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Actualite PSG : Laurent Perpère parle de l'évolution du foot...

Publié le 22 Février 2002 à 20h14 par Webmaster
Actualite  PSG : Laurent Perpère parle de l'évolution du foot...

Inquiet pour l'avenir du football, le président du Paris Saint-Germain, s'exprime dans Le Parisien sur ce qu'il pense être une crise qui aboutira à la faillite de nombreux clubs.

Le climat actuel au sein du football pro est malsain, entre les querelles de personnes, les insultes et les inquiétudes financières. Une période de crise s'ouvre- t-elle ?

Laurent Perpère. Oui. Dans tous les pays d'Europe. Cette crise très, très profonde survient entre le foot professionnel et le foot amateur, entre grands et petits clubs, au niveau du spectacle et de l'intérêt des compétitions. Tout cela sur fond d'inflation galopante des salaires et de limitation des recettes. C'est dangereux. Nous ne sommes pas loin de la rupture. Malheureusement, celle-ci est nécessaire pour que se reconstruise quelque chose de nouveau.

L'aboutissement de ces crises, ce sera ?

La faillite ! En Italie, les clubs sont totalement asphyxiés. Et la Bourse est un faux problème, ce n'est pas forcément une solution. Regardez où en est la Lazio. Il y a trop d'incertitudes sur l'économie du football. Il faut trouver des solutions au niveau de la fiscalité et des charges sociales. Non pas qu'il faille diminuer les impôts des joueurs, car ce serait un comble qu'ils n'en paient pas. Mais des aménagements sont possibles en utilisant les plans épargne entreprise. Ou en suivant l'exemple des professions artistiques. Pour l'instant, on n'avance pas.

La création d'une DNCG (Direction Nationale du Contrôle de Gestion) au niveau européen semble à l'étude...

Ce serait bien. Mais tout n'est pas qu'une question d'endettement. Il y a aussi l'inflation des couts. Il y a trop de disparités dans les législations. C'est une préoccupation constante du G 14 (le groupement des clubs les plus riches) . Mais on aura beau se mettre d'accord, il suffira qu'un seul fasse un mauvais coup pour que tout vole en éclats. Le football européen vit actuellement de la revalorisation du contrat entre B Sky B et la Premier League (D I) anglaise et de la vente de la Ciudad Deportiva (NDLR : la cité des sports) par le Real Madrid. Il n'y a plus de cash. Les clubs procèdent par prêts ou échanges.

Surtout les clubs français ?

Ils sont très conscients de ce qui se passe. Lors du dernier mercato, il n'y a pas eu d'extravagances, sauf l'OM qui a renouvelé largement son effectif. Nous sommes engagés dans un processus de réduction, de limitation. Depuis deux ans, le foot européen bascule dans une hausse des salaires de 30 à 50 % par an.

Le PSG a participé à cette aspiration vers le haut ? On a peut-être cédé à ce mouvement il y a deux ans. Mais on sera extrêmement prudent pour aborder les années à venir. Dans les contrats, il y avait une revalorisation annuelle pour les joueurs. Mais l'inflation actuelle est proche de 1 % par an. Le système n'a donc plus lieu d'être, sauf si le joueur s'améliore. Il pourrait alors bénéficier de primes. Les salaires n'évolueront plus de manière exponentielle. Il y aura un moment de vérité lors de la renégociation des droits du foot en France entre les chaînes de télévision et la Ligue nationale.

Les intérêts du PSG seront divergents de ceux de Canal +, sa maison mère ? Clairement divergents...

Mais TPS et TF 1 seront aussi concernés. La Ligue veut les faire payer davantage. Je ne suis pas en charge des négociations avec Canal +.

En revanche, vous devez faire fonctionner le PSG avec son propre argent... Or, la lucrative Ligue des champions s'éloigne après la défaite à Lyon (0-3).

Effectivement, nous ne devons plus bruler de cash ni recourir à de nouvelles sources de financement. La Ligue des champions n'est plus entre nos mains mais le « calibrage » du PSG est fait en fonction d'une participation à la Coupe de l'UEFA. Toutefois, la Ligue des champions reste clairement notre objectif. Si nous ne l'atteignons pas, ce sera une déception à de nombreux égards, mais pas un drame.

Propos recueillis par D.Opoczynski et G.Verdez [Le Parisien du 22/02].

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