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Tripy Makonda va faire parler de lui

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Tripy Makonda va faire parler de lui

Publié le 20 Août 2008 à 19h44 par gegennecrew
Il est de la génération 1990, celle des Sakho, Partouche et compagnie. A seulement 18 ans, Tripy Makonda a déjà été retenu dans le groupe des pros. C'était le 6 mai à Amiens, en demi-finale de Coupe de France (0-1). Au Stade de la Licorne, Tripy s'est échauffé... avant de se rassoir sur le banc. Retenez bien son nom car d'ici quelques mois, l'international "moins de 18 ans" devrait refaire parler de lui. Le Foot Paris vous le présente avant tout le monde.
"J'ai vécu Porte de Saint-Cloud, au dessus du Mac Do". Tripy Makonda annonce la couleur. Longtemps voisin du Parc des Princes, il a grandi au rythme du PSG et des matches de son équipe préférée. "Quand je n'allais pas au Parc, j'ouvrais ma fenêtre pour entendre les supporters chanter. Sans regarder le match à la télé, je savais ce qu'il se passait en écoutant le public, je pouvais dire quand il y avait un but, une erreur de l'arbitre, une occasion manquée..." Ses parents sont d'origine zaïroise mais Tripy est né à Ivry-sur-Seine (94).

A cinq ans, direction le XVIème arrondissement de Paris et le rond-point de Saint-Cloud. C'est là qu'il commence le foot, en débutant au "Nicolaïte de Paris", un club de la Mairie de Paris. Plutôt doué pour son âge, le jeune Tripy rejoint l'AC Boulogne Billancourt (ACBB) : "Ca restait à côté de chez moi mais le niveau y était meilleur". Il y fait ses classes de poussins jusqu'en benjamins 2ème année. Le milieu de terrain polyvalent intéresse le PSG, Lens et Toulouse. Mais c'est à Paris et nulle part ailleurs qu'il rêve d'évoluer. "Les recruteurs du PSG m'ont remarqué car on jouait souvent contre eux avec l'ACBB, d'ailleurs on perdait tout le temps ! J'ai quand même été convié à toutes les détections au camp des Loges. Quelques jours après, je reçois une lettre qui me dit que je suis pris, avec un dossier à remplir. Quand mes parents l'ont ouverte, ils étaient fiers et moi aussi"

Un peu tristes, aussi, de se "quitter" si tôt. Tripy n'a que 12 ans lorsqu'il rejoint le centre de préformation de Conflans (78). "C'était dur. J'étais à la fois près et loin de mes parents, de mes frères. Et au PSG, je ne connaissais personne à part Mamadou Sakho que j'affrontais souvent quand il jouait Paris FC". Au centre, le rythme de travail est dix fois plus intense. "J'étais en cinquième donc j'allais au collège et en plus on avait un entraînement par jour. Il a fallu s'accrocher". Christian Mas, son premier entraîneur au PSG va jouer un rôle central dans la progression du gamin. "Je me suis beaucoup confié à lui. Christian est comme un père pour moi, ça me tient à coeur de le remercier. Sans lui, à 14 ans j'avais décidé de tout arrêter".
Pourquoi ? Lors de sa deuxième saison, Tripy est surclassé en "14 ans fédéraux". Seulement il ne joue jamais : "J'avais des rapports conflictuels avec le coach François Gil. Je ne comprenais pas pourquoi on m'avait surclassé puisque je ne jouais pas. Franchement, là, j'en ai chié avant de me raviser car c'était dommage de tout laisser tomber".

Et comment ! Depuis, le Parisien n'a de cesse de gravir les échelons et cette année, il a véritablement explosé. 2007-2008, c'est un peu "la saison des premières" pour ce fan de Jay-Jay Okocha : "Je commence en 18 ans, je joue la deuxième partie de saison en CFA, je m'entraîne avec les pros, je suis convoqué en équipe de France (Tournoi de Slovaquie), je suis retenu par Paul Le Guen contre Amiens..." De son premier entraînement en pros, le joueur en retient... des courbatures ! "Un matin, on me dit d'aller m'entraîner avec les pros car le coach avait besoin d'un gaucher. J'étais super content mais par contre, qu'est ce que j'étais à la ramasse physiquement !" (Sourires)

"A Amiens, j'avais le 13, c'est mon numéro fétiche, j'espère qu'il me portera bonheur"


Cela n'a pas empêché Paul Le Guen de revenir vers lui. Et de le convoquer à nouveau. Mais pour un match, cette fois : "Le dimanche après mon retour de sélection, on jouait contre Bayonne avec la CFA au camp des Loges. A la fin du match, Paul Le Guen vient me voir et me dit : 'Demain matin tu viens t'entraîner avec nous et après tu pars avec nous à Amiens'. J'étais trop content, c'était la récompense un peu de ma saison où j'avais bossé dur." Première mise au vert... forcément : "Heureusement, les pros ont oublié mon bizutage. Sinon c'était sympa, on avait des chambres individuelles, je suis resté tout seul mais je n'ai pas arrêté d'appeler mes proches pour leur faire partager mon bonheur. Je leur disais pour rigoler : 'Devine où je suis ?' Avec les pros !. J'étais excité, j'ai eu du mal à trouver le sommeil..."

Le lendemain, encore une bonne surprise : "Je suis sur le banc ! Je suis même parti m'échauffer, j'ai goûté un peu la pelouse d'Amiens mais je ne suis pas déçu de ne pas être rentré, la victoire de l'équipe suffit à mon bonheur. En arriver là pour un gamin de mon âge, c'est déjà grand !". Son maillot attend un cadre : "Je veux l'accrocher au mur de ma chambre. J'avais le numéro 13, c'est mon numéro fétiche et j'espère qu'il me portera bonheur". D'apprenti footballeur, il vient de passer "stagiaire" pour deux ans. Et ensuite ? "Mon rêve, c'est de signer pro ici mais je dois m'accrocher, travailler toujours plus. Cette saison, je veux m'imposer en CFA et après on verra". Paroles de sage pour un jeune homme posé : "Je crois que ma principale qualité, c'est d'être patient". Et sur le terrain : "On dit souvent que j'ai une grosse puissance mais je dois progresser dans la régularité et la concentration". Maintenant que l'on se connaît davantage, on aimerait connaître son petit nom. : "Tripy, c'est déjà original, pas besoin d'un surnom ! C'est mon frère, qui avait quatre ans quand je suis né, qui a dit à mes parents de m'appeler 'Tripy'. Alors que mes frères, eux s'appellent Aurélien, Wilfried... des noms normaux !" En première STG - dans la même classe que Maxime Partouche - il vient de passer son bac de français. Un peu pour faire plaisir à ses parents... "Les parents me disent de continuer l'école au cas où. C'est difficile, on dit que c'est une question d'organisation mais quand tu as les études le matin et le soir, que tu sors de l'entraînement, tu es fatigué, ce n'est pas évident de te concentrer. Mais avec Maxime (Partouche), on se soutient". Pas de vacances, donc, pour le joueur qui vient d'obtenir son code - "J'ai fait cinq fautes" (sourires) - et prend des leçons de conduite. De bon augure car au PSG l'an prochain, il compte bien passer la seconde.


Propos recueillis par Emilie Pilet
Interview parue dans "Le Foot Paris" (n°47, juillet 2008).

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