Deux jours après le piteux match nul contre l'équipe bis de l'OM, le quotidien "Le Parisien" dresse un pré-bilan du PSG, deux mois après l'arrivée de Lacombe, et deux mois avant la fin de la saison. En passant en revue l'effectif, le coach et la direction. Le résultat est pour le moins morose...
Les joueurs
Premier constat : l'effectif manque de chefs charimastiques, capables de ramener dans le droit chemin les brebis égarées et de remonter le moral des troupes quand le besoin s'en fait sentir. Excellent professionnel, Pauleta est trop introverti pour être réellement un meneur d'hommes. Malgré leur statut d'internationaux, Rothen et Dhorasoo ne sont pas les leaders espérés.
Généralement, il est reproché aux joueurs de ne pas montrer assez d'implication dans la vie du groupe. Ils manquent de lucidité sur le niveau de leurs prestations (comme Mendy qui avoue ne pas comprendre sa sortie contre l'OM), mais aussi, inexplicablement, ont le plus grand mal à respecter les consignes.
Enfin, alors qu'on s'attendait à un PSG flamboyant, le niveau technique global des joueurs apparaît insuffisant; même un Cristian Rodriguez peut sombrer, sur un match, dans la médiocrité générale.
L'entraîneur
Guy Lacombe s'attendait à ce que sa situation soit difficile, il n'a pas été déçu. Entraîner Paris n'a rien à voir avec la direction d'un club de province. La pression, les media, l'ego des joueurs, tout est amplifié.
Ces derniers temps, après avoir observé son groupe, il tente d'imposer sa volonté. Mais, en tablant sur la rigueur, il se met à dos un à un les joueurs : Dhorasoo, Rothen, Mendy.
Plus grave, les Parisiens semblent incapables de suivre ses consignes et retombent systématiquement dans les mêmes erreurs, comme de vouloir forcer le passage au centre contre Marseille. Le message de l'entraîneur ne passe-t-il donc pas ?
On lui reproche également de ne jamais aligner la même équipe, ou mettre certains joueurs à des postes qui ne sont pas les leurs (Rodriguez à l'aile droite, Pichot en arrière gauche).
Aura-t-il finalement le temps d'imposer ses méthodes à un effectif qui y semble rétif ?
Les dirigeants
Le président a peu de chances d'atteindre son objectif principal : la Ligue des Champions. L'image du PSG, avec le match de ce week-end ou les violences de certains supporters, semble même s'être dégradée.
Il n'a pas su changer d'entraîneur à l'intersaison et le changement de méthode radical apporté par Lacombe en cours de championnat a plus déstabilisé le groupe qu'il ne l'a bonifié.
Enfin, le recrutement, s'il peut avoir semblé un moment clinquant, est un échec : les joueurs recrutés, notamment Kalou et Dhorasoo, ne paraissent pas aptes à évoluer ensemble. De plus, la force de caractère générale de l'effectif est insuffisante pour réussir dans un club comme le PSG.
Moutier (notre photo) se retrouve en première ligne et présente une défense lucide : "A Paris, c'est vrai qu'il faut être plus fort qu'ailleurs, mais je pensais avoir fait les bons choix. En voyant l'équipe évoluer, je me demande si ce sont les bonnes personnes aux bonnes places. Il faut savoir faire son autocritique."
Mais le responsable de la section professionnelle n'a eu que 15 millions d'euros à investir (le prix de Fred, rappelle "Le Parisien")... Il se murmure donc que, pour la saison prochaine, le club recherche des joueurs ayant atteint une certaine maturité, notamment familiale, qui leur permettrait de rester un peu plus concentré sur le football...