occasions en but.

On a l’impression que tu n'as aucun mal à te mettre à la place des joueurs parisiens.
Je me souviens d’une Liga où nous avions eu jusqu’à douze points d’avance sur eux. Douze ! N’importe quelle équipe aurait lâché l’affaire, mais pas eux. On jouait bien mieux qu’eux et même comme ça, ils sont revenus à quatre longueurs de nous. Quand t’as aussi peu de marge et que tu dois jouer au Bernabéu, tu n’es pas serein, d’autant que si le Real gagnait, il revenait à un point. Finalement, on a gagné 2-6, une démonstration. Lors de ce Clásico, nous avions été infiniment supérieurs à eux, et pourtant, le Real est parvenu à revenir à 2-3. J’ai encore en tête la désagréable impression qui m’avait parcouru le corps à ce moment-là : « Aïe, ils vont revenir... » Ils sont tellement réalistes qu’ils arrivent à transformer la moindre occasion en but. Et là... Ce jour-là, heureusement qu’on a eu la bonne idée d’en mettre un quatrième, puis un cinquième, mais même comme ça, le Real ne s’est jamais avoué vaincu. À 2-4, ils étaient encore dans le match. C’est un club que tu ne peux jamais laisser pour mort.

Qu’est-ce que ça fait de jouer au Bernabéu ?
C’est superbe. T’as une décharge d’adrénaline exceptionnelle. J’adorais ça. Je n’ai jamais eu peur de jouer là-bas, j’y allais toujours avec l’envie de bien faire, l’envie d’être compétitif. Dans le football, de toute façon, il y a deux catégories de joueurs. J’en ai souvent parlé avec Guardiola l’été dernier et il a raison sur toute la ligne. Dans les moments décisifs de la Champions, il faut des joueurs avec de la personnalité. Si tu n’as pas de caractère, tu ne peux pas jouer au plus haut niveau, c’est impossible. Dans les moments de doute, quand il y a 1-1, donne-moi un Dani Alves, donne-moi un Neymar. Les joueurs qui ont des doutes, des appréhensions, j’en veux pas. Quand le match devient dur, il faut sept ou huit joueurs avec du répondant. Au Barça, on avait ça. Piqué ? Un leader. Iniesta ? Leader. Messi ? Leader. Busquets ? Leader. Pedro et Jordi Alba ? Leaders. Finalement, qui gagne la Ligue des champions ? L’équipe qui a le plus de footballeurs qui demandent le ballon dans les moments compliqués. C’est peut-être le problème du PSG ou de City jusqu’à aujourd’hui. Au-delà du prestige, ils n’ont peut-être pas les mêmes références de la gagne que des clubs comme le Bayern ou le Real. Dans ces clubs historiques, la résistance à la pression fait partie intégrante de l’ADN. Ils vivent quotidiennement avec l’obligation de gagner. Le PSG commence à connaître un peu ça, mais c’est un long apprentissage. Ça finira par venir.

C’est un club très critiqué, mais paradoxalement, on a l’impression qu’il n’a besoin de personne pour se mettre une mauvaise pression... Comment tu l’expliques ?
Il faut qu’il dépasse tout ça. Tout n’est qu’une question de mentalité. De l’envie, tout le monde en a. Tous les clubs veulent gagner la Ligue des champions, hein, mais il faut qu’ils puissent transformer la pression qui les inhibe en une force qui les transcende. Je suis bien placé pour le savoir, puisque j’ai vécu la même chose avec la sélection espagnole. Aujourd’hui, l’Argentine a le même problème. Ils veulent bien faire, mais ils jouent avec la peur de décevoir. Cette crispation est palpable sur le terrain. On parle d’une équipe qui a Messi, l’arme ultime, et malgré tout, ça ne marche pas parce que cette génération porte le fardeau de devoir gagner un Mondial que tout le monde en Argentine attend depuis trente ans. Jouer avec cette pression horrible, c’est une saloperie immense. C’est invivable. Le football, c’est une question de confiance. Avec l’Espagne, avant 2008, j’entendais toujours la même histoire : « L’Espagne ne passe jamais les quarts. » , « Cette génération est destinée à rentrer très vite à la maison, c’est sûr... » C’était très dur, mais on a surmonté tout ça.

Tu penses que le PSG peut encore se qualifier ?
Le Real a eu un peu de chance à l’aller. Mais cette chance, ils l’ont provoquée, donc je me dis que si le PSG joue son retour avec du caractère, ils peuvent le faire. Remonter deux buts, ce n’est pas insurmontable, et puis il peut se passer beaucoup de choses en 90 minutes. Selon moi, le PSG a la mentalité suffisante pour renverser la vapeur. Alves, Verratti, Di María... Putain, Di María... ça m’a surpris qu’il ne joue pas au moins une minute !

Emery a beaucoup été critiqué à ce sujet...
(Il coupe) Quand tu perds 3-1, c’est normal qu’il y ait des critiques. Si Zidane perd sur le même score, avec le même match, il se fait découper lui aussi. Là, on l’encense parce qu’il y a la victoire au bout. Ça se passe toujours comme ça : dans le football, quand tu gagnes, t’es toujours plus beau. Les lendemains de victoire, tout l’est plus. Même le défenseur central que tu considères généralement comme un désastre, tu le vois sous un nouveau jour : « Madre mia, quel joueur ! » C’est vrai en football, mais aussi dans d’autres domaines. Dans une entreprise qui marche bien, tu vois tes collègues avec les yeux de l’amour, alors que la semaine d’avant, tu étais plutôt du genre à dire : « Mais c’est quoi cette équipe de merde ? » Moi-même, quand je gagne, je me sens plus beau. Je me regarde dans le miroir et je me dis : « Eh bah mince alors, je suis pas mal en fait. » (Rires.) Zidane, après le match, pareil, il est soudainement devenu le plus beau aux yeux de ceux qui n’ont pas arrêté de le critiquer ces dernières semaines. Emery, lui, est devenu le moche de l’après-match. Ça ne devrait pas se passer comme ça. Ne nous concentrons pas uniquement sur le score, analysons plutôt le contenu proposé par les deux équipes. Emery a mal coaché ? Non. Zidane a-t-il fait beaucoup mieux qu’Emery dans son coaching ? Non. Le problème, c’est qu’on résume toujours tout uniquement à travers le score. Par exemple, j’ai lu pas mal d’articles qui disaient que Cristiano était encore au-dessus de Neymar. Non ! NON ! C’est injuste. Qu’est-ce qu’il a fait Ronaldo ? Il a mis un penalty et un but du genou... Mais qu’est-ce qu’on fait des situations dangereuses qu’a crées Neymar ? Des fautes qu’il a provoquées ? Des contre-attaques qu’il a lancées ? De la peur qu’il a semée chez les Madrilènes ?


Propos recueillis par Javier PRIETO SANTOS, pour SoFoot.

Pour réagir, direction ce topic ou celui du match concerné.

#159 Yan Le Flan

Yan Le Flan

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Posté 04 mai 2018 - 11:15

Neymar, le vestiaire, la sentinelle, PSG/Real, son avenir, Emery s'est confié

Peu après l'annonce de son départ du PSG, Unai Emery a accordé une très longue interview à Marti Perarnau, auteur entre autres de "Pep Confidential" et de "Pep, la métamorphose", pour Tactical Room. En espagnol, le coach du PSG va se livrer comme jamais durant son passage à Paris. Il explicite notamment de nombreux détails de sa relation avec Neymar et le vestiaire, revient plusieurs moments clés comme les deux affrontements avec le Real, les maux constatés de son équipe, ce qui manque à Paris pour gagner la Champions League ou encore son avenir. Voici ses propos, traduits par nos soins.
 

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The Tactical Room, n°42, édition de mai 2018. Interview par Martí Perarnau, auteur entre autres de Pep Confidential et de Pep, la métamorphose.

Sur le banc du PSG, on vous a vu moins gesticuler, et plus mesuré dans vos gestes et les instructions que vous donniez aux joueurs. C’est le cas ou bien ma perception est erronée ?

Je me suis davantage contrôlé, c’est certain. Ma priorité, c’est de m’adapter à l’équipe. Il y a peu, un journaliste demandait à Garitano pourquoi il ne portait pas de costume durant les matchs, et Asier a répondu qu’il souhaitait s’adapter au club. Leganés est une ville modeste de la périphérie de Madrid, et pour lui, le costume ne lui paraissait pas naturel dans ces circonstances. A Paris il m’est arrivé quelque chose de similaire. En arrivant à Paris, je devais m’adapter au PSG et me conformer à certaines formalités qui font que je reste le même, mais avec certaines nuances dans mes relations avec les joueurs, la direction, le stade, les supporters. J’ai un peu réduit mon expressivité sur le banc pour m’adapter au PSG.

Durant la semaine, vous faites votre travail d’entraîneur, mais durant le match, vous êtes dépendant de ce que font les joueurs. Comment gère-t-on cette sensation d’être toujours à la merci soit d’un coup de génie, soit d’une erreur, qui peut ruiner votre travail ?

Je gère cette sensation grâce à l’expérience, le fait d’avoir vécu de nombreuses situations comme celles-ci. Je me souviens de quarts de finale d’Europa League avec Séville. Nous avions battu l’Athletic 1-2 à San Mames et tout jouait en notre faveur, mais Bilbao réussit à nous remonter au Sánchez Pizjuán en nous poussant aux prolongations. Et à un moment, Susaeta se retrouve en face-à-face avec notre gardien et je sentais que cette action déterminerait sans doute l’issue de l’éliminatoire. S’ils marquaient, tout était terminé. Et en voyant l’action, je me répétais à moi-même : « Normalité, normalité, normalité ». Parce que Susaeta pouvait aussi bien rater cette occasion que la convertir. J’ai appris à vivre ces moments avec normalité. Les moments qui vont dans ton sens et ceux dans le sens de l’adversaire. Susaeta n’a pas marqué. Ce n’est pas facile de le faire dans certaines circonstances ! Et la même chose se produit quand c’est au tour de mes joueurs d’avoir un coup de génie ou de rater un but facile. Normalité. Ce sont des choses qui arrivent. Après, quand tu es dans une équipe comme le PSG, qui gagne souvent, tu es habitué à gagner et au fait que chaque action de but soit un peu moins décisive que dans d’autres équipes où ce type d’actions se répète moins souvent.

Au PSG, il est plus naturel que se produise ce genre d’actions et c’est pour ça que je les vis avec davantage de calme. Et pour revenir à la 1ère question, c’est aussi pour cela que je gesticule moins. Parce que nous gagnons plus souvent. Au PSG, quand un de mes joueurs réussit un coup de génie et marque, je ressens une certaine normalité. C’est « normal » que ce joueur réussisse un coup de génie. J’en ai parfois parlé avec Neymar. J’ai toujours eu pour habitude de beaucoup préparer les coups de pied arrêtés, et cela m’a souvent réussi. Mais quand tu as Neymar, parfois tu n’as pas besoin de beaucoup plus : la stratégie, c’est lui. Marcelo Bielsa l’explique très bien quand il distingue les joueurs de talent, qui réalisent certaines actions de façon naturelle, et les autres joueurs, plus nombreux, qui n’ont pas ce don et à qui, dans le cas de Bielsa, il s’agit de leur faire répéter les actions pour qu’ils puissent les réussir sur le terrain.

En tant qu’entraîneur, j’ai toujours eu tendance à indiquer la marche à suivre à mes joueurs, un peu comme quelqu’un qui bougerait un joystick, mais quand on arrive au PSG, on se rend compte que bien souvent ce sont les joueurs eux-mêmes qui choisissent la solution la plus efficace. Un jour, je l’ai dit à Neymar : « Ney, il y a des situations de jeu que j’ai toujours travaillées avant les matchs et dans ton cas, tu les imagines de toi-même ».

En quoi est-ce mieux d’entraîner une grande équipe qu’une équipe plus modeste ? Je ne parle pas des possibilités accrues de gagner des titres, mais plutôt des différences méthodologiques que cela suppose.

Partons d’un principe que je considère comme basique : entraîner est très, très, très difficile. A partir de là, entraîner des joueurs de très haut niveau est encore plus difficile. Pourquoi ? Parce que réussir à convaincre est la chose la plus fondamentale pour pouvoir entraîner : les joueurs doivent croire en toi. Qu’ils croient en toi parce que tu as un palmarès, parce que tu es très fort, parce que ta présence en impose, parce que tout ce que tu dis finit toujours par se réaliser… Peu importe la raison. Mais ils doivent croire en toi. Et dans les grandes équipes, les joueurs attendent précisément cela : que l’entraîneur ne se trompe jamais. C’est aussi ce qu’ils recherchent dans une équipe plus modeste, mais ils sont également conscients que la marge d’erreur y est plus importante, que tu peux avoir de mauvais résultats plus souvent. Ce n’est pas le cas dans une grande équipe. Tu dois avoir raison jusque pour le plus petit des détails : dans le travail, la planification, dans tes discours, la façon dont tu les prononces, le moment où tu les prononces. Tout est un peu plus difficile. Peut-être que de l’extérieur, on peut penser qu’on peut se permettre de moins travailler, mais c’est le contraire. Tu dois avoir la parole juste au moment adéquat et que ceci aide l’équipe à gagner. Dans des équipes comme le PSG, gagner est la norme et c’est ce qui donne de la pertinence à tes actes et tes paroles. Dans des équipes plus modestes, les résultats sont plus variables. Ici, non. Ici, tu gagnes presque toujours et c’est ce qui t’oblige à viser juste au moment précis. A chaque fois.

Un effectif avec des joueurs comme Neymar, Cavani et Mbappé, est bien servi en termes d’égos.

La première des choses, c’est d’avoir une relation normale au niveau personnel. Individuellement ou par groupes. Un entraîneur doit avoir auprès d’un joueur une relation similaire à celle d’un père avec son fils. A ce niveau, cela ne plaît à personne d’avoir à réprimander un joueur parce qu’il a fait quelque chose de mal, de la même façon qu’un père n’aime pas crier sur son fils. Mais pourtant, il est parfois nécessaire de le faire, et il faut le faire sans que cela n’entraîne une dégradation de ta relation personnelle avec lui. Avec ton fils, c’est plus simple, parce qu’après une réprimande, il sait que tu resteras son père, toujours avec le même amour. Alors qu’avec un joueur, il peut arriver que la relation se rompe et qu’il décide par la suite de quitter le club. Pour cette raison, savoir ce que tu dis et la façon dont tu le dis est une question plus délicate. Parce que cela peut avoir une répercussion irréversible dans ta relation avec le joueur. Dans une équipe plus modeste, le risque est moins grand parce que tout le groupe sait que c’est toi qui commandes. Dans une équipe plus grande, la responsabilité est parfois détenue par des personnes différentes.

Un jour, Jorge Valdano m’a fait la réflexion suivante : « Au Barça, le leader c'est Messi ; au Real, c’est Florentino Pérez ; et à l’Atlético de Madrid, c’est Simeone ». Un joueur, un président et un entraîneur. A chaque fois, un profil de leader différent. Je sais quand je suis le principal responsable au sein d’un groupe et quand je ne le suis pas. C’est un processus que chaque entraîneur doit vivre et intérioriser, c’est quelque chose que tu apprends avec le temps et l’expérience. Dans chaque club tu dois savoir quel rôle tu occupes et quel rôle te confie le reste du groupe. Mon opinion est qu’au PSG le leader s’appelle Neymar. Ou plus exactement, le leader s’appellera Neymar, car il est en train de le devenir. Neymar est venu au PSG pour être le leader, pour vivre ce processus nécessaire afin de devenir le numéro 1 mondial. C’est un processus auquel il manque encore un peu de temps afin de se consolider. A Manchester City, le chef c’est Pep. Au PSG, le chef doit être Neymar.

Je pense que j’ai bien contrôlé ce vestiaire. Ma plus grande satisfaction, c’est qu’après avoir perdu contre le Barça l’année dernière et contre le Real cette année, l’équipe n’a pas coulé. Il y a quelques semaines, par exemple, nous avons disputé une 1ère mi-temps horrible à Saint-Etienne, mais après la pause, avec un joueur de moins, nous avons bien réagi et réussi à égaliser. Un membre du staff m’a dit à la fin du match : « Unai, aujourd’hui les joueurs ont démontré qu’ils étaient avec toi. Si ce n’était pas le cas, nous aurions perdu ». Et il avait raison. Si l’équipe avait voulu me tuer, c’était le moment pour le faire, tout était en notre défaveur. Mais l’équipe a su réagir. C’est ma principale satisfaction, même si bien sûr il s’agit de quelque chose de très personnel qui sera peu valorisé à l’extérieur. Bien sûr, je ne contrôle pas tout. Les deux éliminations en 1/8èmes de finale le démontrent. C’est difficile de contrôler tous les facteurs nécessaires à la gestion d’une grande équipe, et je dois encore m’améliorer.

Il y a quelques mois, un joueur du PSG m’a dit : « Mister, cette année tu as changé ». C’est évident. Je ne peux pas être le même avec ou sans Neymar. Nous avons connu un processus d’adaptation mutuelle avec le joueur, un processus qui suit encore son cours. Ce n’est pas quelque chose d’instantané, il faut apprendre à connaître et à se connaître. Entraîner Messi, Cristiano Ronaldo ou Neymar n’est pas facile : ce sont les meilleurs au monde et cela pèse beaucoup. Il faut s’adapter à eux. Regarde, l’une des chances de Guardiola à City, c’est de ne pas avoir une figure majeure à laquelle se plier. Il a de grands joueurs qui, lors du moment de vérité, ne font plus qu’un. Et quand il a fallu prendre des décisions radicales, Pep les a prises, par exemple en se passant de Deco, Ronaldinho ou d’Ibrahimovic quand ce dernier a eu des problèmes avec Messi. Et ce faisant, il s’est évité de sérieux problèmes.

En parlant de relations avec les joueurs, à aucun moment vous n’avez mentionné le thème de la langue, qui est pourtant une barrière cruciale pour connecter avec un joueur.

Par bonheur, le français que j’ai étudié étant petit m’a été utile. C’est indiscutable que je ne le maîtrise pas à 100%. Un jour j’ai entendu Benitez dire qu’il ne réussissait pas à transmettre tout ce qu’il voulait en anglais, et cela m’a surpris parce qu’il le parle parfaitement et qu’il est arrivé dans ce pays il y a 15 ans, mais il lui manquait un petit pourcentage pour connecter à la perfection avec ses joueurs. Ma maîtrise du français a été suffisante pour m’expliquer et me faire comprendre. Il est évident que l’une des raisons du succès d’un entraîneur réside dans la communication et la connexion avec les joueurs. Je parle de connexion émotionnelle. De plus, j’ai tendance à beaucoup parler dans un vestiaire, même s’il est évident qu’au PSG j’ai réduit l’intensité de mes discours à 60%, mais je réussis à transmettre en français grâce à ce que j’ai étudié étant petit à Fontarrabie et ce que j’ai appris pendant ces deux années. Toute ma communication avec l’équipe s’est faite en français, et je crois que nous nous sommes bien compris et que la langue n’a pas été une barrière dans ce processus.

Le fait de jouer tous les 3 jours ne facilite pas le processus de perfectionnement des équipes.

Nous sommes passés des cycles d’entraînements servant de préparation aux matchs, à des cycles où les matchs se succèdent. D’un autre côté, une semaine pleine de travail me paraît presque trop longue à présent, mais j’essaye d’en profiter parce que cela te permet de progresser à travers les séances. Mais au plus haut niveau, c’est devenu une rareté, on va de match en match. Cela réduit ton travail à l’analyse des matchs et au visionnage des vidéos avec les joueurs. A ce niveau tu ne peux presque pas travailler des situations de matchs à l’entraînement. Tu n’as pas le temps. Mieux vaut préparer une petite vidéo avec l’action précise que tu as en tête, et les joueurs, qui en général sont intelligents, peuvent saisir l’idée en 5 minutes. J’ai toujours privilégié le type de séquences suivantes : travail sur le terrain, puis travail de vidéo, répétition générale et match. Cette séquence se réduit désormais à seulement deux étapes : travail de vidéos et match.

Ce changement méthodologique inclut également les phases arrêtées.

Oui. Habituellement je travaillais les coups de pied arrêtés une demi-heure le vendredi et une demi-heure le samedi, mais à présent cela se limite à 5-10 minutes durant la causerie d’avant-match à l’hôtel, ce qui réduit considérablement l’éventail des possibilités. Tu te retrouves à disposer d’un nombre plus limité d’actions sur phases arrêtée destinées à surprendre l’adversaire. Même si parfois tu as des surprises. J’ai toujours eu 3 normes sur phase arrêtée : la jouer vite avant que l’adversaire ne s’organise ; la jouer court (à la rémoise) afin de déplacer l’adversaire et créer des espaces ; la jouer direct à partir de combinaisons définies. J’ai toujours travaillé ces 3 principes. Mais il se trouve qu’en début de saison, Neymar venait d’arriver et nous n’avions pas encore eu l’occasion de travailler ces actions avec celui qui allait être notre tireur. Premier match au Parc contre Toulouse, corner, Neymar la joue vite et Kurzawa marque. Nous ne l’avions pas du tout travaillé avec lui. C’est ce que j’ai dit par la suite à Neymar : « Tout mon travail est réduit à tes coups de génie ».

Question sur le modèle de jeu (la longue digression initiale a été supprimée pour ne garder que la fin de la réponse)

Etre compétitif, c’est s’adapter à la réalité de l’adversaire. Parfois, tu gagnes parce que tu utilises mieux le ballon et parfois tu dois t’adapter et renoncer à l’avoir. C’est pourquoi je suis autant admiratif de Guardiola et de Simeone. Parce qu’ils sont très compétitifs, dans des styles opposés. Bien sûr, je suis arrivé au PSG et je le savais : c’est une équipe de possession, qui aime avoir le ballon, qui cherche à toujours marquer. Je suis arrivé avec une idée de continuité. Laisse-moi te dire ceci : le PSG a bien joué et a gagné. Il se peut que les gens ne le valorisent pas assez et estiment que c’est très facile. Qu’est-ce qui nous est arrivé ? Il nous a manqué un peu de compétitivité dans les moments importants. Pourquoi ? Parce que cette équipe n’a pas dans son championnat des matchs qui t’habituent à souffrir. Etre compétitif, c’est savoir souffrir. Souffrir comme le font les équipes de Simeone pour gagner. Souffrir comme souffre Pep pour gagner en Angleterre.

Mon équipe a deux principes de base : nous voulons être une équipe de possession et de pressing. C’est la base. Avoir le ballon et le récupérer le plus vite possible. Je nuance : je parle de jeu de possession et non de position parce qu’il existe des moments où tu peux gagner à travers le jeu de position, il y en a d’autres où tu as besoins de beaucoup de permutations pour surprendre l’adversaire. Après bien sûr, comme le dit Guardiola, s’il faut gagner avec un dégagement long du gardien vers l’attaquant et que celui-ci marque un but avec le cul, très bien. On travaille cela aussi, évidemment.

Parlons de la position de sentinelle, qui est le miroir d’une équipe. Est-ce que ce poste a été un point faible du PSG cette saison ? Je dis cela parce qu’ont alterné à ce poste Motta, Lo Celso, Rabiot, Verratti, Lass…

Cela dépend… Je me souviens que lorsque j’analysais le Real, je pensais que Xabi Alonso souffrait lorsqu’il fallait courir vers son but et donc qu’il fallait attaquer ce point faible. Quand j’analyse le Barça et je vois Busquets, je pense aussi que Sergio souffre dans son dos. Si je vois Thiago Motta, c’est également le cas… Tous les grands n°6 positionnels souffrent lorsqu’il s’agit de courir vers leur but. Mais tu es une équipe qui a le ballon 70% du temps et cela est plus important que de savoir si tu souffres quand tu cours vers ton but. Savoir ce que tu fais vers le but adverse est plus important ! C’est toi qui domines les matchs. C’est pour cela que le rendement de ton n°6 dans les phases où tu n’as pas le ballon est moins important, parce que ce sont des phases qui durent moins de temps. Si je mets en n°6 un joueur destructeur, cela m’enlève beaucoup plus en phase de construction que cela ne m’apporte en phase défensive. Bien sûr, il faut faire en sorte que Thiago Motta soit meilleur dans les phases sans ballon, ok. Mais si tu analyses Xabi Alonso et Sergio Busquets, tu fais exactement le même constat. Bien sûr qu’ils souffrent sur ces phases-là, mais ils apportent tellement avec le ballon. Je ne crois pas que ce poste ait été un point faible du PSG. Motta est un n°6 magnifique. Son problème cette année, cela aura été les blessures. Motta apporte beaucoup à l’équipe, sa contribution avec ballon est énorme. Il a du mal à courir vers son but ? Oui, mais deux champions d’Europe comme Xabi et Busquets ont les mêmes caractéristiques que Motta. Je ne pense pas que le problème du PSG ait été le problème du n°6.

Parlons de Rabiot. C’est un 8, mais qui est plus à l’aise pour jouer 6 que 10. Même s’il reste davantage un 8 qu’un 6. Quand tu veux jouer avec un 6, un 8 et un 10 fixes, Rabiot se retrouve avec une difficulté : il a besoin de courir, courir, courir, et non de jouer de façon statique dans une position fixe, et encore moins quand il s’agit de se retrouver dos au jeu. Rabiot n’aime pas vraiment jouer n°6, il préfère jouer 8, mais moi je préfère qu’il joue 6. C’est pour cela qu’après l’élimination face au Real, je lui ai dit qu’il jouerait 6. Parce qu’à ce poste, il peut se retrouver face au jeu, avec un rayon d’action large, permuter avec Verratti. C’est dans ces conditions qu’il est le plus compétitif. Avec certains joueurs, tu ne peux pas imposer une idée stricte, tu dois t’adapter à leurs caractéristiques afin de gagner en compétitivité individuelle et collective. Lass ? Il est arrivé fin janvier, après avoir joué 6 mois à un niveau très bas et il avait besoin de temps pour retrouver le haut niveau.

Pep me disait l’année dernière quelque chose de fondamental : pour gagner la Ligue des Champions, le Barça a dû vivre deux moments cruciaux de son histoire : le but de Bakero face à Kaiserslautern (NDLR : en 1991, but qui évite l'élimination en C1, le Barça gagne la coupe quelques mois plus tard) et le but d’Iniesta contre Chelsea. Il manque ce but au PSG ! Cela aurait pu être l’année dernière quand nous avons perdu 6-1 face au Barça, peut-être que c’était le moment de rompre ce plafond et passer le cap. Ou bien cette année face au Real, quand tu en as l’opportunité. Il manque au PSG ce match, ce moment fondateur. Avoir son « but de Bakero ». Même en étant inférieur, même s’il ne le mérite pas. Mais « pum » ! Tu marques ce but et ton destin change.

Pour devenir de grandes équipes, tous doivent passer par des moments comme ceux-là. La seule équipe qui n’en a pas besoin, parce qu’elle en a connu suffisamment par le passé, c’est le Real. Cette année, nous avons connu ce moment où tout pouvait basculer. C’était au Bernabeu. Le Real souffrait. On voyait qu’il souffrait. On en avait parlé avant le match, « pour perdre, le Real doit souffrir ». Notre objectif, c’était de faire en sorte qu’ils souffrent et qu’ils ne puissent pas sortir vivant de ce moment. Leur porter le coup fatal au moment où ils étaient le plus en difficulté. Nous en avons eu l’occasion en seconde mi-temps, à 1-1. A ce moment, j’étais très tranquille, parce que la victoire nous semblait à portée de main. Et pourtant, on en avait parlé avant, attention aux débuts et aux fins de mi-temps avec le Real, c’est toujours le moment qu’ils saisissent pour se refaire. Et sur ce match, il s’est donc passé tout ce que l’on ne voulait pas. Fin de la 1ère mi-temps, on concède un penalty et ils égalisent. Deuxième mi-temps, on ne concrétise pas notre temps fort. Fin du match, ils prennent l’avantage et doublent la mise. Nous n’avons pas su en finir quand nous le pouvions et nous n’avons pas su souffrir quand nous le devions. S’ils te mettent le but du 2-1, il faut pouvoir souffrir jusqu’au bout, s’accrocher, les doigts agrippés à la table, souffrir, souffrir encore, résister et faire en sorte que surtout le score en reste là.

Bien sûr, le match retour, c’est une autre histoire parce que le Real est arrivé au Parc dans des conditions très favorables. Nous avions besoin que le match devienne fou, mais nous n’y sommes pas arrivés. Peut-être parce que j’ai aligné des joueurs de contrôle, à la place de joueurs pour accélérer le rythme. Là je n’ai pas eu le contrôle de l’équipe. J’ai mis des joueurs pour contrôler les moments de tension, mais le match demandait autre chose. Dès la 15ème minute, j’ai dit à Carcedo, mon adjoint, que ça ne le ferait pas. Pour ce match face au Real, on avait besoin de la folie du match face au Barça de l’an dernier : il fallait tout casser. Et que dans cette folie, que le Real prenne peur. Nous avons réussi à l’obtenir par moment au Bernabeu, mais pas au retour.

Dans ces deux grandes éliminatoires face au Barça et au Real, il manque 5, 6, 8 minutes au PSG…

C’est cela. Les dernières minutes. Le PSG a besoin de casser ce plafond, de rompre cette barrière, cette frontière psychologique, mais il n’est pas préparé à cela. Pourquoi Verratti a été expulsé ? A cause de la frustration émotionnelle qu’il ressentait. Parce que c’est difficile de résister à ce type de frustrations. Il faut s’habituer à vivre avec, à jouer avec et à la dépasser. Probablement que cela ne se serait pas produit avec un joueur du Real ou du Barça. C’est quand on aura dépassé ce stade qu’on aura fait le saut de qualité. Avoir ce but de Bakero ou ce but d’Iniesta. Pourquoi je fais rentrer Pastore à 0-1 au retour ? Parce que Pastore est un joueur désinhibé, qui va te tenter un petit pont sans se soucier des risques s’il perd la balle. C’est un joueur de moments, qui pouvait aider à changer la dynamique dans laquelle nous étions.

Le PSG a besoin de vivre ce processus. En recrutant Neymar et Mbappé, nous nous sommes mis une pression immense parce que désormais, nous sommes identifiés comme l’équipe de l’argent. D’accord, mais le Real a fait la même chose sur une décennie, en achetant Cristiano, Bale, Marcelo, Kroos, Modric… Des joueurs faits et confirmés. Et ils ont Zidane, qui est le meilleur entraîneur que puisse avoir le Real. Peut-être que pour d’autres équipes, Zidane ne serait pas l’entraîneur idoine, mais pour le Real c’est le meilleur et il le montre. Peut-il s’améliorer ? Sans doute que oui, mais il sait gérer ce groupe et garde les joueurs heureux.

Les joueurs l’ont expliqué : Zidane est le meilleur entraîneur pour eux parce qu’il les comprend, ils sont tous heureux avec lui et ils savent que dans les moments-clés ils ne peuvent pas le décevoir. Est-ce qu’ils peuvent être meilleurs ? Oui, parce qu’ils ne sont pas toujours constants. Mais Zidane sait ce dont a besoin ce groupe de joueurs et fait tout le nécessaire pour qu’ils soient à l’aise. Etre à l’aise fait que parfois tu te relâches, et tu en payes le prix en championnat, par exemple. Mais cela te donne l’intensité qu’il faut en Ligue des Champions. Nous avons eu l’opportunité de rompre leur dynamique et de défaire leur construction, mais nous n’y sommes pas parvenus.

Entraîner le Real, le Barça ou un autre grand club est très compliqué, c’est un art de l’équilibre. L’équilibre entre faire en sorte que les joueurs soient heureux et dans le même temps, exiger d’eux le maximum. C’est pour cela que le travail que fait un Zidane est si difficile. Et c’est pour cela que le travail de Guardiola et de Simeone est si admirable. Pour moi, ce sont les deux meilleurs dans le domaine. Ce qu’a fait Pep en Allemagne, en s’adaptant à ses joueurs, fut immense, admirable. Est-ce que je peux atteindre ce niveau ? Je n’y suis pas encore. Il me manque encore des choses. Je pense que je peux essayer de l’atteindre, mais il me manque encore beaucoup.

La première chose que j’ai faite cette saison fut de définir quelle était la priorité. Et elle était la suivante : je dois faire en sorte que Neymar soit heureux. C’est la première des choses. L’avoir heureux. Peu importe comment. J’ai eu de nombreuses discussions avec Neymar à ce sujet. Certaines n’ont pas donné de résultat, mais d’autres furent très fructueuses. Lors de l’une d’entre elles, nous avons parlé pendant 45 minutes, à cœur ouvert. Ce fut un moment magnifique. Il m’a écouté et j’ai pu le convaincre de certaines choses. Mais c’est un processus, celui qui doit l’amener à être le meilleur.

Il y a un an, lors d’une discussion avec Xabi Alonso, nous avions évoqué cette fameuse vidéo du repas entre Draxler, Matuidi, Meunier et Verratti avant le retour au Camp Nou. Dans cette vidéo, on pouvait ressentir toute la peur qu’éprouvaient les joueurs. C’est cette carence émotionnelle que doit vaincre le PSG ? On pense aussi aux déclarations de Thiago Silva, disant qu’il n’y a que les prières pour permettre d’arrêter Messi.

Dans les matchs importants, l’équipe doit encore faire ce pas supplémentaire. Comme je l’ai dit, il lui manque ce but de Bakero, ce but d’Iniesta. Avoir un effectif de grands joueurs, expérimentés, et rompre cette barrière. Quand est-ce que cela arrivera ? Je pense que c’est un projet solide, tant sur le plan économique que sur la qualité des joueurs, et qui s’appuie sur une grande région de sport. De quoi a-t-on besoin ? De patience et d’expérience. Mon objectif était d’accélérer ce processus. Je voulais voir si j’étais capable, après 3 victoires en Europa League, d’accélérer ce processus et de faire ce pas supplémentaire. Nous n’y sommes pas parvenus. Il nous manque encore des choses. Il faut savoir être grand dans les grands matchs.

En tant que joueur, j’ai ressenti la peur sur le terrain, la peur de jouer. Et parfois, en L1, on peut pêcher en ayant le sentiment d’être dans un trop grand confort. Ce qui est mauvais pour chaque joueur, parce que cela te fait stagner. J’ai essayé de lutter contre ce confort en risquant beaucoup, en multipliant les discussions, en agitant le vestiaire. Mais cette agitation, comme je n’ai jamais gagné la Ligue des Champions, m’a parfois été préjudiciable. J’essaye de faire en sorte qu’il se passe le plus de choses possibles dans les matchs, que l’équipe ne soit pas placide et indolente dans l’attente d’un coup de génie de Neymar, Cavani ou Mbappé. Je n’aime pas cette idée qu’il doit se passer le moins de choses possibles dans un match, qu’il n’y ait aucun risque et que ce soit simplement les grands joueurs qui te le résolvent. Cela va à l’opposé de mon idée de jeu. Je ne veux pas gagner de cette façon. Bien sûr que cela sert également pour gagner, mais ce n’est pas ce que je cherche. C’est pour cela que j’admire Guardiola, parce qu’il tente des choses, il crée des choses. C’est ce que j’aime : essayer de générer de l’action.

Il y a deux façons de voir le football : de façon agressive ou passive. Tu vas récupérer le ballon ou tu attends. J’ai toujours considéré que les systèmes en 4-4-2, qui sont de nouveau à la mode en Espagne, sont les meilleurs pour éviter que l’adversaire ne casse tes lignes. Parce qu’il doit en passer trois. Les équipes de Marcelino sont bonnes parce qu’elles le font très bien, c’est très difficile de dépasser chacune de leurs trois lignes. Ses équipes cherchent à récupérer pour contre-attaquer, avec l’appui des deux pointes et des deux milieux extérieurs. Positionnement défensif et contre-attaques.

Avec Guardiola et la sélection espagnole, un nouveau style s’est développé, celui de la possession à outrance, mais ce style est aujourd’hui en recul en Espagne, parce que lorsque la qualité des joueurs diminue, il est plus facilement contrable, et le 4-4-2 est fait pour cela. Par goût, je préfère le Barça d’avant, celui de Guardiola, mais l’actuel est très bon aussi, avec le concept de Luis Enrique qu’a repris et amplifié Valverde avec son 4-4-2. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles Neymar quitte le Barça, parce que le jeu est tourné entièrement vers Messi et que Neymar se retrouvait à devoir travailler dans son couloir.

Ce que j’aime, c’est aller chercher l’adversaire. C’est une idée plus agressive qui dans le même temps t’expose davantage. Le style Bielsa, le style Guardiola. Quand je perds le ballon, je veux le récupérer le plus vite possible. Partout où se trouve le ballon, mon équipe doit être positionnée pour presser et le récupérer. Si le jeu est arrêté, chacun à sa position. Si le ballon est en mouvement, on va presser, bien sûr dans le cadre d’une structure tactique. Ce sont mes deux lectures sur le plan défensif. Le ballon est en jeu, pression. Le ballon est arrêté, position. Pour moi, le 4-1-4-1 est le système qui facilite le plus ce type de pressing. Le 4-4-2 est davantage fait pour un positionnement en zone, moins agressif mais peut-être plus difficile à déborder. C’est le cas des équipes de Marcelino, de Quique Sanchez Flores, de Saint-Etienne l’autre jour…

Je n’écarte pas le 4-4-2. Ce n’est pas l’idée que je privilégie, mais s’il me permet d’être plus compétitif, j’y ai recours sans hésiter. On l’a parfois utilisé à Séville. Je plaçais Banega dans cette position de meneur et de 2ème attaquant sans ballon. Avec deux joueurs forts physiquement dans son dos, cela me donnait la cohésion nécessaire pour presser. Dans mon cas, l’idée n’est pas de le récupérer pour partir à toute vitesse en contre, mais pour me ré-armer à partir de la possession du ballon. Ce que faisait le Barça de Guardiola à merveille. Nous essayions de leur enlever le ballon, mais ces salauds te le récupéraient à chaque fois. Et Pep le fait à nouveau à City : pression vers l’avant et récupération pour recommencer une nouvelle possession.

Le PSG a eu une idée de jeu qu’on n’estime pas toujours à sa juste valeur. L’autre jour, contre Metz nous avons marqué un but fantastique. Nous étions dans nos 16m, pressés par l’adversaire, Verratti joue avec le gardien et nous réussissons à sortir de ce pressing, en combinant, en progressant par la passe, pam, pam, pam et but. Quand c’est le City de Guardiola qui le fait, cela fait le tour du monde. Au PSG on ne donne pas la même valeur à ce type d’actions, peut-être parce que nous sommes en France et que les répercussions ne sont pas les mêmes. Et je crois que cela influe également sur les joueurs, qui en viennent à moins croire en eux, ce qui n’aide pas à rivaliser. Ils savent que ce sont de bons joueurs parce qu’ils se sentent à l’aise, mais quand le confort disparaît et que l’heure de vérité arrive, ils ne sont pas assez préparés pour souffrir. Le PSG doit rompre cette dynamique-là.

Et maintenant, quels sont vos plans pour le futur, au-delà de la finale de la Coupe de France qui arrive ?

Bon, cela fait 3 jours que nous avons pris la décision avec le club de ne pas continuer et je commence à recevoir des coups de fil. J’aime la compétition et au-delà de ça, je me sens responsable envers mon staff : cela me paraît difficile de m’arrêter une saison que ce soit pour récupérer des forces ou attendre un banc prestigieux. Je ne peux pas l’écarter mais cela me semble difficile de prendre une année sabbatique. M’arrêter un an ? Bluff, j’ai du mal à m’y voir. Ce que j’aime, c’est entraîner. Luis Aragones n’arrêtait jamais. Il allait et venait, mais ne s’arrêtait jamais. Certains entraîneurs considèrent au contraire avoir acquis un certain statut et ne souhaitent pas en changer, même si cela signifie ne pas entraîner pendant un ou deux ans. J’aurais beaucoup de mal à agir de la sorte, je veux entraîner. On me dit que j’ai un statut important, que je ferais mieux de faire une pause et d’attendre un banc qui corresponde à mon statut supposé. Je le comprends, c’est un raisonnement logique, mais dans mon for intérieur, je ressens le besoin d’avoir un banc.

Quand vous dites que vous n’écartez rien, vous n’écartez pas non plus des propositions qui vous feraient descendre d’un échelon par rapport au PSG ou bien, en quittant ce club, vous souhaitez continuer au très haut niveau ?

Je veux écouter toutes les propositions, et je les évaluerai selon trois critères. Le 1er, c’est le sportif : dans la mesure du possible, je souhaite continuer à disputer la Ligue des Champions ou l’Europa League, tout en ayant la possibilité de faire quelque chose en championnat. En clair, avoir un projet sportif compétitif. Le 2ème, c’est la qualité de vie, et le 3ème, c’est le facteur économique. Avec deux critères remplis sur trois, je peux accepter un projet. Avec les trois, c’est évidemment plus facile, et avec un seul des trois, plus difficile.

Que manque-t-il à Emery en tant qu’entraîneur ?

J’ai 46 ans, je dois continuer ma progression et mon chemin. Je suis également en plein processus de formation et de maturation. Je suis très porté sur l’auto-critique. Je dois encore poursuivre mon chemin. Faire en sorte de mieux gérer les mauvais moments, les défaites. Je gesticule moins au PSG, c’est vrai, mais demain je veux à nouveau gesticuler, être davantage moi-même, transmettre davantage. Quand je vois Pep et Cholo, ils gesticulent et cela me plaît. A l’époque, Jorge Valdano et Del Bosque m’ont critiqué pour cela. Ils m’en ont parlé. J’ai été plus mesuré au PSG parce que j’ai compris que c’était davantage convenable. Et bien sûr, parce qu’au PSG, gagner est la norme, ce qui fait que tu te relâches davantage. Je dois continuer à approfondir mes idées de jeu. J’aime étudier la tactique. Rechercher des voies pour que l’équipe joue mieux. Que l’on parvienne à jouer avec moins de freins, moins de peur. Je pense qu’au PSG certains joueurs ont progressé avec moi, je pense à Kimpembe et Rabiot. Même si les gens ne le valorisent peut-être pas, je pense avoir fait du bon travail au PSG, même s’il est évident que le Barça nous a tués.

Notre trajectoire à tous est un processus, fait de moments positifs, les titres accumulés en championnat et en coupes et le jeu de l’équipe, et d’autres, négatifs, comme les revers européens contre le Barça et le Real. Je me sens comme un entraîneur encore en construction. Parce que je vis également ce processus de maturation, d’erreurs, de corrections. Ce que j’ai appris, c’est qu’il faut être prêt à utiliser tous les moyens pour que rien ne freine son projet. Personne n’est parfait, et il n’est pas toujours nécessaire d’avancer en se tournant vers l’avant. On doit aussi avancer en se retournant, en apprenant et en corrigeant. Parfois, il faut savoir faire comme Guardiola quand il s’est débarrassé de Deco, Ronaldinho et d’Ibrahimovic. Oui mais après, Zlatan et son agent sont en conflit avec Pep ? D’accord, mais il s’en est débarrassé et dans le même temps il s’est débarrassé des freins pour construire sa grande œuvre. Pep est un entraîneur qui construit des œuvres. Ce qui me manque à moi ? Que mes œuvres soient davantage des œuvres. Et soient davantage mes œuvres. »

NB : Propos recueillis par Marti Perarnau pour Tactical Room. Nous publions cette version presque complète de façon exceptionnelle car non-disponible en français. Le magazine est disponible au format électronique sur le site de l'auteur, un achat que nous vous conseillons pour avoir notamment accès à la version complète de l'entretien.


Source : Culture PSG

#160 Yan Le Flan

Yan Le Flan

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  • 4 069 messages

Posté 06 mai 2018 - 12:04

Si certains ont SFR Sport, Emery est dans l'Emission de Riolo, "Transversalles".
 







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