Mickaël Landreau s'est confié au "Parisien" avant la réception de Bordeaux cet après-midi. Il redoute déjà les commentaires (positifs ou négatifs) qui suivront ce match, et rappelle qu'une équipe doit être jugée sur le long terme. Il parle également de son premier but encaissé en équipe de France, contre l'Ecosse.
Le portier des Bleus craint déjà les réactions d'après-match : "Je sais comment ça va se passer ! Si on ne s'impose pas, on parlera de l'incapacité du PSG à gagner au Parc. Et si on s'impose, on dira que Paris va finir dans les cinq premiers. Mais si on veut réussir quelque chose ici, chaque situation doit être analysée avec sérénité. Un résultat brut ne veut rien dire. L'équipe vient de prendre sept points en trois matchs. Nous sommes en train de construire quelque chose et la réception de Bordeaux n'est qu'une étape."
Le PSG doit, selon lui, être jugé sur la durée : "Si on commence à être attentif à un match ou à un commentaire, le club peut exploser. Vous ne pouvez donc rien promettre aux gens qui aiment ce club ? Absolument rien. Au bout de quinze jours de championnat, on disait que l'OM allait rivaliser avec Lyon. Regardez aujourd'hui où ils en sont... L'important est d'être vrai. Nous sommes dans un championnat où il y aura des cycles. Lorient débute toujours en beauté, Lens sera peut-être très bien dans deux mois."
Comment explique-t-il le faible niveau de la Ligue 1 où, à part Lyon, aucune équipe ne s'est imposée durablement dans le haut du classement ? "Avec les droits télé, les petites équipes ont eu plus de moyens. Mais cela ne dévalorise pas la L 1. L'an dernier, il y a eu tout un cinéma sur le niveau du championnat. Abidal, où joue-t-il aujourd'hui ? Et Malouda ? Et Ribéry ? Et chez les Bleus, on voit bien que ceux qui ont moins de 25 ans jouent en L 1 et partent ensuite à l'étranger."
Landreau revient pour la première fois sur son but encaissé contre l'Ecosse. Il ne se juge pas responsable : "Chacun fait son analyse. Et moi, je suis toujours très critique avec moi-même. L'erreur fait partie du métier. Mais là, je ne fais pas de faute de main et le ballon ne me glisse pas sur le bras... Peut-être qu'un gardien de 1,95 m aurait tenté un autre geste. Moi, je joue avec mes qualités et j'en ai sorti un paquet en agissant comme je l'ai fait contre l'Ecosse. Je ne suis pas décisif puisque je ne sors pas le tir. Fautif, c'est autre chose. Tout cela est passé. Je ne veux penser qu'au match contre Bordeaux."
Il profite de la question qui lui était posée pour faire un parallèle avec sa situation au PSG : "Finalement, vous (le journaliste) êtes l'exemple qui montre que s'adapter à Paris n'est pas si difficile. Non, c'est très dur. Ici, chaque chose compte. Une interview est importante. A Paris, on peut être déstabilisés n'importe quand. Et je ne me sens pas à l'abri."
Malgré cela, le plaisir de jouer "est permanent. Je vis pleinement en fonction de ce que j'ai en face de moi. Pendant le Mondial, je n'ai pas joué mais j'ai vécu intensément les choses. Le jour de la finale, il y avait 20 millions de téléspectateurs français et moi j'étais dans les 23 Bleus ! Et je ne devrais pas être heureux de cette chance ?"