Luis, Luis, Luis. Comme nous, tu as été agacé par les propos haineux tenus cette semaine par Dugarry, ce joueur qui se prend pour ce qu'il n'est pas. Tu lui as répondu qu'il “devrait d'abord balayer devant sa porte” en précisant de façon diplomatique que “chacun pouvait penser ce qu'il voulait”.Tu n'es pas du genre à attiser les hostilités avant les matchs, Luis.Et pourtant hostilités il y a eu, depuis quelque temps.
Mais, Luis, dès que le coup de sifflet est donné, tout est différent.Comme nous, tu assistes au match avec des yeux de supporter.Tu ne tolères pas l'injustice.Elle te fout hors de toi.
Arrive alors cette 82e minute qui te fait sortir une nouvelle fois de tes gonds. Non il n'y a pas matière à siffler penalty. Oui ton équipe méritait de gagner, Luis.
Mais après ça, tu n'as pas bien joué le coup. Qu'est-ce qui t'a pris d'aller attraper le bras de cette petite fiotte de quatrième arbitre qui s'est ensuite précipité vers son complice du centre ?Luis, tu devrais pourtant savoir, depuis le temps, qu'il est moins risqué d'insulter le corps arbitral par presse interposée que de leur attraper le bras sur le terrain !Et à quoi rime ce refus de sortir ?Si ta protestation était légitime, ta façon de l'exprimer n'était peut-être pas la bonne. Mais qu'importe.
Lors du prochain match, tu dirigeras ton équipe comme si tout cela n'était pas arrivé. Un mauvais rêve. Avec la même fougue et le même engagement. Certes, tu seras dans les tribunes, mais je suis sur que cela ne t'empêchera pas de gesticuler et de t'exciter. Car comme nous, tu es un passionné, Luis. Ton seul tort est peut-être d'être l'un des seuls à le montrer aussi ouvertement. Mais par dessus tout, Luis, promet nous de ne pas te décourager. On a besoin de toi. On se fout de l'image du PSG que tu peux donner. Ceux qui te reprochent de ridiculiser le club par tes excès sont les mêmes qui critiquaient l'aspect trop lisse et trop froid du PSG.Le ridicule est le propre de la passion.”J'ai toujours préféré la folie des passions à la sagesse de l'indifférence”, disait Anatole France.Je suis sur qu'il pensait alors à quelqu'un comme toi.
Tes rêves de doublé se sont injustement envolés, mais il te reste encore la Coupe de France, celle qui est finalement ta compétition fétiche et en même temps celle du PSG.Alors repartons de l'avant comme on en a l'habitude depuis le début de la saison.