Le victoire n'efface pas tous les doutes, sur le terrain comme en dehors. Une fois de plus, les propos ambigus de Bertrand Méheut ont jeté un froid chez les dirigeants du PSG. Hier, dans les colonnes du « Journal du dimanche », le PDG de Canal +, a déclaré que la cession du club n'était plus d'actualité.
« Je considère que ce n'est pas le moment de vendre et je ne me fixe pas de délai, a-t-il avoué. (...) Je refuse de discuter de toute reprise de capital avec qui que ce soit. Les discussions d'entrée au capital n'existent pas à ce stade. » A la lecture de cet article, Francis Graille et Alain Cayzac sont restés perplexes. Le président du PSG ne souhaite pas réagir officiellement mais fait comprendre qu'il y a un écart significatif entre ces déclarations et le discours que lui tient Bertrand Méheut en privé.
Il y a deux semaines, il est vrai, Bertrand Méheut avait assuré dans nos colonnes que l'ouverture de capital se ferait bien et que Graille était « prioritaire ». De son côté, Alain Cayzac ne cache plus qu'il y a urgence désormais à éclaircir la situation. « Il y a une règle simple, c'est celui qui dirige qui décide. Bertrand Méheut est maître de la situation et nous n'avons rien à dire. Mais cela devient surtout un problème de timing et il ne faudrait pas que la situation s'éternise. »
« Avoir une bonne discussion avec Méheut »
Car pour bien préparer la saison prochaine, Graille doit avoir toutes les cartes en main. Méheut encore : « Les choix du staff et des joueurs, c'est du quotidien opérationnel du club sous la responsabilité de Graille. » Mais comment ce dernier peut-il négocier avec un entraîneur sans pouvoir lui assurer qu'il sera encore en place dans trois mois ? De fait, le jour où Graille aura la certitude que Canal ne veut pas le faire entrer dans le capital, il partira.
En attendant, il travaille comme s'il était déjà actionnaire et tente de résoudre les quatre défis que lui impose Méheut : résoudre la crise avec les supporters, améliorer les résultats, les finances et l'image du club. Il s'emploie également à affiner son tour de table, dans la perspective d'une prise de capital conséquente. « On a des contacts prometteurs avec des investisseurs mais on ne peut pas aller plus loin tant que le club ne nous appartient pas », dit-il.
Une fois de plus, les discours se croisent et les contradictions apparaissent. Alors que Graille construit un dossier pour acquérir 100 % du capital, Méheut affirme que « le schéma de base reste une entrée minoritaire ». Entre les deux hommes, la communication est cryptée. Alain Cayzac ne le nie pas et ne voit qu'une solution : « Francis devrait avoir une bonne discussion avec Bertrand Méheut. »
Le Parisien