Les deux semaines de stage à Jerez prennent fin. Les joueur sont repartis samedi vers Paris. Il repredront l'entraînement mardi matin. En attendant, c'est un Luis Fernandez confiant et satisfait de son groupe qui dresse un premier bilan.
Bilan du stage.
« Je suis content. Le groupe s'est montré très intéressé. Ils ont avalé des grosses doses de travail en étant précis et disciplinés. Ils ont peut-être les jambes lourdes mais ils ont compris. Les nouveaux, comme Paulo Cesar ou Nyarko, amènent une certaine rigueur. Les jeunes se sont bien intégrés, Andre Luiz est parfait, Cardetti vient d'arriver et travaille déjà. Quand on sait qu'il nous manque encore un champion du monde (NDLR : Ronaldinho) et un Argentin ( Pochettino) ... J'ai une totale confiance. »
Des erreurs ?
« J'assume toujours mes choix, mes idées, le personnage que je suis. Cette année, je vais peut-être prendre les choses un peu différemment. J'aime mes joueurs et cela peut parfois me jouer des vilains tours. Je suis peut-être exigeant sur le terrain mais, en dehors, je suis accessible. J'ai mis en place un staff technique et médical pour que les joueurs sentent que nous sommes une famille. L'an passé, il nous manquait un peu d'efficacité, un peu de confiance. C'est pour ça que je suis content de retrouver un José Aloisio en forme. »
Ronaldinho.
« On ne fait pas une équipe sans Ronnie, on fait une équipe avec Ronnie. Il va prendre la dimension d'un Zidane après le titre de 1998. Il va faire dix fois plus peur. C'est un garçon que j'aime beaucoup parce que c'est un artiste mais aussi un enfant. Son humilité, sa gentillesse, ça c'est beau à voir. C'est pour cela que je suis parfois un peu dur. Il s'est bonifié grâce au groupe. Il en est conscient. Cette année, il aura le numéro 10 (NDLR : la saison dernière, il portait le 21, le 10 étant la propriété d'Okocha) . Il l'a gagné. »
Les jeunes.
« Je veux prêter Mendy pour qu'il se refasse une petite santé morale. Ces jeunes de vingt ans ont pensé que tout leur était permis. Ils n'acceptent pas la concurrence, ils ne travaillent pas assez. Il a besoin qu'on lui apprenne ? Eh bien ! On va lui apprendre. Il a des qualités énormes. Mais depuis un soir d'Europe, face au Bayern, il n'est plus redescendu de son nuage. Pour Selim Benachour : faut que je mette qui sur le banc pour qu'il joue ? Ronaldinho, Andre Luiz, Leroy, Nyarko, Leal ou Déhu ? Prêté, il va faire trente matchs. Après, tu as la légitimité de dire : Je veux jouer au PSG. Mais si tu restes pour être en CFA, c'est une régression. Je me suis aussi demandé si je ne devais pas prêter Ogbeche... Il a encore besoin de progresser. Je déciderai en fonction du retour de Laurent Leroy. »
Pas de Ligue des champions.
« Ce n'est pas un mal. Sinon, on pense au Bayern, au Real et on oublie Auxerre, Bordeaux et Ajaccio. Pour jouer la Ligue des champions, il faut une belle mariée, qui présente bien... Nous ne sommes pas encore assez forts. Il faudra bien démarrer la saison. Quand tu fais la course en tête, c'est beaucoup mieux. »
Le remplaçant de Lemerre.
« Je n'ai pas de regrets qu'on ne pense pas à moi. Je sais comment ça marche. Pourtant, j'ai soixante sélections dans le football français, dix ans d'entraîneurs. Dans ce milieu, ce ne sont que des faux culs et je ne suis pas un faux cul. Je suis un vrai ! En revanche, je ne sais pas quand viendra le prochain entraîneur français qui gagnera une Coupe d'Europe avec un club français... J'aurai cent vingt ans, je serai mort et on attendra toujours ! Mon rêve c'est de réussir avec le PSG. Le reste, c'est du cinéma. »
Les Bleus.
« Qu'ils prennent le pouvoir. Laissons parler Blanc, Deschamps, Zidane ou Desailly. Nous, nous avons été champions d'Europe en 1984. Nous avons été devancés. Moi, je respecte les nouveaux. S'il y a un Monsieur dans le football, c'est Zizou. Que Zizou parle, que Zizou dise ! »
Incompris ?
« On ne me fait pas de cadeaux, mais je rebondirai. En ce qui concerne M. Veissière (NDLR : l'arbitre du sulfureux PSG-Bordeaux en fin de saison dernière) , je ne change pas d'opinion. A la Coupe du monde, je pense qu'il a fait son meilleur arbitrage en tant que quatrième arbitre. Il a été parfait. On m'a montré du doigt, mais ça va changer. Je connais très bien le nouveau ministre des Sports, Jean-François Lamour. Cette année, ils ne pourront pas se permettre de trop s'amuser avec moi... »
Propos recueillis par David Opoczynski pour Le Parisien