Élue meilleure joueuse du championnat de France l'an passé, Élise Bussaglia a fait part au site FootballMag de ses ambitions pour la nouvelle saison.
Logiquement devancées par l'Olympique Lyonnais, dont les joueuses disposent d'un statut professionnel, les Parisiennes ont terminé le championnat en deuxième position et a ainsi réalisé la meilleure performance de sa jeune histoire. Pour Élise Bussaglia, il s'agira dès cette année de concurrencer encore un peu plus les joueuses de Jean-Michel Aulas :
"C'est certain que la saison dernière, les Lyonnaises ont survolé le championnat puisqu'elles n'ont pas perdu un match et ont terminé en tête avec je ne sais combien de points d'avance. Mais il faut être réaliste. Chez les garçons, on ne va pas comparer le PSG avec l'arrivées des Qatariens, au Stade Brestois par exemple. Chez les Féminines, c'est pareil. Monsieur Aulas a beaucoup investi à Lyon, elles sont professionnelles, donc elles ont une préparation adéquate, des entraînements adaptés, etc. Pour les autres joueuses du championnat, ce n'est pas le cas. Quand on sera toutes sur un pied d'égalité, on pourra faire des comparaisons. Mais attention, ce n'est pas pour autant qu'on part battu et on cherchera au moins à élever la concurrence cette saison. Et puis quand on débute une compétition, c'est pour la gagner de toute façon. Au-delà de ça, notre objectif principal est de finir dans les deux premiers, car cela nous ouvrirait les portes d'une nouvelle qualification en Ligue des champions."
Pour concurrencer au mieux les Lyonnaises, l'arrivée des Qataris pourrait permettre aux Parisiennes de profiter d'un statut professionnel et ainsi de ne plus être obligées d'occuper un emploi à l'extérieur du club : "Pour l'instant, on ne sait pas encore car ils se sont principalement occupés des garçons. On sait juste qu'ils sont satisfaits des résultats et il y a eu quelques efforts de faits. Mais la première chose à changer chez nous serait de changer de statut pour passer professionnelles. Mais pour ça, il faut augmenter le budget de quelques millions d'euros."
En attendant, l'internationale tricolore est toujours contrainte de travailler en dehors : "Jusqu'en fin de saison, j'étais institutrice dans une école maternelle mais je vais désormais être rattachée à l'Insep pour faire un peu moins d'heures au final. Je ne sais pas encore quelle sera ma mission à l'Insep mais ça devrait quand même me permettre de souffler un peu. Jusque-là, je devais être à l'école de 8h30 à 16h30 et je filais m'entraîner ensuite. Je n'avais pas le choix. J'avais donc quatre jours à donner à l'Education nationale, plus les heures de réunion, ... Il y a des jours où j'arrivais à l'entraînement exténuée. Ce n'est pas évident d'allier les deux. Nous, on ne demande pas à gagner des millions d'euros comme les garçons, on veut juste que nos conditions de vie soient meilleures. Les parents de mes élèves, lorsqu'ils ont découvert, surtout en fin de saison en me voyant à la télévision aux Trophées UNFP, que je jouais également au football au haut niveau, trouvaient cela incroyable. Par exemple, j'aurais juste aimé avoir un mi-temps en 2010-2011 mais l'Education Nationale me l'a refusé. Je voulais ce mi-temps tout en étant payée à plein temps mais personne n'a voulu prendre en charge ce manque à gagner. Et puis je n'ai pas d'enfant donc pas de versements complémentaires de la CAF par exemple. Ce métier d'institutrice, je l'aime, et je voulais continuer, mais ce n'est plus possible. En étant désormais rattachée à l'Insep, je vais garder mon salaire en faisant un petit peu moins d'heures. Dans un sens, c'est un peu frustrant de ne pas pouvoir faire exactement ce qu'on veut même si, peut-être que dans un an ou deux, je retournerai dans l'Education nationale..."
Pour l'heure, les salaires proposés au joueuses ne sont pas assez importants pour que ces dernières puissent se consacrer totalement au football et au PSG : "Le Paris Saint-Germain nous paye un salaire mensuel mais il n'est pas très haut. Surtout, cela dépend de votre statut. Ça peut aller jusqu'à 1.500 ou 1.800 euros par mois pour certaines privilégiées, mais beaucoup de joueuses gagnent beaucoup moins. On peut être en fin de carrière et être une joueuse confirmée en D1 mais ne gagner que 500 euros par mois, pour peu qu'on n'ait pas réussi à devenir internationale. Ou être jeune et dans ce cas il faut patienter pour voir son salaire monter... Il y a pas mal de cas de figures", a-t-elle conclu.