Ce mardi soir, le PSG se déplace à Madrid pour disputer un match important de Ligue des champions. Tenu en échec au Parc (0-0), les Parisiens devront montrer un autre visage s'ils veulent décrocher un résultat dans la capitale espagnole. Surtout que c'est la première place qui est en jeu.
21 octobre dernier, Parc des Princes, 22h40 : Mr Rizzoli, l'arbitre de la rencontre, siffle le coup de sifflet final de PSG-Real. Avec un sentiment amer côté parisien. Ce sentiment de n'avoir pas été à la hauteur d'un rendez-vous important, d'avoir été trop timide, pas assez agressif. Keylor Navas, le gardien madrilène, n'a pas vraiment tremblé avec un seul tir cadré tenté par Paris dans cette partie (Matuidi) ! Difficile dans ces cas-là de nourrir des regrets tant l'équipe a paru inoffensive ce soir-là. Avec notamment un trio d'attaque qui a beaucoup fait parler. Mais également des cadres qui n'ont pas semblé évoluer à leur meilleur niveau...
Ils ont été la cible de toutes les critiques à l'issue de ce match aller. «Ils», ce sont Edinson Cavani, Zlatan Ibrahimovic et Angel Di Maria. Les trois hommes n'ont jamais su se trouver, Cavani n'échangeant que trois passes avec Ibrahimovic et avec Di Maria dans toute la partie ! L'équipe s'est ainsi retrouvée dépourvue de joueurs capables de donner du liant au jeu parisien, d'un véritable meneur. Ibrahimovic aurait pu être celui qui part de plus bas et combine avec ses partenaires. Mais le Suédois n'a été que l'ombre de lui-même. Il n'a pas été le seul. Attendu pour apporter un plus cette saison, Di Maria s'est emmêlé les pinceaux sur le côté droit et a joué de manière trop individualiste. Quant à Cavani, on connait sa technique limitée au plus haut niveau. L'Uruguayen a surtout servi à bloquer le couloir et n'est utile offensivement que dans la surface, ce qu'il a montré lors d'une action où il a bien jailli mais a armé une reprise à côté en début de seconde période.

Les trois hommes ont donné la meilleure réponse aux critiques quelques jours plus tard face à Saint-Etienne. Cavani et Ibrahimovic ont marqué chacun et adressé une passe décisive, tandis que Di Maria a été très influent dans le jeu. Mais l'adversité était moindre et il faut le noter. Malgré tout, et pour ne pas être rabat-joie, il faut noter une évolution depuis ce match du Real. Notamment dans le positionnement de Di Maria, seul joueur à avoir participé à la fois aux rencontres face à Saint-Etienne et à Rennes...
Entre le match du Real et les deux autres qui ont suivi, Di Maria aurait été recadré selon la presse. Sur le terrain, l'Argentin a eu en tout cas une autre attitude. Moins individualiste, «El Fideo» a simplifié son jeu. Surtout, il ne s'est pas entêté à rester sur son côté droit et s'est retrouvé davantage dans l'axe pour mener le jeu parisien. A la manière d'un Pastore en fin de saison dernière. Ci-dessous, le graphique représentant sa zone d'activité face à l'OM et face au Real. Comme on peut le constater, Di Maria a surtout évolué côté droit.

Voyons maintenant l'évolution de son positionnement avec les graphiques de sa zone d'activité, ci-dessous, face à Saint-Etienne (à gauche), et à Rennes (à droite). Face aux Verts et, encore plus, chez les Bretons, Di Maria s'est positionné beaucoup plus axialement. Il s'est ainsi baladé sur toute la largeur et on a noté une plus grosse activité qu'à l'accoutumée, notamment dans son propre camp face à l'ASSE. La preuve en chiffres puisque face au Real, il avait touché 59 ballons. Soit la moitié par rapport au match suivant face à Saint-Etienne (113 ballons), son total à Rennes étant également nettement supérieur au rendez-vous madrilène (96 ballons). Le recadrage présumé pourrait bien être bénéfique à Di Maria et au PSG.

Matuidi-Motta-Verratti : ce trio semble indéboulonnable. Mais il n'évolue pas à son meilleur niveau. Et il est surtout question, actuellement, de Blaise Matuidi. Depuis deux mois, l'international français n'est plus performant. Laurent Blanc l'a d'ailleurs mis au repos pour certaines rencontres (Reims, Nantes, Bastia), alors que le milieu parisien n'est entré qu'en cours de jeu face à Saint-Etienne et a été sorti avant la fin à Rennes. Le marahonien a un sérieux coup de mou. La machine est grippée et il faudra un peu de temps avant de retrouver le vrai Matuidi. Celui qui multiplie les courses, joue son rôle de «box to box». Ces derniers temps, on l'a surtout vu proposer des solutions devant sans se préoccuper de boucher les espaces dans son propre camp et d'accompagner Motta et Verratti sur les tâches défensives. Et quand on sait qu'il est le plus performant dans le domaine de la récupération, Paris s'en est trouvé parfois déséquilibré.

La complémentarité entre les trois hommes doit donc se perfectionner. Motta fait son âge ces dernières semaines et face au Real, il a semblé dépassé par l'intensité mise par le Real. Quant à Verratti, il semble en progrès lors des dernières rencontres. Avec deux passes décisives face à Saint-Etienne et un renversement de jeu parfait vers Lucas sur l'action du but parisien à Rennes. Courtisé par le Real, le petit Italien se sait observé. A lui d'impressionner un peu plus Bernabeu...
Seule satisfaction du moment : la défense. Une défense protégée par un Kévin Trapp qui convainc de plus en plus. Oubliées ses bourdes face à Bordeaux il y a deux mois. Le gardien allemand a été le plus performant lors des gros rendez-vous face à l'OM (2-1) et contre le Real (0-0). Cela aide à rassurer une arrière-garde qui donne des gages de satisfaction. A commencer par le capitaine Thiago Silva, qui évolue à son plus haut niveau depuis le début 2015 avec Paris. L'interrogation reste son partenaire ce mardi soir. David Luiz, de retour de blessure, ou Aurier ? Le premier nommé avait vécu un retour mouvementé en avril dernier face au Barça, où il s'était pris deux petits ponts par Suarez (1-3). Le deuxième, lui, a été convaincant en préparation et à Rennes. Mais l'adversité ne sera pas la même cette fois-ci. Dilemme pour Blanc, qui pourrait pencher malgré tout pour la titularisation de David Luiz.

Sur les côtés, on se retrouverait donc à droite avec Aurier, plutôt bon au Parc face à Ronaldo, et à gauche avec Maxwell, moins fringant. Le latéral gauche ne peut plus se permettre des allers retours incessants et il a paru pataud et sans jambes il y a deux semaines. Mais son professionnalisme est tel qu'on ne peut qu'attendre une réaction de sa part à Madrid. Afin d'aider ce Paris-là à être beaucoup plus consistant que le 21 octobre dernier...
Résumé de PSG-Real (0-0)