Durant la conférence de presse - retranscrite par les sites L'Equipe.fr et PSG.fr - qui a officialisé le départ de Laurent Fournier et l'arrivée de Guy Lacombe, Pierre Blayau est longuement revenu sur les raisons de sa décision, défendant déjà son nouvel entraîneur et n'hésitant pas à s'adonner à l'auto-critique.
Pour le président, Lacombe n'est pas pour autant un second choix : "On ne choisit pas un entraîneur par défaut. Plusieurs possibilités étaient ouvertes. Guy Lacombe a l'enthousiasme, la foi, l'envie de venir nous aider. Son palmarès et son vécu plaident pour lui. Il a gagné quelques trophées, vécu une compétition européenne, a été en compétition pour entraîner des clubs parmi les premiers en France. J'ai tout lieu de penser qu'il réussira au PSG. On réussira ensemble."
Mais l'ancien Rennais ne peut s'empêcher de rappeler que "Paul Le Guen a refusé les offres qui lui ont été faites."
Il avoue avoir tout à fait compris la réaction de solidarité des joueurs et en profite toutefois pour leur rappeler leurs devoirs : "J'ai délibérément provoqué le débat à un moment où les joueurs étaient là, ils n'étaient pas encore en vacances. Ils se sont sentis concernés. Je me réjouis du fait qu'ils se sont exprimés publiquement, à part un ou deux excès de langage tout à fait pardonnables. Ils ont dit : "On va tout faire pour vous montrer qu'on veut continuer avec Laurent Fournier". Les résultats n'ont pas été en cohérence avec cette démarche. Je respecte infiniment les joueurs. En même temps, leur ambition est-elle de jouer à Old Trafford ou Santiago-Bernabeu le mercredi ? Ou de continuer tous les samedis, une fois par semaine, à Rennes, pour prendre l'exemple d'un club que j'adore ?"
Il estime que Fournier a eu sa chance sans savoir la saisir : "Laurent Fournier avait, à l'entraînement, des attitudes de gagneur. Comme entraîneur, il a eu plusieurs fois sa chance. Il l'a saisie quand il a remplacé Vahid Halilhodzic, il l'a saisie quand je l'ai confirmé comme entraîneur à l'intersaison. C'était une chance importante. L'équipe a peu changé, elle a été renforcée, il avait, le 2 juillet, l'ensemble de ses joueurs, contrairement à d'autres clubs comme Auxerre ou Marseille. (...) Il a fait son mieux, il l'a dit lui-même. Il a été honnête avec le club, le club sera honnête avec lui."
Puis il explique sa décision, qui a tenu compte de tout un ensemble de facteurs : "Ce changement n'est pas une décision prise dans un contexte de crise. Le PSG ne fait pas de révolution. C'est une décision de gestion de l'organigramme sportif, murement réfléchie, prise collégialement, en association avec l'actionnaire, à froid, pendant qu'il est encore temps. L'entraîneur qui nous rejoint n'est pas un sauveur. Le PSG n'est pas dans une situation dramatique, mais il faut réaffirmer son ambition. Elle avait été proclamée en début de saison : jouer la Ligue des champions. On parle beaucoup de stabilité, mais le seul objet de stabilité, c'est l'ambition. J'ai le sentiment aujourd'hui que l'ambition du PSG est maltraitée. Nous sommes sixièmes à un point de la deuxième place. Soit. Mais où est passée la première place ? Tout d'un coup, le PSG, comme d'autres, a décidé qu'elle n'était plus accessible, et forcément dévolue à Lyon. C'est triste."
Sa façon de procéder a surpris ? Il la justifie également : "Ma méthode a l'air de surprendre et ma communication irrite ou étonne, c'est vrai. Mais je ne peux pas me contenter de m'asseoir et de regarder le match sans faire de commentaires. En tant que président, je m'autorise à juger et à avoir une opinion sur la situation du Paris-SG. Je l'ai exprimée en privée à plusieurs reprises et en public après la victoire contre Rennes (2-0). Jusqu'à présent, nous n'avons affronté à domicile que des non concurrents, à part Lens qui est venu nous battre (3-4), et Lille (2-1), qui était en situation plus difficile qu'aujourd'hui. Mon commentaire public, je ne l'ai pas fait après une victoire pour le plaisir d'étonner, mais car il y avait deux matches à l'extérieur. Cela m'a permis d'observer les réactions, de prendre des décisions au bon moment, avant la reprise de l'entraînement."
Place maintenant à l'espoir : "Nous commençons une nouvelle saison. J'espère qu'elle se traduira par des succès. Il y a 57 points à prendre en 19 matches. Pourquoi fermer les yeux sur des éléments que la plupart d'entre vous aviez vus et écrits ? C'était souvent pas loin de ce que je pensais. Nous avons montré, au cours de cette première partie de saison, des faiblesses structurelles, et depuis une quinzaine de matches, une tendance très médiocre, avec beaucoup de défaites à l'extérieur. Le PSG n'atteindra ses objectifs qu'en gagnant à l'extérieur."
Il insiste à plaisir sur le besoin de redynamiser l'équipe : "Il faut relancer la machine, trouver le bon vent, refaire les réglages et redonner de la vitesse au bateau. C'est l'objectif de ce changement. Je n'ai pas de reproche ni de remise en cause personnelle à formuler, simplement la volonté de pousser en avant le PSG."
Quant au caractère prétendument difficile de Guy Lacombe, il évacue la problème d'un revers de main : "C'est d'une grande facilité de langage, tout ça, c'est de la caricature. Guy Lacombe ne le mérite pas, il le montrera. J'ai le sentiment qu'un groupe de 25 ne peut pas être traité de façon homogène. Certains joueurs que Laurent Fournier a responsabilisés ne le méritaient pas ou n'ont pas assumé ce style de management. Faut-il avoir des attitudes différenciées en fonction des joueurs ? Ce sera à Guy Lacombe d'apprécier cela."
Comment voit-il le profil idéal d'un entraîneur ? "On attend d'un coach des mises en place tactique, une préparation physique et la gestion de la vie du groupe en dehors des matches. Des joueurs comme Yepes et Pauleta n'ont pas besoin de plus de rigueur, ils se l'imposent eux-mêmes. Des joueurs comme Rothen ou Dhorasoo n'ont pas, non plus, à craindre de resserrement des boulons."
A titre personnel, il avoue volontiers avoir manqué son pari avec Laurent Fournier : "Je n'ai aucune difficulté, par principe, à assumer les échecs. A certains égards, je vous réponds oui. Donc je demande une seconde chance avec Guy Lacombe." Et il conclut par un "Pourquoi penser à l'échec ? »