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Leclub PSG : Vers une entrée en bourse du PSG ?

Publié le 15 Octobre 2007 à 16h42 par Ludovic FRANCISCO
Leclub  PSG : Vers une entrée en bourse du PSG ?
Le site Internet "Business Ile de France" a publié fin septembre une analyse financière visant à déterminer les probabilités d'entrée en bourse du Paris Saint-Germain. Si ces probabilités sont fortes, une telle introduction ne serait pas forcément judicieuse, de l'avis de son auteur...

L'introduction dans le capital du Paris Saint-Germain des investisseurs Colony Capital, Butler Capital Partners et Morgan Stanley en 2006, pose légitimement la question de leur nature et de leur finalité. D'après "Business Ile de France", il faut d'ores et déjà tabler sur une "probable sortie du capital" à moyen terme : "Si on ne peut vraiment parler de fonds d'amorçage, on pourrait qualifier ces investissements de fonds de recapitalisation", précise l'article.

Deux indices permettent, selon le site, de l'affirmer : le premier est la politique de maîtrise des couts mise en œuvre depuis peu par le PSG, fonctionnant à rebours de la stratégie pratiquée entre 1991 et 2006 par l'actionnaire majoritaire Canal +. L'enveloppe relativement faible consacrée aux transferts, le système de rémunération au mérite des joueurs, les licenciements consécutifs à la restructuration des services administratifs illustrent cette volonté d'économiser, dans un premier temps, de l'argent.

Second indice, en forme de corollaire, d'une probable sortie de capital : l'augmentation subséquente des recettes. D'après le site, plusieurs pistes s'offrent aux actionnaires du PSG, pour y parvenir : "le trading de joueurs, le développement de licences (PSG Café, PSG taxi, Air PSG, etc.), l'abandon du Parc des Princes pour le Stade de France mieux desservi par les transports en commun, etc." Ces deux phases menées à bien autoriseraient donc la mise sur la marché d'actions étiquetées PSG et, partant, le départ des actionnaires actuels contentés par la réalisation de plus-values.

Sur le plan sportif, que traduit une telle politique financière ? Le trading des joueurs, dans un premier temps, oriente nécessairement le PSG vers le recrutement de jeunes joueurs en devenir, tels que peuvent l'être à l'heure actuelle Grégory Bourillon ou Didier Digard. Ce type de joueurs représente bien entendu un bénéfice potentiel important. Mais, avec des résultats positifs (comme une qualification en Coupe d'Europe), le PSG pourrait également se positionner sur des dossiers plus ambitieux, à savoir des joueurs jeunes mais dont la cote est supérieure. "Ile de France Médias" donne le nom de joueurs évoluant à l'OL, comme Kallström ou Belhadj. "Ce qui est sur, c'est que le recrutement de stars n'est plus à l'ordre du jour", affirme l'article. La formation de joueurs du cru est une autre facette bien connue désormais de la nouvelle stratégie financière du club. Sur ce registre, le PSG ne cache pas s'inspirer du Stade Rennais.

Le serpent de mer qu'est le déménagement du PSG au stade de France apparaît, aux yeux du journaliste économique en tous cas, comme un élément à ne pas négliger : "Je pense qu'un dossier comme le déménagement au Stade de France pourrait revenir rapidement sur le devant de la scène. Mieux desservi par les réseaux ferré et autoroutier, plus sécuritaire, disposant de places de stationnement en nombre, d'un grand nombre de loges VIP et d'une capacité public 60% plus élevée que le Parc des Princes, il apparaît comme une garantie très importante de maximisation des revenus. Reste le côté historique d'un ancrage du PSG au Parc des Princes, cher à tous les amoureux du club. Les actionnaires du club n'étant pas des philanthropes, je doute que cet aspect soit longtemps pris en considération." Des propos qui sont sujets à caution étant donné qu'un projet d'aménagement du Parc des Princes a été sérieusement étudié par les actionnaires cette année (http://www.planetepsg.com/news-7021-leclub_le_parc_des_princes_reve_par_les_actionnaires.html).

En conclusion, l'auteur de l'article livre son opinion sur cette entrée en bourse jugée probable. "Personnellement, et comme le disent les analystes financiers, je resterai à l'écart de la valeur." Les raisons de cette réticence sont essentiellement structurelles : "Le marché aime et anticipe les certitudes relatives aux résultats des entreprises. On ne peut pas dire que le football entre dans cette logique de certitudes. Nous serions, en effet, tous millionnaires au “Cote et Match”. La baisse programmée des droits TV en France va, elle, dans le sens des incertitudes."

Seconde raison, liée à des précédents économiques : "De nombreux clubs européens se sont déjà retirés du marché car ils n'offraient aucune perspective de développement valable, l'évolution de leur cours de bourse épousant celle d'Eurotunnel. OL groupe qui a levé 88 millions d'euros en février voit aujourd'hui son action tutoyer ses plus bas historiques dans des volumes ridiculement bas. A ce jour et malgré les rachats d'actions de l'OL pour soutenir les cours, les investisseurs initiaux auront vu plus de 20 millions d'euros partir en fumée."

Bien que cette démonstration soit assez convaincante, il faut tout de même rappeler que Sébastien Bazin s'est jusqu'à présent opposé avec vigueur à une entrée en bourse du club de la capitale, ce qui laisse à penser que les choses sont moins évidentes que ne le laisse à penser cette projection.

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