A Clairefontaine, où il prépare la rentrée avec ses troupes, Vahid Halilhodzic s'est longuement exprimé hier. Bilan, analyse et perspectives de la part d'un homme dont le discours reste ferme et sans détours.
Vahid Halilhodzic a profité de ses vacances à la neige pour « bien réfléchir, prendre du recul et faire son mea culpa ». « Je reviens avec un esprit revanchard », prévient-il. Avare de commentaires depuis le début de la saison, le manager parisien avait beaucoup à dire hier à Clairefontaine.
Sa première réponse, concernant le bilan à la mi-saison, a duré plus de seize minutes... Malgré un mois de décembre catastrophique tant au plan des résultats que de l'ambiance, Halilhodzic pense que le PSG peut terminer dans les cinq premiers.
« Certains se voyaient trop beaux »
« J'ai surement passé la période la plus difficile de ma carrière de joueur et d'entraîneur. On a très mal démarré. Il s'est passé beaucoup de choses que vous ne pouvez même pas vous imaginer. Fiorèse a pourri le vestiaire avant de partir, puis il y a eu les suspensions à répétition et les blessures de Ljuboja, Rothen, M'Bami. Il y a eu aussi pas mal de problèmes relationnels entre les joueurs, des jalousies entre les anciens et les nouveaux. Certains se voyaient trop beaux. L'équipe n'a pas retrouvé d'âme et de solidarité dans le vestiaire. Au niveau qualité et quantité, nous n'étions pas armés pour la Ligue des champions. En novembre, on a disputé trois matchs en infériorité numérique et on l'a payé physiquement contre Moscou. J'ai très mal pris l'élimination en Coupe de la Ligue (NDLR : à Montpellier). Après avoir réussi un exploit à Marseille, on s'élimine tout seuls, j'attendais un peu plus de certains. Après cette défaite, certains étaient abattus, d'autres étaient contents. J'ai compris certaines choses. »
« Je ne suis pas là pour faire plaisir »
« Si vous laissez le pouvoir aux joueurs, ils le prennent. C'est ce qui s'est passé à Nantes avec Lolo Amisse. C'est dégueulasse de faire ça à une légende du club. Je pense que Landreau aura du mal à trouver un autre club. Si un joueur parle comme cela au PSG, je sais ce que j'aurai à faire. Quand on travaille avec des infidèles, avec des sous-marins, c'est difficile d'avancer. Dialoguer, c'est bien, mais on ne peut pas faire plaisir à tout le monde et, au bout du compte, il faut assumer ses responsabilités. Certains joueurs ont demandé de petits changements mais, si ça ne sert à rien, c'est non. Jérôme Rothen voulait poursuivre les séances d'entraînement par des reprises de volée. Mais une reprise de volée, ça peut être très dangereux pour les muscles. Tout mon travail est fait pour le bien des joueurs. J'ai ma façon de travailler, je sais ce que je veux, je suis perfectionniste. Les joueurs qui m'ont écouté ont progressé et jamais personne ne s'est plaint de mon travail. Certains aimeraient des entraînements à la carte, ce n'est pas possible. A chaque fois, je l'explique, j'aime le dialogue. Je ne dis pas que je détiens la vérité, mais, pour que je change, il faut réussir à me convaincre. Je ne suis pas là pour faire plaisir, je suis là pour que le PSG gagne. Ce qui m'a vraiment rendu triste cette saison, c'est de voir qu'il y avait des traîtres dans le groupe. La taupe, on ne la cherche plus, on ne s'en occupe plus. »
« Si c'est la Coupe UEFA, ce sera déjà très bien »
« Nous sommes dixièmes, pas très loin de la 3e place... Mon objectif, c'est la Coupe d'Europe, on a la possibilité de viser la 4e ou la 5e place. La réelle qualité de cette équipe correspond à ce classement. Je persiste à dire que Lyon, Monaco et Marseille sont meilleurs que nous. Paris doit être européen tous les ans. J'aimerais bien qu'on se qualifie encore pour la C 1, mais si c'est la Coupe UEFA, ce sera déjà très bien. Nous sommes les tenants de la Coupe de France, il faut aller le plus loin possible. Ce qui va se passer au PSG pendant ce mercato reste une énigme. Mes souhaits sont une chose, les possibilités financières du club une autre. On n'a pas beaucoup d'argent. Je sais quels joueurs peuvent apporter plus à l'équipe. Pour le moment, nous n'avons pas les moyens de recruter Semak, ce qui ne veut pas dire que ça ne se fera pas. Semak est à Moscou, il se repose ; moi, je suis à Clairefontaine. Il faut vendre et ceux qui ne sont pas contents savent qu'ils peuvent partir. Ibisevic va être prêté en France, en Belgique ou en Turquie car il a besoin de jouer. Nous voulons transférer Paulo Cesar, mais on peut aussi le prêter ou le garder. Dans ce cas, je l'utiliserai comme milieu défensif. »