Conscient que le Paris Saint-Germain a perdu trop de points lors de sa « crise » en fin d'année 2002, le gardien titulaire parisien Lionel Letizi sait qu‘« il ne faut plus laisser filer des points en route » si le club trentenaire veut encore figurer dans une compétition européenne la saison prochaine. Pour lui le « mieux » que pourrait atteindre le groupe est de « terminer troisième et de gagner la coupe de France »...
Lionel, avant d'attaquer cet entretien, comment va le groupe ?
Lionel Letizi : « Nous avions pris une petite claque avec cette défaite face à Montpellier, mais depuis nous avons renoué avec le succès face à Laval. Donc tout va bien, l'important c'était de passer ce tour. »
Comment imagines-tu ce match face à Guingamp ?
LL : « Ça va être dur car eux aussi ont besoin de points. Mais de toute façon, plus le championnat avance et plus cela va devenir difficile. Entre ceux qui vont se battre pour se maintenir, ceux qui jouent l'Europe et enfin ceux qui jouent le titre, rien ne sera simple. »
Après un bon mois de janvier, il a fallu malheureusement que vous passiez à côté du match face à Montpellier. Ce doit être rageant, non ?
LL : « Nous avons réalisé un bon mois de janvier, notre seul mauvais match depuis la trêve a eu lieu face à Montpellier. Auparavant, face à Nantes en coupe de la Ligue (défaite 3-2 au Parc le 8 décembre, nda) ou en championnat, à Monaco (défaite 3-1à Monaco, le 30 novembre, nda), nous étions aussi passés à côté. Malheureusement, face à Montpellier, c'est arrivé au mauvais moment. Et s'il y a peu de points qui nous séparent du haut du tableau, il y a en revanche beaucoup de formations. Ça explique que lorsque tu gagnes un match, tu passes aujourd'hui de la huitième à la septième place. »
Alors la stratégie maintenant, c'est quoi ?
LL : « Il faut ne plus se poser de questions. On verra bien à la fin de la saison. Je considère que pour le titre c'est fini. Le mieux serait de terminer troisième et de gagner la coupe de France. Il ne faut plus laisser filer des points en route. On n'a guère plus le choix, c'est bien ça le drame ! »
La chance dans votre malheur, c'est que vos concurrents directs pour une qualification européenne ne se détachent pas.
LL : « Il est vrai que ça nous arrange qu'il n'y ait pas d'équipe qui survole le championnat. Malgré notre parcours en dents de scie, nous restons à portée des premiers, c'est déjà ça. Comme en janvier, il faut prendre match après match. Cette fois encore, on repart de zéro. »
Mais tout de même, lorsque l'on repense à ces mois de novembre et décembre, il est difficile de ne pas être amer...
LL : « Il fallait resserrer les boulons tout de suite dès que ça a commencé à mal tourner au mois novembre. C'est ce que nous n'avons pas su faire, et je ne me l'explique pas. Nous nous sommes effondrés sans réaction, la faute à tout le monde, dirigeants, entraîneurs et joueurs. Cette crise a été mal gérée. »
La bouée de sauvetage peut-être alors la coupe de France...
LL : « Je reste persuadé que c'est le chemin le plus court pour devenir européen. Mais il faut de l'ambition et de l'amour propre pour accrocher une place dans les cinq premiers. Si nous n'y arrivions pas, si nous terminions dixième, je serai hyper déçu, ce serait une remise en cause totale mais également personnelle. »
Tu es toujours aussi exigeant avec toi-même, pourtant tu n'es pas le plus critiquable...
LL : « Je suis régulier. Je ne connais pas de pic fort ou de grand passage à vide. Ma satisfaction, c'est que la saison dernière nous n'avons encaissé que 24 buts. A Strasbourg, je fais deux arrêts qui permettent de ramener trois points. Mais ça n'est pas toujours ainsi. Je suis exigeant avec moi-même car je suis lucide. Je ne me suis jamais vu plus beau que je ne suis. »
Propos recueillis par José Carlin (PSG.fr)