Soupçonné de « tirer les ficelles » en coulisse du Paris Saint Germain, et grand artisan du futur remplacement de Laurent Perpère par Francis Graille à la tête du club de la capitale, Michel Denisot, lui-même ancien président du PSG, a tenté d'expliquer dans les colonnes du Parisien sa version des faits. Il revient également sur les déclarations de Charles Talar, et précise que la nomination de Francis Graille est définitive...
De quelle façon avez-vous participé à l'arrivée de Francis Graille au PSG ?
Bertrand Méheut, patron du groupe Canal, dont le PSG est une filiale qui perd 230 millions d'euros, a exclu la vente du PSG. Il y a un peu plus de quinze jours, il a réuni une cellule de réflexion. Il m'a demandé de réfléchir à un changement de management. Ce qui me paraît tout à fait légitime. Dans n'importe quel groupe au monde, quand une filiale perd autant d'argent, on pense à changer le management. Mon rôle commence là.
Si la décision de virer Laurent Perpère avait été prise, pourquoi a-t-il ensuite reçu quitus de son projet de relance lors du dernier conseil d'administration ?
Je n'en sais rien. Je ne suis pas là pour faire tourner les tables. Je travaille dans une entreprise et mon PDG me demande d'avoir des idées. J'ai donné à Bertrand Méheut des noms de personnes qui pouvaient diriger le club. C'est tout. Je ne suis pas un comploteur ! Si je voulais être président du PSG, je le serais depuis longtemps. Je ne veux pas y retourner ! Tout le monde voit la main de Denisot mais c'est pour masquer l'absence de résultats. Le problème du PSG, ce n'est pas moi. Le vrai problème, c'est ce qui se passe depuis cinq ans. J'ai rendu le club avec un palmarès et de l'argent dans la caisse. Tout ça, c'est de la parano de gens qui sont impuissants. Fichez-moi la paix avec tout ça !
Depuis trois semaines, vous saviez pourtant que Laurent Perpère allait être débarqué...
Ce n'est pas de mon fait. J'ai répondu à des questions posées par Bertrand Méheut. Après, c'est lui qui a pris les décisions finales.
Aviez-vous connaissance d'un autre projet de reprise présenté par Luc Dayan, un proche de Charles Biétry ?
Non. Dans les réunions auxquelles j'ai participé, il n'a été question d'aucun autre projet.
Qu'est-ce qui a motivé le choix de Francis Graille ?
Son parcours à Lille. Quand il est reparti de là-bas, les caisses du club étaient bien garnies et il a fait lui-même une bonne opération. Je l'ai contacté et tout s'est enchaîné très vite.
Pourquoi les autres actionnaires du PSG n'ont-ils pas été informés ?
Je ne suis ni juriste ni financier. Le club appartient à 90,8 % à Canal +, les dettes sont assurées à 100 % par Canal +, donc je ne vois pas où est le problème. Le PSG a un propriétaire qui s'appelle Canal +, il n'y en a pas d'autre.
La nomination de Francis Graille est-elle irréversible ?
Oui, bien sur, l'arrivée de Francis Graille, c'est définitif.
Aviez-vous rencontré Vahid Halilhodzic en décembre 2002, alors qu'il était question de trouver un successeur à Luis Fernandez ?
Halilhodzic ? Je n'ai pas déjeuné avec Halilhodzic mais je suis allé à un déjeuner à Paris où se trouvait Halilhodzic. J'ai également récupéré son numéro de téléphone mais comme il m'arrive de le faire pour n'importe quel autre entraîneur de Ligue 1. J'ai aussi déjeuné avec Guy Roux et Alain Perrin il n'y a pas très longtemps ! Pour info, en décembre, j'ai dit à Xavier Couture qu'il fallait conserver Luis Fernandez jusqu'à la fin de la saison.