Après son départ du PSG pour Le Havre, Pierre Ducrocq n'avait connu la L1 qu'une seule année et s'était longtemps morfondu en L2. Sa signature, à 30 ans, au RC Strasbourg, peut relancer sa carrière, comme il l'a confié au site Football 365. Récit d'une intersaison mouvementée.
Avant d'aller en Alsace, il a bien failli aller en Turquie et au Maccabi Tel Aviv : "Je suis d'abord passé une semaine par la Turquie, je devais signer au Bursaspor mais ils ont connu des rebondissements au sein du club : huit personnes se sont faites virer, le président s'est pris la tête avec le directeur sportif, c'est donc devenu très compliqué pour moi et j'ai préféré ne pas attendre. Le Maccabi m'avait appelé plusieurs fois avant mais je n'avais pas vraiment donné suite. Là, voyant que ça ne marchait pas en Turquie, je suis reparti en Israël. Je suis arrivé le dimanche soir et je devais signer le mardi, mais ce jour-là, le coach s'est fait virer. Tout a donc de nouveau été remis en questions puisque c'est cet entraîneur qui me voulait."
Revenu en France, il a enfin une opportunité : "Je suis rentré à Paris et ce concours de circonstances a fait que tout s'est accéléré à la dernière minute avec Strasbourg. Si le Maccabi n'avait pas changé de coach, j'aurais signé là-bas. Au départ, j'avais la volonté de retourner à l'étranger, mais voyant comment ça se passait là-bas, j'ai été un peu freiné et la dernière semaine m'a fait réfléchir à cette opportunité de retrouver la Ligue 1. Pour preuve : aujourd'hui, tout redémarre un peu comme avant. Tu réapparais en L1 et tout le monde reparle de toi. (...) En Ligue 2, qui est malheureusement un championnat très négligé, tu es vraiment dans l'oubli."
Mais pourquoi avoir végété aussi longtemps en L2 ? "Tout simplement parce que quand nous sommes descendus en L2 avec Le Havre, lors de ma première année là-bas, le président m'a proposé un challenge sur deux ans pour remonter. Je l'ai relevé mais malheureusement, nous ne sommes pas montés. Comme nous nous apprécions mutuellement beaucoup avec le président, nous avons de nouveau tenté le pari la troisième année : il m'a fait un bon contrat et m'a proposé de rester. (...) C'est plus l'aventure humaine qui m'a fait rester aussi longtemps au Havre."
Et, chaque année, le HAC a raté la montée : "C'était difficile de prendre du plaisir, surtout à ce poste de défenseur ou de milieu défensif. En L2, ça ne repart pas systématiquement de derrière comme en L1 : ça balance beaucoup. Le plaisir est donc beaucoup plus collectif qu'individuel. C'est pour cela qu'aujourd'hui, je suis très heureux de me sortir de là. Beaucoup de joueurs n'y arrivent pas une fois qu'ils ont gouté à la L2. Je veux donc profiter de cette opportunité pour repartir."
Avec le RCS, en revanche, il opte pour la sécurité : "J'arrive dans un vrai championnat, dans un vrai club où il y a vraiment tout ce qu'il faut. Je vais renouer avec le vrai football, celui que j'avais connu en L1 à l'époque. (...) Rien ne disait que j'allais recevoir l'opportunité d'un club de L1, c'est d'ailleurs pour ça que j'avais pensé à l'étranger dans un premier temps. Mais que ce soit l'Angleterre, l'Italie ou l'Espagne, ils ne font plus n'importe quoi non plus. On parle d'eldorado pour les joueurs, mais ce n'est pas tellement vrai. Pour les grands joueurs OK, mais pour la moyenne des autres joueurs, les signatures se font au compte-goutte."
Pourtant, il arrive en Alsace sur la pointe des pieds, en tant que remplaçant : "En venant ici, l'objectif est d'être prêt pour pallier les suspensions et les blessures. Maintenant, on sait comme ça se passe dans le football : rares sont les coachs qui veulent te sortir quand tu es bon. Il faudra être patient et répondre présent le jour où l'on aura besoin de moi. Pour le reste, je fais confiance aux qualités humaines de Jean-Marc Furlan, je sais qu'il saura faire les bons choix. Je ne suis vraiment pas inquiet par rapport à ça. Etre dans l'ombre peut me faire du bien. Je vais me remettre en questions et repartir de zéro ou presque. C'est parfois bon de repartir de pas grand-chose pour essayer de regagner ce qui a été perdu, ça peut être une épreuve intéressante."