L'internationale française, Laure Lepailleur, est devenue la saison passée un élément clé de l'effectif parisien, en s'installant dans l'axe de la défense aux côtés de la capitaine Sabrina Delannoy. Appelée systématiquement par le sélectionneur Bruno Bini depuis fin 2010, l'ancienne Lyonnaise a gagné, cet été, pendant le Mondial, une place de titulaire au sein de l'arrière-garde tricolore. Cette saison, la joueuse de 26 ans devra assumer son nouveau statut de leader au sein d'un groupe légèrement rajeuni.
Planetepsg.com : Laure, quel souvenir garderas-tu de ta première Coupe du Monde ?
Le match gagné aux tirs aux buts contre l'Angleterre. On se qualifie pour les demi-finales, puis le soir-même, une fois rentrées à l'hôtel, on apprend qu'on est qualifiées pour les JO puisque l'Allemagne perd son quart de finale (NDLR : contre le Japon, 0-1 ap). Jouer cette compétition a été une expérience exceptionnelle.
Planetepsg.com : Qu'as-tu pensé de l'ambiance, bien différente de celle du championnat de France ?
C'est autre chose, c'est vrai. Les stades sont souvent pleins en Allemagne. Ça fait plaisir de jouer devant 30000 personnes. Et ça fait surtout plaisir que le football féminin soit suivi.
Planetepsg.com : Méconnue du grand public au début de la compétition, l'équipe de France féminine est parvenue à faire vibrer des millions de téléspectateurs. Comment expliques-tu cet intérêt soudain pour le football féminin ?
Je pense que les gens se retrouvent dans nos valeurs. On est proche des gens, on est plus accessibles. Donc ils s'identifient à nous. Et puis on leur donne une image positive : on est un groupe humain, solidaire, on dégage de la joie de vivre, on donne notre maximum... Ils voient une équipe de filles qui ne se prend pas la tête, qui s'éclate sur le terrain. C'est pour ça qu'il y a eu tout cet engouement autour de nous.
Planetepsg.com : Justement, selon toi, l'engouement suscité en France, n'était-ce pas qu'un coup de projecteur éphémère ?
Je ne sais pas mais en tout cas, j'espère qu'on va continuer à nous regarder. On va être très sollicitées ces deux prochaines années avec les JO en 2012 et le Championnat d'Europe en 2013 (NDLR : en Suède). Il faut attirer du monde, notamment en D1. Le dernier match à Lens contre la Pologne (NDLR : victoire 2-0, le 24 aout dernier) a été une réussite. Il devait y avoir au moins 20000 spectateurs. Très bonne ambiance, public chaleureux... C'est de bon augure pour la suite.
"LES GENS SE RETROUVENT DANS NOS VALEURS"
Planetepsg.com : A quoi ressemblera le football féminin français dans 10 ans ?
(Rire). Je ne sais pas. J'espère qu'il y aura plus de monde dans les stades. Pour cela, il faut compter sur les médias. Le foot féminin passera professionnel que si les clubs disposent de moyens. Il y a déjà eu du progrès avec la création des contrats fédéraux. Mais ce système n'est avantageux que pour certains clubs. Encore une fois, c'est une question de moyens.
Planetepsg.com : A 26 ans, tu as porté à 34 reprises le maillot des Bleues, disputé plus de 100 matches en D1 et remporté deux fois le Championnat (avec Lyon) ainsi que le Challenge (avec Lyon puis Paris). Est-ce que, comme tes anciennes coéquipières Sonia Bompastor et Camille Abily, tu es tentée par l'aventure américaine ?
Pour l'instant, ça ne fait pas partie de mes objectifs. Je suis bien en France, ma famille n'est pas loin.
Planetepsg.com : La saison passé, le PSG a marqué moins de buts que Lyon, Montpellier ou Juvisy, ses trois concurrents. Cet été, le club n'a enregistré aucune arrivée en attaque. Le départ de Katia, la meilleure buteuse du club en fin de contrat, ne risque-t-il pas d'affaiblir l'équipe sur le plan offensif ?
Les dirigeants sont en train de rechercher une attaquante pour pallier son départ. Katia était un bon élément, de par son expérience notamment. Dommage qu'ils n'aient pas trouvé un terrain d'entente. Maintenant il faut trouver une attaquante car on en a besoin. Mais on va s'en sortir...
Planetepsg.com : Six joueuses, dont quatre très jeunes, sont venues compléter l'effectif à l'intersaison. Quel regard portes-tu sur le recrutement ?
J'espère qu'il n'est pas fini ! C'est une année de transition pour le club, pour les garçons comme pour les filles. En plus de l'arrivée de nouveaux investisseurs, il y avait la Coupe du Monde... En juin, on n'avait pas toutes les cartes de notre côté. Il fallait attendre. On a fait un recrutement pour "garnir" le groupe. Mais il manque une attaquante. Les filles se sont bien intégrées. On va jouer sur tous les tableaux. Donc si on n'a pas un groupe étoffé, on ne s'en sortira pas.
"ON A BESOIN D'UNE ATTAQUANTE"
Planetepsg.com : Cette saison, le PSG pourra-t-il enfin rivaliser avec l'OL ?
J'espère. Sur un match, tout peut arriver. Mais on sait très bien que Lyon est au-dessus. Notre objectif, en ce début de saison, c'est de finir dans les deux premiers pour décrocher une place en Coupe d'Europe.
Planetepsg.com : Le début de championnat du PSG semble relativement facile : Guingamp, Muret, Soyaux, Rodez et Yzeure. Des équipes qui jouent le maintien...
L'objectif est de gagner tous les matches. Il n'y a pas d'autres alternatives dans ce championnat à deux vitesses. Il faut faire le plein de points.
Planetepsg.com : La quasi totalité des joueuses du PSG va découvrir la Ligue des Champions, le 25 septembre prochain, contre les Irlandaises de Peamount United. Depuis sa création en 1991, l'équipe féminine parisienne n'y a jamais participé. Quel est l'objectif du club dans cette compétition ?
On veut aller le plus loin. Mais on aurait pu avoir un meilleur tirage puisque le vainqueur rencontrera en huitièmes de finale une équipe norvégienne (NDLR : Stabæk) ou Francfort. Et on connaît la qualité du championnat allemand... Ça reste de bons matches de haut niveau à jouer. On va disputer chaque rencontre pour gagner, en donnant le maximum. En clair, on va procéder étape par étape. Je ne pense pas que notre manque d'expérience en Ligue des Champions soit un handicap. Même si le groupe est assez jeune, il y a beaucoup de joueuses de moins de 21 ans qui disputent des rencontres de haut niveau en sélection. Tout le monde attend, on a envie de rentrer dans le vif du sujet.
La rédaction de Planète PSG remercie Laure Lepailleur pour sa disponibilté et sa gentillesse.