Comme de nombreux supporters du PSG et ceci depuis plusieurs années, certaines personnes - et non des moindres - pensent qu'un départ de son actionnaire principal ne ferait que du bien au club de la capitale. Analyse de la situation.
C'est le souhait de nombreux supporters depuis plusieurs années et plusieurs évènements poussent à croire qu'il y ait une possibilité pour que cela arrive réellement d'ici quelques mois. De quoi s'agit-il ? Du désengagement du PSG de son actionnaire, Canal+, bien entendu. Lassés d'une politique qui change tous les six mois quitte à faire prendre le PSG pour son "joujou", épuisés de voir qu'il n'y a véritablement personne à la barre du bateau et surtout déçu par le manque de résultats et donc de stabilité (ou vice versa), les supporters parisiens se sont fait entendre dimanche soir au Parc des Princes avec des "Canal+ démission".
Ce ne sont pas les seuls qui prônent cette solution pour rendre au PSG quelques couleurs, choses qu'il a perdu depuis quelques temps maintenant. Quelques personnes reprochent en fait à la chaîne cryptée de se servir du PSG plutôt que de le servir, comme un ancien cadre du club parisien qui donne son opinion dans Le Parisien : « Le départ de Canal est inéluctable, dit-il. Des moyens, il y en a plus que dans n'importe quelle ville de France pour avoir des sponsors, des entrées, des spectateurs. On peut réussir à Paris, mais il faut d'abord restaurer l'autorité d'un chef qui sera le seul à donner le « la ». Cela ne se fera qu'après le départ de Canal. Aujourd'hui, le PSG est un club abandonné. En terme d'image, c'est terrible. Même le problème des supporters pourra se régler. Aujourd'hui, ils savent qu'ils ne parlent pas avec le patron, alors ils s'amusent. La convention signée avec eux n'a aucune valeur. Le PSG, lui, n'intéresse plus ses propriétaires. Et puis le fonctionnement est bizarre. Le service des sports de Canal est un des centres de décision : Denisot a toujours donné son avis à Méheut, Bompard aussi. C'est une situation unique en Europe. Perpère, on lui a imposé Anelka parce que Djamel Debbouze a influencé Lescure... »
On en vient donc au manque de "boss" à la tête du club. Qui prend les décisions ? Le président de Canal+ ? De Vivendi ? Quel rôle a donc M. Blayau ? M. Meaudre ? Un président de club de l'Est de la France tente de répondre à ces questions d'organigramme toujours dans Le Parisien : « Une seule chose facilite la vie d'un club : que l'organigramme soit compréhensible par tous. Au PSG, il ne l'est pas. Qui est le patron ? C'est comme à Marseille. Un des problèmes du PSG, c'est cette non-lisibilité. Le fonctionnement du club sera beaucoup plus simple quand Canal + sera remplacé par un président-actionnaire majoritaire. »
Luis Fernandez, "en croisade" contre Canal depuis longtemps et qui connaît forcément bien la question affirme : « Canal donne l'impression de déléguer, de rester dans l'ombre et de ne rien faire. Mais en réalité Canal + fait tout et dirige tout. Canal + pense être le PSG, or le PSG ce n'est pas que Canal. Le club a existé avant et existera après son départ. On parle des Brésiliens Rai, Ricardo et Ronaldinho. Mais le PSG c'est aussi Susic, Toko, Boubacar, Dahleb. »
« Canal doit partir même si c'est grâce à lui que le PSG est encore là car il a mis beaucoup d'argent. Mais on est à la fin d'un cycle, il faut changer. Médiatiquement, Canal + se sert trop du PSG au lieu de servir le PSG. Si Canal fait le ratio argent investi, structures du club, reventes de joueurs et titres conquis, il est clair que sa politique a échoué. »
De plus, comment voulez-vous que le club aille bien alors que revient tous les six mois la question de sa vente par Canal+ ? Un dirigeant du football français soutient : « Canal est obligé de se séparer du PSG. Mais comment voulez-vous stabiliser un club s'il est à vendre ? C'est impossible. Comment voulez-vous qu'un entraîneur réussisse dans un club où l'on parle plus de l'extra-sportif que du sportif ? »
Jean-Michel Aulas, président lyonnais a lui aussi ses idées sur le sujet : « Oui, on peut encore réussir à Paris mais il faut un changement d'actionnaire. Paris, c'est la capitale. Par définition, c'est le potentiel supporters le plus important de France. Il existe aussi une histoire forte. Tous les paramètres sont réunis pour gagner. Mais il faut une rupture parce qu'il y a aujourd'hui une spirale négative. D'abord, ce n'est pas la bonne solution que l'actionnaire soit aussi le diffuseur unique de la Ligue 1. Ensuite, une affaire réussit, et c'est vrai même en dehors du football, si le dirigeant opérationnel est aussi le propriétaire. Il faut que l'exécutif soit le propriétaire. Si on me propose de venir au PSG, je viens tout de suite. Tout le monde a rêvé un jour de venir à Paris. Paris, c'est incroyable. Sans quitter Lyon, je ferais quelque chose. Si on me le proposait, je mettrais de l'argent. »
La conclusion revient à un très haut dirigeant de Vivendi : « Nous, Vivendi et Canal +, sommes un très mauvais actionnaire pour le PSG. »
Ca paraît clair non ?