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Leclub PSG : Arno P-E : Le Guen président !

Publié le 03 Janvier 2006 à 14h01 par Arno P-E
Leclub  PSG : Arno P-E : Le Guen président !

Un intermittent du spectacle, PDG le jour, et président de club de cinq à sept a donc retourné sa veste. Être à un point de la seconde place n'était finalement pas suffisant. Il a décidé que stabilité rimait avec médiocrité. Et Fournier, lui, était sur le terrain. Être entraîneur du Paris Saint-Germain c'est tout faire pour que l'équipe arrive au coup d'envoi dans de bonnes conditions. S'il faut pour cela se taire et laisser un président forfait « soir et week-end » vous planter des coups de couteau dans le dos, alors Lolo l'a accepté. Pour le club.

Il fallait se battre pour Paris ? Mais qui l'avait fait auparavant ?

Mais tout de même, il y a quelques questions qui se posent... Par le passé, qu'a-t-il fait pour les Rouge et Bleu ? Qu'a-t-il fait ce président qui tout à coup entreprend de nous sauver d'un péril qu'il imaginait imminent ? Où était l'amoureux des déclarations intempestives, des révolutions de buche de Noël qui pense que ses joueurs méritent mieux, pendant que Fournier crachait ses poumons dans les vestiaires d'un Vélodrome puant ? Qu'a-t-il dit pour prendre la défense de son ex-coach, traîné ensuite dans la boue par des dirigeants excités ? Et plus généralement, quand ce président s'est-il battu pour le club de la Capitale auparavant ? Depuis trois semaines, il affirme croire le Paris SG dans une mauvaise passe. Il nous explique qu'il fallait le défendre... Mais où était-il dix années auparavant, ce Breton qui s'avoue publiquement supporter de Rennes, alors que Fournier portait le maillot Rouge et Bleu, et soulevait la Coupe d'Europe ? Que disait-il à la presse, pendant que Laurent se démenait pour le club aux côtés des Raì, Lama et Ginola ? Qui est sorti du terrain, l'œil hagard, les cheveux en bataille, et le maillot invariablement trempé de sueur ? Qui a déjà prouvé qu'il pouvait défendre nos couleurs ? Qu'il se battrait pour elles jusqu'au bout, sans hésiter ?

Manque d'expérience ? Mais qui a un palmarès ?

Seulement voilà, alors que tout le monde savait que l'ancien latéral droit du Paris Saint-Germain débutait sa carrière d'entraîneur, alors que le patron d'en dehors des heures de bureau disait ne pas s'en inquiéter en juin, il a soudain découvert l'eau tiède... Il paraît que Lolo n'avait pas assez d'expérience ! Mais au fond, qui est-il pour en juger ? Un président dont la carrière a consisté à engouffrer des millions à Rennes avant de balourder Le Guen sans avoir rien gagné. Un homme dont l'armoire à trophées est aussi vide que son bureau au Parc pendant la journée. Il donne des leçons à Fournier. Qui a soulevé la Coupe de France, et la Coupe de la Ligue ? Qui a été champion de France avec le Paris SG ? Qui s'est forgé l'un des plus beaux palmarès dans des clubs français ? S'il est un homme qui savait ce que gagner veut dire au PSG, s'il est un homme qui avait prouvé qu'il savait comment remporter des trophées et les ramener à Paris, fin décembre, mieux valait le chercher sur notre banc. Pas la peine de voyager jusqu'au siège d'une entreprise de transport pour interviewer un gagneur. Un footballeur baigné dans la culture tactique des plus grands. Un garçon qui aura passé des années à apprendre son futur métier auprès d'Artur Jorge. Fournier n'avait pas moins d'expérience que son patron. Mais Lolo au moins est toujours resté digne, et n'a jamais remis pas en cause le travail de l'autre. Lui a fait ce qu'il devait : il s'est tu et a travaillé pour son club.

Loin d'être mission accomplie... pour le président parisien !

Après une brillante non-déclaration sur Téléfoot avant la trêve, les choses ont donc basculé : aucune justification valable pour tous ces bâtons mis dans les roues de l'équipe depuis Rennes, et une éviction. Des élucubrations incohérentes, certes il y en eut, mais des explications, non : Sur les premiers matchs de la saison, l'équipe avait pris dix points sur douze possibles. Actuellement, elle est sur un rythme de croisière qui la conduira directement vers la huitième place. Oui, et si on veut faire pire, on peut même ne regarder que les matches que le Paris SG a perdu. Sur la lancée de ces matches-là, avec zéro point, Paris terminerait dernier. Quelle analyse présidentielle pertinente... Vivent les oeillères ! Pourquoi retirer les victoires du début de saison, si ce n'est parce qu'elles gênent les brillantes statistiques ? Ces rencontres, Fournier les a remportées. De quel droit ne les compte-t-on plus ? Voilà qui est faible pour expliquer une semaine de déstabilisation, instiguée par notre propre président, puis une séparation à un point de la Ligue des Champions.

Et que dire de certaines phrases, si ce n'est que le ridicule ne tue visiblement pas en direct : notre objectif est de terminer deuxième pour jouer la Ligue des Champions. L'année prochaine, ce n'est pas l'Intertoto que le PSG veut jouer et je veux être sur que tout le monde en a conscience et affiche les mêmes ambitions. Celui qui n'a jamais rien fait pour le Paris SG, celui qui n'a rien gagné voulait être certain que l'homme à la Coupe d'Europe rouge et bleu était conscient qu'ici il faut remporter des titres et se qualifier pour la Ligue des Champions. La bonne blague. Mais le meilleur pour la fin... Si Laurent Fournier sera toujours l'entraîneur du PSG à la reprise ? Je n'en sais rien. Venant d'un gars qui avoue désormais que sa décision était prise depuis Saint-Etienne, voilà qui a de la saveur. Il n'y avait de toutes manières que deux possibilités, après cette splendide campagne de communication : soit Fournier était viré, et notre demi-président trahissait l'un des footballeurs ayant donné les plus belles preuves de son amour pour la Capitale ; soit Fournier restait, et son patron de fin d'après-midi aurait perturbé l'ensemble du club pour rien du tout. Pour un homme qui prônait stabilité et calme en mai dernier, quoi qu'il arrive sa mission n'est pas vraiment accomplie.

Et si on changeait autre chose que l'entraîneur ?

Alors depuis mardi le Paris Saint-Germain a un nouvel entraîneur. Pendant que certains se demandent s'il faut regretter Fournier, une chose est sure. Lolo reste le premier à avoir donné son jubilé au public du Parc. Lyonnais d'origine, il aurait pu vouloir le Stade Gerband. Ancien Marseillais et Girondin, il aurait pu souhaiter retourner une dernière fois dans le sud. Non. Il se sera battu pour convaincre les sceptiques, ceux qui ne voulaient pas avancer l'argent pour organiser ses adieux, montrant qu'il pouvait remplir le Parc. Seul Paris l'intéressait. Il se sera battu pour préparer le chemin à Raì et à Guérin, qui jubileront après lui là où personne ne l'avait jamais fait. Il se sera battu pour améliorer le PSG, encore.

Pendant que certains se demanderont si Laurent ne pouvait pas faire mieux cette saison, d'autres se souviendront que les coups bas n'ont pas manqué depuis aout. Qui avait refusé d'adjoindre Vincent Guérin à Laurent Fournier l'été dernier ? Notre ancien coach disait avoir besoin de l'aide de son ami, pourquoi ne pas la lui accorder ? Dommage... Et merci patron ! Puis, qui avait fait la sourde oreille à la fin du marché des transferts ? Fournier demandait un autre milieu de terrain défensif, pourquoi ne pas l'écouter si on voulait un Paris au top ? Laurent n'aurait pas été forcé de faire jouer Armand au milieu, si on l'avait aidé, comme c'est la mission normale d'un vrai président.

Pendant que le destin d'un coach se jouait, entre la dinde et la buche au chocolat, il aurait peut-être fallu remettre en cause le seul qui n'a prouvé ni son amour, ni sa volonté de gagner, de s'investir autrement que deux heures par jour, ni rien... Oui, à la réflexion, peut-être est-ce d'un vrai président dont le Paris Saint-Germain aurait besoin.

Il paraît que Le Guen est libre...

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