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Leclub PSG : Le coup de gueule de M'Bami

Publié le 08 Mars 2006 à 12h17 par D'Alessandro
Leclub  PSG : Le coup de gueule de M'Bami

Comme l'an dernier avant le match face au CSKA Moscou, Modeste M'Bami s'exprime sans langue de bois et dit tout haut ce que beaucoup pensent tout bas, au risque d'alourdir encore davantage l'ambiance au sein du groupe. Mais ne vaut-il mieux pas être irréprochable sur le terrain avant de se lancer dans de telles déclarations ? Cela démontre, une fois de plus, qu'on ne tire pas de leçons du passé au PSG... Voici l'interview donnée par le joueur au quotidien L'Equipe.

Pourquoi avez-vous exprimé votre colère à l'encontre d'une partie du public parisien sur la fin du match contre l'OM ?

Ce matin (hier), j'ai longuement discuté avec des supporters. Je comprends leur colère. Le Parc mérite une grosse équipe et du beau jeu. Moi, si j'ai réagi comme ça, c'est parce que j'étais lassé. Le public a hurlé parce que je ne passais pas le ballon assez vite alors que, devant moi, Pedro (Pauleta) était bloqué par Civelli et que j'ai du crocheter pour donner le ballon de façon plus latérale. Voilà, c'est tout. Je ne voudrais pas que le public commence à s'en prendre à moi à cause de cette histoire. Parce que c'est un faux problème.

Comment expliquer que le PSG soit tombé si bas dimanche ?

C'est très simple : parce que des joueurs ne respectent pas leur rôle. On a des joueurs soi-disant à l'aise techniquement mais il n'y avait aucun mouvement devant. Nos joueurs offensifs n'ont jamais été dangereux. On peut toujours dire que le contexte était difficile. Moi, je dis qu'on n'avait pas le droit de faire nul. J'ai honte.

Les consignes de Guy Lacombe ont-elles été respectées ?

Non. Le coach n'est pas écouté sur le plan tactique. C'est ça le problème. Toute la semaine, il a demandé un truc qui ne s'est jamais vu en match. Cent fois, il a répété que le danger devait venir des côtés, qu'on devait y effectuer des redoublements de passes. Mendy, il devait prendre le couloir droit...

Comment Lacombe peut-il encore redresser la situation ?

Avec lui, on travaille bien, on s'entraîne bien. Mais il y a un étrange manque de responsabilité dans ce groupe. Les responsables de ce qui est arrivé, c'est nous, les joueurs. Cet hiver, le président (Pierre Blayau) a changé d'entraîneur pour nous mettre dans de meilleures conditions pour progresser. Mais, pour ça, il faut qu'on se bouge plus !

Que pensez-vous de la sortie du terrain de Rodriguez ?

Pfff... Lui, il n'a que vingt ans et il se permet de filer directement au vestiaire... Dans la semaine déjà, on avait eu des éclats de voix, lui et moi, parce que je lui disais de lâcher le ballon plus rapidement pour ne pas pénaliser l'équipe. À la mi-temps, d'ailleurs, le coach demandait de trouver des décalages plus rapidement sur les côtés. Sur ce plan, c'était mieux avec Jérôme (Rothen).

Si les consignes ne sont pas respectées, c'est le signe de quoi ?

Qu'il y a un vrai problème d'état d'esprit. Où tu as vu qu'on demande tout le temps des explications à un coach ? On en est là aujourd'hui parce que cette mentalité est cultivée depuis des années dans ce club. Quand je vois que Bernard ne prend pas son côté droit et qu'il se permet, quand le coach le remplace, de lui demander pourquoi il le sort, je me dis que ce n'est pas possible de voir ça... Quand le coach change un joueur, c'est parce qu'il cherche des solutions. Ce qui arrive n'est pas de sa faute, mais de celle des joueurs.

Ce match contre l'OM marque-t-il une cassure définitive dans ce groupe ?

Je ne le pense pas. Je me demande simplement pourquoi on a toujours besoin d'être ridiculisé pour réagir. On retombe sans cesse dans nos travers. À un moment, je peux vous assurer qu'il n'y a plus de solution parce que personne ne bouge sur le terrain. Peut-être que personne ne veut de la balle... Peut-être qu'il y a une peur, mais une peur de quoi ? Du public ? Cette saison, il a toujours été derrière nous !

Ne craignez-vous pas que votre discours crée des tensions avec d'autres joueurs ?

Je m'en tape. On va discuter demain entre nous. Il faut arrêter : notre niveau est flagrant. Moi, je dis que ceux qui ont le mental vont s'accrocher. Pour ceux qui ne l'ont pas, la saison est déjà morte.

Vous parlez d'esprit de groupe mais vous-même étiez tenté de partir lors du mercato...

J'ai aussi des objectifs personnels et je vivais mal de m'être retrouvé sur le banc contre Nantes (2-0), à Bordeaux (2-0) et contre Lens (3-4). Je pensais qu'on n'avait plus besoin de moi ici. En France, c'est difficile de discuter avec un entraîneur sans le payer alors que personne n'a le monopole de la connaissance. Avec Laurent Fournier, à un entraînement, il y a eu un petit “ échange.” Curieusement, je me suis retrouvé sur le banc juste après...

Le PSG dit que vous aurez un bon de sortie en juin. Comptez vous l'utiliser ?

Bon de sortie, ça ne veut rien dire. Moi, je suis un joueur du PSG avec un contrat jusqu'en 2008. Je sens qu'avec Guy Lacombe, je peux beaucoup progresser. Il y a un feeling et, dans ces conditions, je donne tout ce que j'ai. Aujourd'hui, oui, je suis franchement partant pour rester.

Par L'Equipe

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