L'ancien parisien Peter Luccin, aujourd'hui à l'Atletico Madrid, revient pour football365.fr sur l'ensemble de sa carrière et donc sur son passage au Paris Saint-Germain. Passé par Cannes, Bordeaux, Marseille ou encore le Celta Vigo, il regrette que les dirigeants n'aient pas laissé plus de temps pour construire une grande équipe à Paris.
Révélé à Cannes puis passé par Bordeaux et Marseille, Peter Luccin débarque à Paris pour la saison 2000/2001, un choix surprennent à l'époque qu'il a du mal à faire accepter : "L'annoncer à mes proches avait été super difficile. Ils ont fini par comprendre et par respecter mes choix. Tout s'est déclenché lors de la préparation de l'OM à Vichy. J'ai déçu énormément de personnes et je m'en excuse encore aujourd'hui. Maintenant, cette rivalité prend des dimensions insupportables. Quand je suis arrivé à Paris, il était question de me mettre un garde du corps pour sortir. J'avais même eu une réunion avec les chefs des supporters. Mais pour la suite de ma carrière c'était important de continuer à jouer la Ligue des Champions pour progresser. Même si j'ai provoqué de la haine des deux côtés."
Malgré cela, le "Marseillais" s'adapte bien à la vie parisienne : "C'est grave de se plaindre quand vous êtes à Paris car il y a tout. C'est une ville magnifique même si les gens sont un peu froids, quand à Marseille tout le monde vous ouvre les portes. A l'arrivée, nous nous sommes super bien adaptés. Même si nous étions restés plus longtemps, ma femme aurait été contente."
En ce début de saison 2000/2001, la "Dream Team" composée d'Anelka, Dalmat, Okocha, Robert et donc Luccin écrase tout sur son passage, leader solide en championnat, victoires éclatantes en Ligue des Champions comme face au Bayern (1-0) ou Rosenborg (7-2), tout réussit à Peter : "J'étais le Marseillais qui représentait Paris et cela s'est vite bien passé car nous avons eu un début de saison satisfaisant. Les supporters ont vu comment je vivais le football, que je donnais tout pour le club et cela leur a plu. Quand vous mouillez le maillot, les gens peuvent tout vous pardonner. J'ai essayé de leur faire comprendre que je ne laisserais personne marcher ni sur moi ni sur mon équipe."
Mais bizarrement l'étincelante victoire face à Rosenborg sonne le début de la fin pour les Parisiens et surtout pour Luccin : "Quand nous avons dégringolé en douzième position, Luis est arrivé. Luis comptait sur moi, donc je n'ai pas demandé à partir. Peut-être que je n'ai pas répondu à ses attentes, qu'il n'avait pas confiance en moi ou ne croyait pas en mon football, en tout cas il m'a enlevé de l'équipe. Pendant un moment, il ne fallait pas parler de Luis Fernandez dans ma famille. Avec le temps, j'ai dédramatisé. Je reproche surtout aux dirigeants de cette époque-là de ne pas avoir eu la patience suffisante pour essayer de construire une grande équipe."
A la suite de cette fin de saison désastreuse, Luccin décide de faire ses valises. D'abord pressentit à Milan, il atterrit finalement au Celta Vigo. Après trois saisons là-bas, il change de club pendant l'été 2004 pour rejoindre la capitale espagnole et l'Atletico Madrid. Il est aujourd'hui l'un des cadres de l'équipe, actuelle neuvième de la Liga.