Interrogé par le magazine En pleine lucarne, le consultant de Canal+ Pierre Ménès a fait le point sur le début de saison du Paris Saint-Germain ainsi que sur le choc à venir entre le PSG et Lyon dimanche prochain.
Le début de saison du PSG :
Plus les jours passent, et plus Pierre Ménes semble tombé sous le charme de ce nouveau PSG. Au point d'en avoir fait son favori pour le titre de champion de France 2011/12. Conquis par Pastore, il voit même le PSG terminer loin devant ses concurrents directs :
"Il faut que je commence à me mouiller un peu, sinon on va dire que ce n'est pas moi : je vois le PSG terminer champion, assez loin devant. Aujourd'hui, ils sont premiers en n'ayant fait qu'un vrai bon match. Alors si l'équipe se met à tourner... [...] Honnêtement, contre Montpellier, et sur ce que j'avais vu depuis le début de saison, notamment le dernier match contre Nice, je pensais que les Parisiens allaient perdre là-bas. Je pensais qu'ils allaient se faire bouffer au milieu de terrain, qui est pour moi un des gros problèmes du PSG en ce début de saison. Et puis, pas du tout. Il y a des joueurs qui sont en train de prendre leur rythme de croisière sur le plan physique, comme Jérémy Ménez et Blaise Matuidi que j'ai trouvés très bons à Montpellier. Il faut quand même voir que le PSG n'a fait qu'un seul gros match depuis le début de la saison, c'est le dernier, à Montpellier, et pourtant ils sont déjà premiers ! Et en plus, cette équipe a plein de blessés : Sakho a joué un match, Armand deux et demi, Bisevac blessé depuis quatre matchs, Jallet aussi a été blessé puis suspendu, Hoarau depuis quasiment le début... Et on n'a pas encore vraiment vu Sissoko."
L'occasion pour le consultant de donner son avis sur le joueur : "Il n'a pas joué depuis un an pratiquement, il faut lui laisser le temps de revenir. Mais quand je l'ai vu entrer quelques minutes à Montpellier, il m'a assez impressionné physiquement. Je sais qu'il a bossé très très dur depuis son arrivée à Paris et qu'il n'est pas là pour rigoler. Pour le moment, Kombouaré peut compter dessus pour l'intégrer dans une rotation au milieu mais le jour où il sera au top physiquement, ce sera un titulaire en puissance."
Si le PSG a donc impressionné Ménes, il faudra cependant que le club de la capitale se méfie d'une chose : de lui-même. "Il leur manque plus de régularité dans leurs temps forts. Mais en début de saison, ils se faisaient bouger une mi-temps, comme à Toulouse. A Montpellier, ça n'a duré que 20 minutes. Et, excepté contre Nice, toutes les équipes qui jouent contre Paris, à un moment du match, calent. L'exemple type est celui de Toulouse. Pendant une mi-temps Capoue prend Pastore au marquage et on ne voit pas l'Argentin. En deuxième mi-temps, Capoue est cramé et l'autre est toujours frais. C'est qu'il doit y avoir une explication de ce côté-là."
Le choc face à l'OL
Tous deux leaders, Paris et Lyon se retrouveront dimanche au Parc des Princes. Les deux équipes tenteront de l'emporter pour occuper seule le fauteuil de leader. Déjà scruté par de nombreux regards en temps normal, Paris sera attendu au tournant : "La pression, [les Parisiens] l'auront à tous les matchs, et on leur tombera dessus toute la saison. Surtout que 80% des gens veulent que Paris se plante. Il y a toujours eu un anti-parisianisme chronique dans le reste de la France. Cet anti-parisianisme existait du temps où ils étaient pauvres, du temps de Colony Capital. Alors maintenant qu'ils sont riches, qu'ils sont la propriété du Qatar, non seulement cet anti-parisianisme, cette jalousie et ce rejet anti-parisien, ne vont pas baisser, mais il s'accompagne aujourd'hui de mauvaises raisons, pour ne pas dire nauséabondes. Maintenant à paris, la pression est plus facile à gérer pour les joueurs car dans une grande ville comme Paris où l'on ne t'embête pas trop dans la rue quand tu es joueur de foot. Les joueurs ne vivent pas la pression en permanence comme à Marseille par exemple où, du staff, toujours très près de ses joueurs, aux supporters, la pression est présente au quotidien. Ce doit être étouffant pour les joueurs. A Paris, une fois que tu te retrouves hors du stade, dans la rue, on te fout une paix royale. Quelque autographes par-ci, par-là et basta."
Pour conclure, Pierre Ménes estime que cette rencontre devrait passionner le monde du football : "Je pense que oui, car rien ne dit que ce soit un mauvais match, même s'il n'est pas garanti qu'il y ait beaucoup de buts car nous avons deux grands gardiens, Lloris et Sirigu, même si vous allez me dire que Marseille et Lyon avaient fait 5-5, avec Mandanda et Lloris. J'espère qu'on verra du beau football. Nous avons tous les éléments pour vivre un dimanche de rêve."