Le Paris Saint-Germain espère conclure la saison 2004-2005 en trombe et – pourquoi pas avec un final digne de la saison dernière – accrocher la Coupe de l'UEFA...
Bizarrement, les visages n'exprimaient pas une joie palpable. À la sortie des vestiaires du stade de Gerland, à Lyon, dimanche soir, les Parisiens semblaient moins animés par l'agréable sensation d'avoir fait tomber le champion en titre sur ses terres (1-0) que par une douce amertume.
Était-elle liée à l'altercation verbale survenue entre certains joueurs à la mi-temps du match ou trouvait-elle ses fondements dans les regrets qui pourraient naître des derniers bons résultats du PSG ? Quelques heures plus tard, la courte nuit de sommeil avait, semble-t-il, dissipé les nuages qui planaient au-dessus du vestiaire parisien. Le regret restait là, en pointillé, de ne pas avoir aligné des prestations du même acabit tout au long de l'année. Mais la victoire à Lyon revenait au premier plan. Du coup, les objectifs du club, élevés au coup d'envoi de la saison, évanouis avec l'hiver, resurgissent à cinq journées de l'arrivée.
Et si le PSG se qualifiait pour la Coupe de l'UEFA ?
La question aurait paru incongrue au retour d'Ajaccio (0-1), un mois plus tôt. La lutte pour le maintien, alors préoccupation numéro un, hantait les esprits. Seulement, cette saison, au PSG, l'ordre du jour change assez fréquemment. Aujourd'hui, il s'agit de nouveau d'accrocher le wagon européen. « On s'est fixé un petit challenge interne pour les derniers matches », glisse, laconique, Édouard Cissé. Le milieu parisien ne souhaite pas en dévoiler davantage sur le contenu de cet objectif « interne », énième mystère d'une saison placée sous le sceau du secret. Mais, cette fois, l'énigme est moins difficile à résoudre que celle concernant le nom de la taupe.
Pichot : « Quand je vois comment joue l'OM... »
Sylvain Armand donne une première esquisse de réponse : « On a vraiment l'effectif pour finir plus haut au classement. Finir à la cinquième ou à la sixième place, c'est encore jouable. » Actuellement dixième, Paris n'est qu'à quatre points de Rennes (5e). Le calendrier leur offrira les Bretons, ainsi que Sochaux au Parc des Princes, deux concurrents qui nourrissent les mêmes ambitions. « La fin de saison peut encore être excitante », lâche Cissé. « On a encore de bons matches qui nous attendent, reprend Armand. Il faut juste qu'on garde le même état d'esprit que celui qu'on a eu à Lyon ou à Marseille (1-1). »
Un état d'esprit qui contraste avec celui affiché lors de la première partie de saison. Crispés, engoncés dans des consignes strictes sous l'ère Halilhodzic, les joueurs semblent plus libérés et relâchés avec Fournier. « Il a fallu que la mayonnaise commence à prendre, mais, désormais, on arrive à se faire plaisir, insiste le latéral gauche. Vahid avait sa méthode, je la respecte. Mais, là, tout est plaisant, tout le monde retrouve le sourire,ne serait-ce que lorsqu'on se rend à l'entraînement. »
Archi-dominé lors de la première mi-temps contre Lyon, bien ballotté lors de la seconde face à Bordeaux (1-1), Paris n'a cependant toujours pas les traits d'une équipe maîtresse de son sujet.Mais le plaisir inculqué par Fournier, agrémenté d'une dose de courage et d'une pincée de chance, l'a relancé dans la course à la cinquième place, qualificative pour l'UEFA au cas oùMonaco remporte la Coupe de France. Bien sur, le PSG accuse un retard mathématique, mais il est loin d'être insurmontable.
« Quelque chose de solide est en train de se créer entre nous, assure Danijel Ljuboja. On doit prendre chaque match comme une finale pour ne pas avoir de regrets pendant les vacances. » L'attaquant serbo-monténégrin n'est d'ailleurs pas étranger aux derniers résultats du PSG. Il a retrouvé son efficacité qui l'avait abandonné pendant un an.
Le retour de blessure de Jérôme Rothen a également soulagé l'équipe. Il est l'homme sur lequel s'appuient ses partenaires lorsqu'ils sont en difficulté. Ses passes sont d'une précision et d'une propreté toujours aussi redoutables pour les défenses adverses. « Rothen a vraiment changé la donne, soutient Guy Lacombe, l'entraîneur de Sochaux. L'effectif s'est de nouveau rempli et, franchement, ça fait une belle équipe. » Autres témoins de la crispation délaissée, Cissé et Armand tentent et réussissent des gestes qu'ils n'auraient pas osé imaginer plus tôt dans la saison. Bref, le PSG retrouve un début de cohésion qui lui inspire une renaissance d'ambition.
« Ils sont revenus dans une dynamique intéressante, insiste Lacombe. Et ils ont un plus, c'est cette fraîcheur mentale que des équipes comme la mienne, Auxerre ou Toulouse n'auront plus forcément. » Et aussi ces regrets. « Quand je vois comment joue l'OM et à quelle place Marseille se trouve (3e), dit Stéphane Pichot, je me dis qu'on pourrait se trouver au même niveau. »
DAMIEN DEGORRE et RÉGIS TESTELIN
L'EQUIPE