Depuis le cauchemar vécu dimanche, je me pose bien des questions autour du Paris SG. Entre ce qui n'a aucune importance, et ce que je n'arrive pas à digérer, le tri se fait lentement. Les jours passent. Et au bout du compte, que reste-t-il ?
Dès la fin de la rencontre, certaines évidences ne m'importaient déjà plus. Oui, en sortant du Parc, après ce pitoyable match nul, j'étais comme tout le monde persuadé que les joueurs marseillais seraient accueillis en héros. Je savais que j'entendrai dès le lendemain les commentaires sarcastiques de mes collègues, au boulot. Et alors ? Si les supporters marseillais sont assez imprégnés de leur propre médiocrité pour se satisfaire d'une telle rencontre, c'est leur problème. Après s'être tirés une balle dans le pied, ils ont réussi à ramener un point du Parc. Joli exploit... surtout pour un club dont les dirigeants sont assez cons pour se tirer une balle dans le pied.
Ca, c'est LEUR problème...
Tant pis pour eux s'ils ne parviennent pas à comprendre qu'avec un minimum de jugeote ils seraient venus avec leur équipe une et seraient repartis avec trois points, au lieu de tout faire pour n'en prendre qu'un seul. Et s'ils considèrent comme un signe de bonne augure le fait que leurs remplaçants, et leurs jeunes espoirs, soient incapables de faire une passe, ça n'est vraiment pas mon problème. Je n'en ai même rien à foutre, pour le dire aussi vulgairement que clairement. Cela ne les a choqué en rien de voir leur gardien dégager directement sur Letizi tellement il était convaincu de la nullité de ses coéquipiers, et cela ne les dérange pas que leur club n'essaye même pas de nous battre. Très bien. Leur complexe d'infériorité est donc tellement ancré qu'après avoir tout fait pour justifier une probable défaite, décrocher un nul inespéré leur procure une joie insensée. C'est leur problème... Les miens sont ailleurs.
Ils ne sont pas non plus au niveau de Dhorasoo, Mendy ou Rodriguez. Qu'est-ce que j'en ai à faire que Lacombe titularise un joueur ou un autre ?... du moment qu'ils mouillent le maillot ! Alors certes, Dhorasoo trouve malin de se faire porter pâle pour la CFA avant d'être opérationnel en équipe de France, et compromet ainsi son avenir Rouge et Bleu en prenant son coach pour un idiot. Arès tout, il fait ce qu'il veut, il est adulte. En ce qui concerne Mendy, oui il a été tellement faible dimanche qu'il a fallu le sortir au bout de la demi-heure de jeu. Tellement faible qu'il s'est sans doute mis à dos une bonne partie du public parisien, fragilisant d'autant toute perspective de longue carrière au Paris Saint-Germain. Rothen, sorti fâché, rentré acclamé deux semaines plus tard passe entre les gouttes, de bas en haut dans les sondages, pendant que Rodriguez oscille pour sa part de haut en bas, démontrant avec une belle constance son incapacité à construire le jeu, et à lâcher le ballon. Mais après tout, si ces gars grillent leur carrière ou parviennent à la sauver de justesse, ça ne me pèse guère sur la conscience. C'est leur vie, ils ne sont pas de ma famille, je ne touche pas non plus de pourcentage sur leurs futurs salaires. Et après eux, il y aura d'autre joueurs parisiens. Alors moi, du moment qu'ils mouillent le maillot... Ou plutôt « si seulement ils le mouillaient tous » !
Venir à Paris POUR PARIS
Voilà... Voilà mon souci, il débute avec cette remarque : si seulement ils le mouillaient ce maillot. Tous. Parce que j'en ai marre. Où est passé mon club dans tout ça ? Où est passé le PSG pour lequel on signait ? Pourquoi ce club en lui-même ne suffit-il plus à attirer des joueurs ? Non, maintenant les gars arrivent chez nous toujours pour autre chose : lisez les interviews des recrues ! Les joueurs viennent « enrichir leur palmarès ». Les joueurs viennent parce que l'offre salariale « ne pouvait se refuser ». Les joueurs viennent parce que « le Paris Saint-Germain sera un bon tremplin afin de partir à l'étranger ». Mais merde, pourquoi personne ne vient plus au PSG parce que c'est le PSG, et point final ? Pourquoi ce club ne donne-t-il plus envie par ce qu'il est ? Un club à part...
Qu'on ne vienne pas me dire que c'est comme ça, que de nos jours les joueurs sont des mercenaires et toutes ces excuses de perdants résignés. Les « c'est comme ça » sont des bons à rien qui acceptent sans sourciller leur destin de mouton. Non, c'est pas comme ça. Et il y en a marre. Il faut refuser cette mentalité, il faut la dénoncer. Si on commence, nous, à se satisfaire de n'être qu'un tremplin, un club qui donne des gros salaires et basta, alors on accepte aussi de rentrer dans le rang.
Paris n'est pas un club comme les autres. Il faut se battre pour ça ! Il faut le dire, le montrer, et exiger que notre identité soit remise à jour. C'est notre devoir de supporters. Il nous faut défendre notre Paris Saint-Germain.
Un Paris SG qui gagne !
Où est-il passé, ce Paris SG qui gagnait ? Le beau jeu, le football léché, le spectacle, tout ça ce sont des conneries. Il ne faut pas confondre la fin avec les moyens. La fin c'est de gagner. Le but du jeu c'est de gagner. Pas de faire un concours de gri-gri. Or il faut bien regarder la réalité en face : le PSG ne gagne plus. Même s'il a encore des joueurs capables de faire des gri-gri à la con. Ca nous fait une belle jambe, tiens. « A Paris, on veut du spectacle... » Seulement en 1986, on remportait le titre en pulvérisant le record de matches consécutifs sans défaites. Où est ce PSG-là ? On n'a plus gagné depuis quand ? Pas un seul match depuis des semaines ! Et un titre en sept ans... Vive le spectacle et les dribbleurs. Mais les gagneurs, ils sont où ? Et surtout, où est le club qui s'est qualifié cinq fois de suite en demi-finales de Coupes d'Europe ? Gagner était la norme. Tout le reste était inacceptable. Par les joueurs, par le staff, par les dirigeants. Tout le monde faisait tout pour que l'on gagne. Aujourd'hui ? Si ça continue, c'est cinq non-participations de suite en Ligue des Champions qu'on va faire. Ca, ça n'est pas le Paris SG. Pas le mien en tout cas.
Depuis le nul contre Marseille, les jours passent et je réfléchis à ce club qui n'est plus le mien. Je pense à tous ces gars de quatorze, quinze ans, qui le supportent, pourtant. Qu'ont-ils connu, eux ? Un PSG roi de la loose, raillé par son propre patron, la chaîne qui devrait le défendre, des équipes qui ne gagnent rien, une mentalité de merde, où l'on ne peut même pas rêver de faire une série de trois victoires, des valses d'entraîneurs, des périodes de transition tous les deux ans, des présidents fantoches, marionnettes désarticulées aux propos incohérents, pour lesquels stabilité rime avec médiocrité avant de devenir deux mois plus tard la seule voie possible, des joueurs starisés, acclamés, adulés alors qu'ils n'ont jamais rien fait... Ce club navrant, c'est le seul qu'ils ont vécu. En 1996, notre teenager il avait quatre ans. Et depuis, c'est Clermont Foot, Anelka et sa peau de chèvre, Gueugnon, la grève des supporters, Biétry, Haïfa et ce match nul. Voilà ce qu'il a vécu de mon club l'ado supporter.
Cette prochaine génération, tous ceux qui vont nous remplacer en tribunes n'ont jamais connu ce culte de la victoire un à zéro, but sur corner. Pas d'épopée européenne. Pas de titre de champion. On leur a dit que Paris était magique, mais ils ne l'ont jamais vu ! On leur a dit que notre histoire deviendra légende. Mais cette histoire, ils ne l'ont vécue qu'en vidéo, ou dans les livres. Comment peuvent-ils le croire, et se battre pour que les choses redeviennent comme avant ? Et surtout, comment feront-ils quand à leur tour, il faudra qu'ils passent le relais à d'autres ? De quel club faudra-t-il qu'ils perpétuent les traditions ? Ils n'ont connu qu'un club de tocards parachutés par une maison mère tout juste bonne à signer les chèques pour des recrutements people, et à remplacer un président ignare par un autre !
Le Paris Saint-Germain que je connaissais est en train de crever la gueule ouverte. Et bientôt la mémoire même de ce qu'il était n'existera plus. Je ne veux pas que nous devenions comme Saint-Etienne, un club qui a été mais qui n'est plus rien. Je ne veux pas que le Paris Saint-Germain devienne une coquille vide, une simple étagère à trophées remplie de vieilleries. Voilà mon problème aujourd'hui. Voilà ce qui m'obsède après le camouflet de dimanche.
Que faire ? La grève ? Non. Je suis supporter, pas délégué syndical. Moi, contrairement à certains joueurs, je me battrai jusqu'au bout. Demander un changement de joueurs ? Je ne suis pas coach, faut arrêter de se la raconter. Rodriguez ou Rothen, du moment qu'on gagne, ça m'est égal. Un changement de président ? Depuis huit ans ça ne sert à rien. Les noms changent, mais l'incohérence demeure.
Non. Le mal est plus grave. Je crois qu'il faut que Canal accepte que ce Paris SG qui perd, c'est le sien, pas le nôtre. Ils ont eu le temps de faire tout ce qu'ils voulaient. Un PSG breton, un PSG banlieue, un PSG sans supporters, un PSG sans Fournier. Ils ont fait ces Paris SG-là. Ce sont leurs créations. Et ils les ont toutes ratées. Ils ont claqué leur fric en conneries, tant pis pour eux. Ils ont dénaturé notre club. Là c'est tant pis pour nous. Mais maintenant c'est fini. Depuis huit longues années ils ont échoué dans leurs entreprises. Ca suffit. Il est temps de s'en aller. Avant qu'il ne soit trop tard.
Je vois jusqu'où vous avez emmené ce club. Vous vous êtes trompés. Rendez-nous notre Paris Saint-Germain. Avant qu'il ne se perde totalement.