Héros de la finale de Coupe de France avec son but venu d'ailleurs, Vikash Dhorasoo a confié à "L'Equipe" que ce moment avait été le plus fort de sa carrière. S'il assume sans fausse honte une saison inégale, il est heureux de la terminer sur une bonne note avant de participer - espère-t-il - au Mondial.
L'international décrit son but pour le moins inattendu : "D'abord, j'ai pensé à ne pas perdre le ballon. En première mi-temps sur le même genre d'action, j'avais voulu jouer avec Kalou et l'équipe s'était mise en difficulté. J'avais fait 80 mètres de course pour aller défendre dans mon camp...Cette fois, Pedro et Kalou se sont écartés, et, plus j'avançais, plus je me disais que la passe était inutile. Je me suis dit : “Allez, frappe, on mène 1-0, tente un truc”. Ça fait loin 28 mètres : pour marquer de là, il fallait vraiment frapper fort et sans rebond. Je n'ai rien visé d'autre que le cadre."
Pour une fois, il est devenu le héros du match, et de quel match ! "J'ai déjà fait des meilleurs matches, où j'étais vraiment content de mon rendement, de mon activité, de mes passes... Mais là, au moment du but, j'avais vraiment la force en moi... C'est l'instant le plus fort de ma carrière. Tu es en finale et tu participes activement à la victoire. C'est dingue, j'ai trente-deux ans et tout continue d'arriver dans le sens inverse. Normalement, ce n'est pas à trente-deux ans que tu mets la frappe la plus puissante de ta carrière..."
Une situation à laquelle il n'était pas coutumier : "Samedi, j'ai concrétisé ça tout seul. On m'a souvent reproché de ne pas aller “au bout”, d'être spectateur de la fin de l'action une fois que j'avais lâché le ballon. C'est vrai, c'est un truc que j'ai rarement réussi à libérer en moi, sauf samedi..."
Lucide, il assume avec humilité une saison houleuse : "Je n'ai pas toujours été bon, c'est sur, mais on ne m'en n'a pas tenu rigueur et la fin a été heureuse. J'ai toujours eu le soutien de Pierre Blayau et de Jean-Michel Moutier, et je pense que je l'aurais eu également si cela s'était passé différemment samedi. Mais, bon, je me devais aussi de leur rendre quelque chose. On dit que c'est à la fin du bal qu'on paie les musiciens. Pour le coup, ce proverbe tombe bien. J'assume ma saison sans entrer dans les détails. Quand je rate une passe, c'est moi qui la rate, c'est moi qui ai signé au PSG, c'est moi qui suis payé."
Tout est bien qui finit bien, pourrait-il asséner en guise de morale : "Je suis content car je pourrai partir à la Coupe du monde l'esprit tranquille, avec le sentiment du travail bien fait. Je m'en voulais de ce décalage entre mes matches en bleu et ceux du PSG."