Laurent Perpère a livré au quotidien Le Parisien ses impressions sur l'avenir du club et la fin de saison à venir.Un entretien sans concession et riche d'enseignements:
Comment interprétez-vous les déclarations de Xavier Couture (nos éditions d'hier) qui a décidé de remettre à plus tard l'étude du « dossier PSG » et vous charge de répondre aux questions concernant l'avenir du club ?
Laurent Perpère. Je ne suis pas surpris par ses propos. Canal + a d'autres dossiers urgents à traiter. Le PSG, lui, n'est pas dans une situation d'urgence. Le club est configuré pour ne pas demander de « cash » à ses actionnaires et pour jouer le titre la saison prochaine. Xavier Couture me fait confiance et je suis à même de prendre les bonnes décisions.
« La place du PSG est dans les trois premiers. L'UEFA, c'est honorable mais c'est aussi une déception »
Pierre Lescure n'a pas l'intention de se maintenir à la présidence du comité de surveillance de la SASP (Société anonyme de sport professionnel) qui dirige le club. Couture lui-même n'est pas intéressé...
Je suis prêt à occuper la présidence du comité de surveillance. Ça réglerait le problème. Personnellement, je suis engagé dans un projet de construction. Mon intention est de le mener à terme, si l'actionnaire majoritaire est d'accord. Ma tâche n'est pas achevée.
Une fois que Canal + aura réglé ses problèmes « urgents », craignez-vous une cession du club ?
Une cession du PSG est toujours possible ! C'est une question récurrente depuis dix ans. Mais ce n'est vraiment pas d'actualité. A cause de la situation générale du football et parce que Canal + a effectivement d'autres sujets de préoccupation. Et puis, une cession, c'est compliqué, cela se fait sur le long terme, il y a des interférences, notamment avec la Ville de Paris. Ce n'est pas anodin.
Une cession ne pourrait-elle pas faciliter la vie du PSG ?
C'est une question que je me pose. Il y a du bon et du moins bon dans le fait d'envisager une séparation. Un club a besoin d'un actionnaire puissant. D'un autre côté, une cession lèverait quelques ambiguïtés.
« On a les bases solides d'une équipe performante. L'idée, c'est la continuité, avec quelques retouches »
Le PSG peut assurer, dès demain soir face à Metz, sa participation à la prochaine Coupe de l'UEFA. Direz-vous : « Mission accomplie » si c'est le cas ?
Non. La place du PSG est dans les trois premiers. L'UEFA, c'est honorable mais c'est aussi une déception. Maintenant, économiquement et en terme d'image, elle peut rapporter. Nos prévisions d'exploitation sont calées sur une participation européenne. A ce titre, le match contre Metz est décisif.
Les joueurs sont-ils parfaitement conscients de la situation actuelle ?
Pour la plupart, oui. Manifestement, ils sont « dedans ». Ceux dont on pense qu'ils ne sont pas motivés ne joueront pas.
Quel a été votre discours cette semaine ?
Je ne suis pas un bateleur, ils n'attendaient pas que je leur parle comme un Bernard Tapie. J'ai eu les mots nécessaires pour faire passer mon message.
Quel sera le profil du recrutement ?
On a les bases solides d'une équipe performante. L'idée, c'est la continuité, avec quelques retouches. Trois ou quatre joueurs d'expérience arriveront mais il faut rester prudent.
Et si vous parveniez finalement à décrocher un ticket pour la Ligue des champions ?
Cela ne changerait pas grand-chose. Le football entre dans une zone de turbulences. Il faut anticiper et, par exemple, imaginer des droits TV en baisse et un possible effondrement du système des transferts.
Que répondez-vous à ceux qui prétendent que le PSG est actuellement en « stand-by » ?
Je dis que c'est faux. On a ouvert des dossiers, on suit des pistes. Le Brésilien Andre Luiz ? Ce n'est pas encore finalisé. On cherche aussi un buteur et un milieu.
Ce qui veut dire que vous ne comptez plus sur Mikel Arteta ?
S'il est titulaire face à Metz, ce sera peut-être son dernier match au Parc, je n'en sais rien. Lui me dit qu'il n'a pas signé aux Rangers. De son côté, Barcelone affirme que c'est fait. Notre option d'achat tombe le 20 mai. Mais si Mikel avait l'amour du maillot, je serais déjà en train de négocier avec lui. Je l'aime bien mais je doute de son entourage. S'ils veulent discuter, désormais, qu'ils fassent le premier geste. Si nous trouvons des joueurs qui nous conviennent pour le remplacer, on ne lèvera pas l'option.
Propos recueillis par Frédéric Michel