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Leclub PSG : Deux poids,deux mesures

Publié le 09 Juin 2003 à 13h02 par Julien Del Paris
Leclub  PSG : Deux poids,deux mesures

« Quand je vois ce qui s'est passé à Auxerre, je me dis que les arbitres sont vendus [...] Tout le monde sait que tel arbitre est toujours bien noté pour qu'il puisse jouer les matches internationaux, avoir des défraiements, etc. C'est un système mafieux » Le moins que l'on puisse dire, c'est que Laurent Perpère n'y est pas allé avec le dos de la cuillère pour sa première interview post-PSG. On lui sera d'ailleurs gré d'avoir attendu d'être déchargé de sa mission au sein du club parisien avant de lâcher de tels propos...

En effet, le PSG n'étant pas encore le chouchou des arbitres français (doux euphémisme...), de telles déclarations n'auraient pu être faites par un Perpère dans l'exercice de ses fonctions sans que la sournoise foudre arbitrale ne s'abatte sur le club dans un futur plus ou moins proche et étendu.

Reste que notre très cher et très intime Conseil National de l'Ethique va convoquer M.Perpère afin qu'il s'explique sur ces propos pour le moins vindicatifs. Normal, dirons nous. Si l'on passe outre notre soutient à priori pour un homme qui représente encore, dans l'esprit de beaucoup, le PSG, force est de reconnaître que Laurent Perpère a tenu là des propos assez durs et a porté des accusations sévères sans apporter la moindre preuve. Sa convocation face au CNE est donc justifiée.

Néanmoins on ne peut que déplorer une nouvelle fois que le Paris Saint-Germain soit le seul et unique « patient » des garants de l'éthique, présidés par...un ancien parisien en la personne de Dominique Rocheteau. Il faut croire que « l'ange vert » s'est mis en tête de faire du PSG un club à l'éthique exemplaire en guettant et sanctionnant le moindre écart de son ancien club. Ainsi, le PSG s'est vu attribuer l'insigne honneur d'inaugurer à peu près toutes les mesures répressives du CNE (Luis Fernandez avait même inauguré le Conseil lui-même, tandis que Fabrice Fiorese avait été le premier joueur sanctionné après-coup, suite à une simulation contre Bordeaux).

Cependant, sans doute trop absorbé par sa tâche l'amenant à se focaliser sur le club parisien, le Conseil National de l'Ethique en a oublié que sa mission consistait à observer l'ensemble du football français et pas seulement à épier la moindre occasion de faire les gros titres en épinglant le club le plus médiatisé de France. De ce fait, à côté des propos répréhensibles, et donc vite réprimandés, de M.Perpère ont fleuri, ces derniers temps dans le petit monde du football français, des déclarations toutes plus scandaleuses les unes que les autres. Ainsi, on a pu entendre Guy Roux, quelques jours avant Auxerre – PSG, envisager de porter plainte devant un tribunal public contre Fabrice Fiorese si d'aventure celui-ci obtenait un penalty litigieux lors du match. On a pu lire l'incroyable lettre adressée à la F.F.F. par M.Bouchet, président de l'OM, réclamant la rétribution du titre de 1993, retiré au club phocéen suite à l'affaire OM-VA. On a pu également s'indigner en lisant l'annonce de M.Louvel, président du pourtant respectable HAC, affirmant que le PSG et le Stade Rennais s'étaient mis d'accord pour faire match nul lors de la 37e journée du championnat de France au Parc et qu'il réunirait les preuves prouvant ses dires (on attend toujours, ça traîne cette histoire...). Enfin, on aura pu se délecter des propos du président Nicollin qui, pour commenter le Montpellier – Lyon lors duquel les deux équipes avaient clairement arrêté de jouer en deuxième mi-temps, arrangées qu'elles étaient toutes deux par le score de parité acquis à la pause, avait cru bon de dire « Vous me faites rire avec tout ça, ce match, de toute façon, on s'en battait les couilles » (sic).

Mais Guy Roux est tellement sympa, Loulou Nicollin tellement bonhomme, Bouchet tellement « marseillais » et Louvel tellement...je sais pas quoi, qu'il a semblé tout à fait inopportun au CNE de leur demander de s'expliquer sur ces manquements à l'éthique (car j'ose espérer que c'est bien de cela qu'il s'agit !).

De la même façon, aux yeux de Rocheteau et du CNE, la simulation de Fiorese est la dernière en date dans le championnat de France puisque depuis sa suspension de trois matchs fermes, aucun autre joueur ne s'est vu sanctionner pour les même faits. Nous, en France, nous avons un football propre, messieurs dames !

Mieux, quand on lui demande pourquoi il ne s'est pas penché sur le cas de M.Guy Roux qui avait pris la sympathique liberté de s'inviter au beau milieu d'un terrain sur lequel se déroulait un match de L1 (le tout pour venir « courtoisement » (sic) demander à l'arbitre d'annuler un but parisien), le CNE précise qu'aucun rapport n'a été fait par le corps arbitral. Ah bah oui voyons, où avais-je la tête ? Le CNE est là pour sanctionner des fautes que les arbitres n'ont pas vu, mais pour cela il lui faut un rapport de l'arbitre...On sent bien que là transpire toute l'intelligence légendaire des grandes instances du football français.

Bref, on aura bien compris qu'il existe deux poids deux mesures lorsqu'il s'agit de juger les fautes commises par les représentants (joueurs, dirigeants,...) des différents clubs. Là où on ferme les yeux sur le comportement parfois odieux de certains, on s'acharne complaisamment sur les autres. Inutile de préciser que le PSG fait partie des « autres ».

A force de se montrer aussi partiaux dans leurs décisions, le corps arbitral, le CNE (qui n'a d'éthique que le nom) et plus généralement les dirigeants du football français subiront forcément, tôt ou tard, le retour de manivelle qui leur incombe. Qu'un personnage habituellement aussi flegmatique et mesuré que Laurent Perpère s'en prenne à eux aussi vertement n'en est que les premiers prémices.

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